Copland à Detroit par Slatkin

À emporter, CD, Musique symphonique

Aaron Copland (1900-1990) : Rodeo, 4 Dance épisodes, Dance Panels, El salon Mexicano, Danzon cubano. Detroit Symphony Orchestra, direction : Leonard Slatkin. 1 CD Naxos. Référence : 8559759. Enregistré en 2012. Notice de présentation en anglais. Durée : 70’30.

 

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naxos copland slatkinArrivé au pupitre de l’orchestre de Detroit en 2007, le chef d’orchestre , lui a redonné une visibilité internationale portée par ses enregistrements avec le label Naxos.

Bien que frappé par la crise, comme presque tous les orchestres des USA, la phalange étasunienne semble revivre sous cette direction compétente et inspirée : les concerts de l’orchestre sont proposés en vidéo sur le Web et, en, 2013, l’orchestre est retourné se produire au légendaire Canergie Hall de New York pour ceux concerts dont une intégrale des symphonies de Charles Ives en une seule soirée (l’orchestre ne s’était pas produit au Canergie Hall depuis 17 ans). Du côté des disques : on pointe une intégrale des symphonies de Rachmaninov, dont Slatkin est l’un des grands interprètes actuels, primée par les médias internationaux.

C’est dans ce contexte flatteur que l’on reçoit cet album dédié à Copland, incarnation musicale d’une certaine idée de l’Amérique. Dans cette musique quasi-naturaliste par ses ambiances étasuniennes, le chef est à son affaire : la musique se déhanche naturellement et les thèmes s’écoulent avec jovialité et sens du rythme. Quant à l’orchestre, il joue dans son arbre généalogique musical et il livre une prestation de démonstration.

Cet album mixe le Copland connu et moins connu. Du côté des tubes, on retrouve les danses latinos que sont El Salon Mexico et la Danzon cubano, concentrés diaboliques d’énergie et les extraits du ballet Rodeo. Ces pièces de parade sont emportées au panache par un chef dirigeant des musiciens formidables dans leurs individualités.

Composés entre 1959 et 1962,  Les Dance panels nous éloignent de la peinture bigarrée du Grand ouest américain et des frontières du Rio Grande.  Cette musique, destinée à un ballet envisagé par Jerome Robbins, devint une partition de concert en sept parties, suite au désistement du chorégraphe. La musique se fait économe d’effets mais elle montre  la science orchestrale de Copland par le soin apporté aux lignes mélodiques et par le talent intrinsèque d’une narration très pudique et toute en retenue (c’est l’anti Rodeo).

Sur ce créneau ce disque, très bien enregistré, est une nouvelle référence. L’engagement et la plastique de l’orchestre nous font même préférer ce nouveau disque à celui, pourtant reconnu comme un pilier de la discographie, du même , mais cette fois avec l’orchestre de Saint-Louis (EMI). Dans l’absolu, la seule concurrence est celle de Leonard Bernstein (Sony). On tient donc un grand disque d’orchestre d’une phalange qui renoue avec son glorieux passé.

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