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Mise en cause des fées par David Rolland à Dijon

Danse , Festivals, La Scène

Dijon, Auditorium, 25-01-2014. Art Danse. Penchez-vous sur mon berceau ! Autoportrait chorégraphique (2013). Conception et interprétation : David Rolland, assisté de Valeria Giuga ; avec la complicité de Cyril Accorsi, Valérie Bert, Anne-James Chaton et Jean François Courtillat. Coach hip hop : Eric Lafosse. Conception machinerie : Julien Boizard. Création Lumières : Jean-Charles Esnault. Régie plateau et lumières : Pierre Peronnet. Création sonore : Pierre Bouglé. Régie son : Marion Laroche.

david rollandL’autoportrait est un exercice périlleux : on peut facilement tomber, soit dans un narcissisme qui peut être parfois flamboyant, soit dans le bavardage plat d’un récit sans intérêt, soit dans une auto-complaisance qui ne soulage que son auteur… Il semblerait que la chorégraphie de ne présente d’attraits que par son côté technique, car le propos initial passe difficilement : le fil conducteur de la prestation ne suffit pas à sauver le spectateur de l’ennui.

« LA » trame de cette chorégraphie est exclusivement la gestique de la chanteuse et danseuse Madonna dont on entend les compositions en arrivant dans la salle. Toute la pièce se propose de nous faire entrer dans ce vocabulaire chorégraphique assez ciblé ; cette danseuse est volontiers provocatrice, vulgaire parfois dans ses gestes à connotation sexuelle voulue, et a très bien analysé ceux-ci : il les reproduit avec justesse, et même avec de l’humour au début du spectacle. Mais de là à bâtir tout une soirée là-dessus… C’est vraiment trop maigre comme argument.

Après nous avoir fait passer de l’autre côté d’une fresque italienne évoquée sur un rideau semi-transparent, nous entrons dans l’univers du danseur. Le support musical est assez hétéroclite, qui va de Rameau à Madonna, mais il est le plus souvent remplacé par des textes récités par l’interprète : ceux-ci sont parfois surréalistes ( ?) ou poétiques ( ?) : on n’en saisit pas toujours la trame ; peut-être notre faculté « à lâcher prise » n’est-elle pas suffisante ? Le « Fantastique contemplatif en voie de révélation », dixit l’auteur, n’entre donc pas en résonance avec le spectateur.

Le décor est composé d’une petite estrade noire sur laquelle sont disposés deux tapis roulants perpendiculaires : le symbole est donc appuyé, car il va de pair avec l’énoncé d’une chronologie précise des concerts donnés par la star des podiums. Le micro tenu en main par le danseur évoque lui aussi Madonna, et replace ainsi David Rolland dans son statut d’artiste. Artiste auquel les fées ont fait le don d’avoir un corps expressif qui peut sans doute trouver son mot à dire dans une chorégraphie plus construite.

On en vient à penser que les intentions de l’auteur sont louables, mais que la réalisation manque de variété pour être passionnante.

Crédit photographique : David Rolland © Caroline Ablain

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