Un portrait flamboyant de la pianiste Yuja Wang au Barbican de Londres

Concerts, La Scène, Musique de chambre et récital

Londres. Barbican Center. 13-II-2014. Claude Debussy (1862-1914) : la Mer. Serge Prokofiev (1891-1953) : Concerto pour piano No 2 en sol mineur op. 16. Maurice Ravel (1875-1937) : Daphnis et Cholé : Suites 1 & 2. Yuja Wang : piano. London Symphony Orchestra. Direction : James Gaffigan.

  • Londres
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    YW

    Il a suffit au public du LSO d’entendre résonner les premières mesures de la Mer de dans le Barbican Hall pour remarquer, presque instantanément, l’originalité de la vision de l’œuvre proposée par . La Mer du chef américain est incontestablement romantique, passionnée, et l’interprétation du LSO n’a pas manqué de souligner la dette du compositeur français envers les grandes fresques de l’opéra wagnérien. En effet, les différents pupitres de l’orchestre semblaient se parler et se répondre, tels les personnages d’un théâtre imaginaire : la voix affectée et mièvre du violon solo, le chœur vibrant des cordes… Cette lecture de l’œuvre a sans aucun doute mis en valeur la clarté des motifs mélodiques et rythmiques grâce à une articulation parfaite du discours musical; cependant, on regrette que cette rigueur de la direction se soit parfois muée en une rigidité qui mettait en péril la fluidité et la composition d’ensemble de ce véritable tableau musical qu’a voulu peindre Debussy dans ces trois esquisses. A cette mer romantique, qui semblait presque personnifiée par les différents pupitres de l’orchestre, il manquait les teintes pastelles et le trait fondu qui ont fait le succès et la renommée de l’œuvre dès sa première en 1905.

    Belle introduction de cette soirée qui s’intégrait à une série de « concerts portrait », la Mer de Debussy a laissé place au Deuxième Concerto pour piano de Prokoviev : la pianiste s’est prise au jeu du « LSO Artist Portrait » et entame une série de concerts avec le . Et Effectivement, la performance de la jeune artiste chinoise avait tout d’une prouesse ; elle donna au Concerto de Prokofiev une jeunesse, une énergie et une puissance rarement entendue par ailleurs : chaque note, chaque accord et chaque trait virtuose semblaient comme habités et engagés dans une progression endiablée, électrique et parfois brutale : le jeu espiègle et gracieux de a tenu en haleine le public du début à la fin de l’oeuvre.

    Les suites I et II de Daphnis et Chloé de sont venues clore ce concert : la battue claire et précise du chef semblait convenir davantage à cette œuvre de ballet qu’au tableau impressionniste qui ouvrait le concert, les gestes de donnant une base rythmique solide et stable sur laquelle évoluaient librement les arabesques suaves et douces des flûtes et du hautbois.

    Un concert vibrant de jeunesse et de passion.

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