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L’Italienne à Alger trop clownesque d’Andrei Serban

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Paris. Opéra Garnier. 07-IV-2014. Gioachino Rossini (1792-1868) : L’Italiana in Algieri, dramma giocoso en deux actes sur un livret d’Angelo Anelli. Mise en scène : Andrei Serban. Décors et costumes : Marina Draghici. Lumières : Guido Levi. Chorégraphie : Niky Wolcz. Avec : Ildebrando D’Arcangelo, Mustafà ; Jaël Azzaretti, Elvira ; Anna Pennisi, Zulma ; Nahuel Di Pierro, Haly ; Antonino Siragusa, Lindoro; Varduhi Abrahamyan, Isabella ; Tassis Christoyannis, Taddeo. Choeur et Orchestre de l’Opéra national de Paris, (chef de chœur : Alessandro Di Stefano), direction : Riccardo Frizza

italiana2Genre typiquement italien, l’opera buffa touche avec Rossini une virtuosité sans pareil grâce au pouvoir du compositeur de souligner en musique l’aspect dérisoire des personnages et des situations. La ligne entre le comique et le clownesque est cependant très subtile et une mise en scène insistant sur des clichés et sur une facile hilarité peut rendre l’ensemble assez banal.

C’est proprement le résultat du travail d’Andrei Serban qui transforme Mustafà en Khadafi, la scène de l’opéra en hammam et le fabuleux palais oriental en lieu de faste vulgaire. Sans parler des lieux communs sur les italiens toujours peints comme des bouffons à la gestuelle exacerbée, qui ne s’adonnent qu’aux plaisirs de la vie (la pizza, le vin et la séduction notamment). Malgré ces clichés, la scène toujours très saturée et riche en références et symboles capture le spectateur qui n’a jamais le temps de s’ennuyer. Les couleurs brillantes et les variétés de lumières donnent à l’intrigue un rythme vif et pressant tout au long des deux actes.

Musicalement et vocalement l’opéra est très réussi. Le chef d’orchestre met en avant, dès le début, les percussions « turques » à la sonorité très marquée. Avec les vents, les percussions sont en fait très présents dans l’ouverture et lors des fameux crescendo rossiniens déterminant un rythme de plus en plus serré. La musique s’associe et souligne bien les sentiments des personnages mettant en valeur des passages particulièrement virtuoses. La voix de basse d’, dans le rôle du turc contraste dès le début avec les aigus perçants d’Elvira. Le timbre chaude et imposant associé à un jeu d’acteur expérimenté lui permet de dominer la scène avec verve et charisme. Egalement contagieuse est la performance d’, un Lindoro d’esprit et d’éloquence à la voix autant brillante que puissante. Dommage pour quelque note légèrement hasardée. Enfin Isabella, interprétée par incarne la femme plus maline que fatale qui fait soupirer tout le monde. Sa voix d’abord tragique se borne de douceur à l’évocation de Lindoro et devient plus tard nerveuse dans les échanges avec Taddeo, l’amant stupide.

Le final de l’acte I caractérisé par la superposition des voix de tous les personnages est hilarant par les nombreuses onomatopées et la participation du chœur qui commente l’action. Un peu chaotique le final de l’opéra avec les percussions trop présentes et les chanteurs légèrement en avance sur l’orchestre. Cependant le spectacle est entraînant et l’humour général l’emporte.

Crédit photographique : E. Mahoudeau / Opéra national de Paris

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Paris. Opéra Garnier. 07-IV-2014. Gioachino Rossini (1792-1868) : L’Italiana in Algieri, dramma giocoso en deux actes sur un livret d’Angelo Anelli. Mise en scène : Andrei Serban. Décors et costumes : Marina Draghici. Lumières : Guido Levi. Chorégraphie : Niky Wolcz. Avec : Ildebrando D’Arcangelo, Mustafà ; Jaël Azzaretti, Elvira ; Anna Pennisi, Zulma ; Nahuel Di Pierro, Haly ; Antonino Siragusa, Lindoro; Varduhi Abrahamyan, Isabella ; Tassis Christoyannis, Taddeo. Choeur et Orchestre de l’Opéra national de Paris, (chef de chœur : Alessandro Di Stefano), direction : Riccardo Frizza

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