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Le tour de l’Opéra Garnier en 290 images

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Opéra Garnier. Photographies de Jean-Pierre Delgarde. Préface de Paul Andreu, textes d’Aurélien Poidevin. La Martinière, 39€. 448 pages. ISBN : 9782732458366. Dépôt légal : mai 2014

110923_couverture_Hres_0Les Editions de la Martinière poursuivent leur exploration des maisons d’opéra, entamée avec succès à l’automne avec Les plus beaux opéras du monde, (Clef ResMusica), avec un beau-livre entièrement dédié à l’un de ses fleurons incontestés, l’Opéra Garnier, et co-édité avec l’Opéra national de Paris.

Pour un éditeur, avoir le soutien de l’administration a l’avantage d’avoir toutes les facilités d’accès aux bâtiment. Le photographe Jean-Pierre Delagarde a ainsi pu réaliser un travail de fond qui met en valeur une profusion de détails décoratifs en façade et en intérieur, à tous les étages, et feront découvrir aux mélomanes de nombreux espaces rarement accessibles, tels que la rotonde des Abonnés, le local des accessoires, le « cimetière » (où l’on stocke les mobiliers hors d’usage), la loge des artistes, celle particulière de la cantatrice belge Fanny Heldy qui s’illustra à Garnier tout au long des années 20, sans oublier le mystérieux lac souterrain. Même les inconditionnels du palais trouveront matière à découvrir et s’émerveiller au long des 290 photos réalisées pour cet ouvrage, celles en couleur pour l’imagerie officielle, celles en noir et blanc pour le regard plus personnel du photographe et les espaces intimes.

La contrepartie d’un soutien officiel des autorités est que celles-ci peuvent vouloir exercer un contrôle sur le texte, et jeter un voile pudique sur toute analyse critique et distanciée. Le livre du Centenaire du Théâtre des Champs-Elysées, pourtant extrêmement documenté et par maints égards passionnant n’avait pas échappé à cet écueil, et cet Opéra Garnier souffre des mêmes limites, avec une iconographie historique beaucoup plus limitée (pas d’image du plafond de Lepneveu, qui apparaissait en maquette dans l’exposition sur Charles Garnier aux Beaux-Arts en 2010). Le texte reste à la surface, que ce soit sur la conception du bâtiment par et les artistes sculpteurs et mosaïstes qu’il avait retenu, comme sur les 140 ans d’histoire du monument. S’agissant du « bilan artistique exceptionnel de la direction [Jacques] Rouché » de 1914 à 1945, il aurait ainsi pu être utile qu’Aurélien Poidevin, professeur agrégé d’histoire à l’université de Rouen, rappelle – ne serait-ce que d’une phrase – le caractère spécifique de la période de collaboration de la France de Vichy avec l’Allemagne nazie de 1940 à 1944. A trop éluder un sujet historique majeur, on souligne involontairement son caractère sensible et actuel. Autre détail curieux, les lettres en médaillon N et E sur la façade de l’Opéra sont connues comme étant les initiales de Napoléon III et de l’impératrice Eugénie, mais la légende de la photographie indique qu’elles sont les initiales de Napoléon et… Empereur.

Au final, l’Opéra Garnier est un très beau livre, d’images exclusivement.

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