Les sonates pour alto seul et avec piano magnifiées par Tabea Zimmermann

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Paul Hindemith (1895-1963) : Sonate pour alto et piano, op. 11 n°4 ; Sonate pour alto seul, op. 11 n° 5 ; Sonate pour alto seul, op. 25 n° 1 ; Sonate pour alto et piano, op.; 25 n° 4 ; Sonate pour alto seul, op. 31 n° 4 ; Sonate pour alto seul (1937) ; Sonate pour alto et piano (1939). Tabea Zimmermann, alto ; Thomas Hoppe, piano. 2 CD Myrios Classics. Réf. : MYR011, code barre : 4 260183 510116. Enregistrements réalisés Siemens-Villa, Berlin, en décembre 2011 et février 2013. Notice trilingue : allemand, anglais, français. Durée : 65’25 et 52’02

 

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Hindemith_zimmermann, en amoureux du contrepoint baroque et des formes classiques, en cela plus proche du sens de la forme de Bach, Brahms et Reger que du drame wagnérien, se rapproche du jazz et du néoclassicisme. Violoniste de talent puis altiste d’exception, il s’active comme artiste de concert à plein temps, est nommé très tôt premier violon de l’Opéra de Francfort, joue abondamment en quatuor avant de quitter l’Allemagne de Hitler, enseigne à Yale (USA).

Hanns Eisler le définit justement dans Musique et Politique (1973) : « Hindemith s’est éloigné de l’idée que l’on fait de la musique pour faire de la musique ; au contraire,  il a écrit de la musique pour certaines fonctions pratiques. Il était donc un des rares compositeurs à avoir compris qu’en pratique musicale, ce sont le style et la technique qui déterminent les fonctions. » Cette appréciation quelque peu théorique pourrait se traduire plus clairement par ces quelques mots essentiels qu’Hindemith inscrivit au début du quatrième mouvement de la partition de sa Sonate pour alto solo op. 25 n° 1, créée en mars 1922 : « Mesure enragée, sauvage. La beauté sonore est secondaire. »

C’est dire que cette intégrale pour alto seul ou accompagné d’un piano propose des œuvres maîtrisées, distanciées, rugueuses, a-mélodiques ou presque, agrémentées à l’occasion de touches romantiques furtives mais généralement sourdes à toute traduction en notes d’un sentiment, d’une philosophie humaniste, d’une conception traduisant autre chose qu’une objectivité déshabitée de toute implication personnelle, intime, sentimentale.

Pour traduire cette création singulière, l’altiste allemande (née à Lahr en 1960) fait merveille et gagne une position interprétative primordiale. Rappelons qu’elle apprit l’alto dès l’âge de trois ans et le piano deux ans plus tard,  fréquenta le Conservatoire de Fribourg à treize ans (avec Vera Koch),  effectua des stages auprès de Sándor Végh au Mozarteum de Salzbourg. Puis, elle remporta des concours internationaux, se produisit dans  toutes les grandes salles du monde, côtoya les meilleurs musiciens (Gidon Kremer, Heinz Holliger, le Quatuor Arcanta…) et défendit nombre de partitions contemporaines (Ligeti, Rihm, Kurtag…).  offre une parure abordable aux sonates pour alto de cet inventeur révolutionnaire,  héritier de la grande tradition en plein 20e siècle foisonnant et pluriel.

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