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Italie, Ombrie, Festival du Trasimène, Direction Angela Hewitt, du 5 au 11 juillet 2014, Jeffrey Tate, Dame Felicity Lott, Quatuor de Crémone, Camerata Saleburg, 11 concerts.

Angela Hewitt, durante il bis, l'11.7.14 all'Auditorium di San Domenico di FolignoPour sa dixième édition le festival de la pianiste a fait des étincelles avec, comme invités Jeffrey Tate et Dame Felicity Lott. La pianiste jouait elle-même tous les soirs sauf un, en tant que soliste, accompagnatrice, chambriste avec le Quatuor de Cremone ou la Camerata de Salzbourg qu’elle dirigeait du piano.

Parti de Magione, une petite ville en Ombrie, malheureusement enlaidie par une affreuse banlieue, mais pourvue d’un Château des Chevaliers de Malte doté d’une cour splendide, le festival s’échappe désormais et s’étend autour du lac Trasimène, d’Assise à Spolète, en passant par Perugia, Panicale, Foligno, Gubbio et Solomeo, petit fief du grand Cachemirien Brunello Cucinelli. Chaque année il attire un public qui vient d’Australie, des États-Unis, du Japon, de Grande-Bretagne…, et qui découvre ainsi les trésors artistiques de cette partie de la région d’Ombrie.

Le dernier concert, dans le ravissant petit théâtre créé par Cucinelli dans son village vitrine, était à la fois intime et électrisant. Angela, entourée d’un public de fans élégants et fidèles, dont Paolo Fazzioli, l’extraordinaire créateur des pianos sur lesquels elle joue, a donné un récital d’œuvres familières : une Suite anglaise de Bach, 2 Sonates de Beethoven et Après une lecture de Dante de Liszt.

Après huit journées intenses, la fraîcheur de son jeu et son assurance tranquille, ont charmé le public. Disparues la tension et la volonté d’arriver qui ont nourri sa carrière d’une détermination qui lui a permis d’enregistrer l’intégrale des œuvres pour clavier de Bach, puis celle des Sonates de Beethoven, entre autres. Décontractée et sûre d’elle, elle devient vraiment sympathique. Elle a donné un Bach lumineux avec une clarté des voix rehaussée par les qualités du Fazioli, vivant et frémissant comme un cheval de course. Les deux Sonates pour piano de Beethoven, la N° 18, opus 31 no 3 et la 2 de l’Opus 2, étaient hautes en couleurs et brillantes, pleines d’énergie et admirablement contrôlées. Et le Liszt, un morceau fétiche avec lequel elle a remporté le premier prix du Concours international Bach à Toronto en 1985, était parfait de délicatesse mélodieuse, avec des aigus qui sonnaient comme des bulles de cristal, et des graves profonds comme des abysses. Parfait pour ce morceau où Liszt explore une dimension spirituelle presque visionnaire, qui illustre admirablement le poème de Victor Hugo : …Forêt mystérieuse où ses pas effrayés / S’égarent à tâtons hors des chemins frayés…

Crédit photographique : Lorenzo Dogana

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