Pina Bausch grinçante et crépusculaire à l’Opéra Garnier

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Opéra Garnier. 1/XI/14. Tanztheater Wuppertal Pina Bausch : Two cigarettes in the dark. Chorégraphie et mise en scène (1985) : Pina Bausch. Scénographie : Peter Pabst. Costumes : Marion Cito. Collaboration musicale : Matthias Burkert. Dramaturgie : Raimund Hogue. Musiques enregistrées : Monteverdi, Beethoven, Ravel, Wolf, Purcell… Interprété par Ruth Amarante, Mechtild Grossmann, Daphnis Kokkinos, Eddie Martinez, Dominique Mercy, Julie Shanahan, Franko Schmidt, Michael Strecker, Aida Vaineri, Anna Wehsaro, Tsai-Chin Yu.

Two cigarettes in the dark (Saison 2014-2015)Pour la troisième fois de son histoire, le passe quelques jours au Palais Garnier pour l’ouverture de la saison de l’Opéra de Paris. Au programme, une reprise de Two cigarettes in the dark, tragi-comédie grinçante et anticonformiste de 1985. Spectaculairement décadent !

Comme au théâtre de boulevard, il y a des portes qui claquent, des femmes qui crient et des maris violents, mais c’est une toute autre musique que l’on entend dans ce dynamitage en règle des conventions bourgeoises et des relations homme-femme. Two cigarettes in the dark dessine une vision sensuelle et mélancolique du couple, entre la légèreté nostalgique et séduisante du rétro et les scènes dramatiques les plus symboliquement fortes.

Spectacle le plus faustien de , Two cigarettes in the dark marque un tournant dans l’œuvre de la chorégraphe. Dans une scénographie très théâtrale de son compagnon et des costumes élégants de Marion Cito, les codes dramatiques explosent et l’absurde frappe à la porte. Un tapis que l’on cherche désespérément à faire voler, une chaussette égarée, une poursuite à la hache ou une sieste sans hamac, un ballet de patineurs ou une rencontre en chaussons de feutre, les saynètes loufoques succèdent aux moments plus graves ou plus grinçants.

Two cigarettes in the dark (Saison 2014-2015)Pour porter cette dramaturgie signée Raimund Hogue, les interprètes du sont époustouflants. est grandiose en vieil acteur décrépit et ruisselant, chaussé de palmes dans une forêt de plantes vertes. A la fin du spectacle, délicieusement excentrique, il mènera quatre couples à l’unisson dans une étonnante valse assise. Monstrueuse, est véritablement diabolique et presque wagnérienne dans ses outrances. Sans oublier les éblouissantes et , aux multiples visages. La troupe de 11 danseurs, dont certains font partie de la compagnie depuis ses débuts, offre sur ce plateau un des choix de programmation les plus radicaux de , encore directrice de la danse à l’Opéra de Paris jusqu’à la fin du mois.

Crédits photographiques : © Laurent Philippe / Opéra de Paris

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