La Scène, Spectacles divers

Yumé, entre le rêve et la réalité

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Paris, Maison de la culture du Japon, 3-X-2014. Yumé, au carrefour des songes, drame lyrique et musical inspiré de Matsukazé (pièce de théâtre nô et bunraku japonais). Musique de Kazuko Narita (1957-), sur le livret de Jacques Kériguy. Yoshi Oïda, mise en scène ; Tom Schenk, scénographie ; Lutz Deppe, lumières, Richard Hudson, costumes.
Avec : Dominique Visse, récit et chant ; Kaori Ito, chorégraphie et danse ; Mitsuka Yoshida, marionnettiste. L’Ensemble Polychronies. Masaki Nakata, direction.

yume_maison_culture_japon_festival_idfInspiré de Matsukazé, pièce du théâtre Nô et du Bunraku (théâtre de marionnettes traditionnel), Yumé raconte l’histoire psychologique de deux jeunes femmes face à un amour désespéré, mêlant le chant, le récit, la danse et la musique.

La scène ressemble à un plateau ouvert, on voit à gauche deux marionnettes de jeunes femmes, qui semblent être sœurs jumelles, et à droite, un objet métallique représentant un pin, avec une forme très figurative. Derrière cette scène,  séparés par un voilage, les musiciens apparaissent et disparaissent selon les jeux de lumières. L’ensemble est constitué de flûtes, d’une guitare, d’un violoncelle et de percussions avec un xylophone et un vibraphone. La musique est souvent faite d’une combinaison de deux ou trois instruments, notamment le violoncelle et une des flûtes. Par moment les flutes et les percussions sonnent comme des instruments traditionnels japonais (ryuteki, taiko…), mais on ne sait s’ils les jouent réellement ou si c’est une imitation sur un instrument occidental. Une notion d’ambiguïté donc, malgré une musique descriptive qui correspond nettement à l’action et aux mouvements des personnages.

L’amour désespéré poussé jusqu’à la schizophrénie

L’intrigue est centrée sur les sentiments de deux sœurs qui ont aimé un même homme, un prince en exil. Abandonnées par celui-ci alors qu’il est désormais gracié et reparti à la capitale, elles se suicident par désespoir. L’amour, la jalousie, l’illusion sont exprimées comme flash-back, les deux marionnettes étant remplacées ensuite par deux personnages « humains », notamment par la danseuse . Son corps est souvent tordu et secoué par des mouvements de spasmes, comme si la logique mentale n’existait plus. Le prince est représenté par son habit, il est donc physiquement absent, renforçant l’ambiguïté de cette relation illusoire. récite l’histoire – écrite avec un vocabulaire très poétique – en parlé et en voix de baryton ; quand il chante en ténor, il exprime les douleurs des héroïnes, avec souvent des grands sauts d’intervalles, comme les sauts de leurs pensées vers un monde de rêve, yumé en japonais.

Voici un spectacle cohérent, dans une mise en scène dépouillée et sobre de Yoshi Oïda, qui forme un contraste frappant avec la véhémence du corps dansé. Mais la présence des marionnettes n’était peut-être pas une nécessité absolue, si ce n’est pour parler de l’amour poussé à la schizophrénie.

Crédit photographique : ©

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Paris, Maison de la culture du Japon, 3-X-2014. Yumé, au carrefour des songes, drame lyrique et musical inspiré de Matsukazé (pièce de théâtre nô et bunraku japonais). Musique de Kazuko Narita (1957-), sur le livret de Jacques Kériguy. Yoshi Oïda, mise en scène ; Tom Schenk, scénographie ; Lutz Deppe, lumières, Richard Hudson, costumes.
Avec : Dominique Visse, récit et chant ; Kaori Ito, chorégraphie et danse ; Mitsuka Yoshida, marionnettiste. L’Ensemble Polychronies. Masaki Nakata, direction.

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