Concert de reprise du Philharmonique de Radio France

Concerts, La Scène, Musique symphonique

Paris. Salle Pleyel. 17-X-2014. Karol Szymanowski (1882-1937) : Concerto pour violon n°1 op.35. Gustav Mahler (1860-1911) : Symphonie n°8. Baiba Skride, violon ; Orchestre Philharmonique de Radio France, direction : Vasily Petrenko

baiba_skrideAprès la tentative avortée de décapitation artistique de l’, la formation donnait son premier concert après la reprise du travail, avec un riche programme Szymanowski et Mahler. Dans ce contexte, l’ambiance nocturne inquiétante et la joie factice du finale de la Symphonie n°7 du compositeur autrichien résonnait d’un écho particulier.

La symphonie de d’une durée d’1H20 aurait pu suffire à elle-même, heureusement la fit précéder du Concerto n°1 de avec la soliste (notre entretien), une œuvre qu’ils connaissent bien pour l’avoir déjà enregistrée ensemble avec l’Orchestre philharmonique d’Oslo. Après les quelques mesures fort délicates de l’ouverture et qui ne furent pas tout à fait en place, les solistes et musiciens surent pleinement restituer le climat à la fois éthéré et sensuel de cette pièce aux élans d’une chavirante beauté.

Par sa durée, sa construction en cinq mouvements, la succession d’épisodes dont la logique n’est pas aisément discernable, ses climats entre chien et loup, ni vraiment tragique ni franchement lumineuse, avec une conclusion à la joie assez forcée, la Symphonie n°7 n’est pas la plus immédiatement séduisante des symphonies de Mahler. Mais ce soir-là, le caractère artificiel de la joie bruyante de son finale, qui dissimule mal un vrai fond d’angoisse existentielle, prenait une couleur toute chostakovienne. En effet, les artistes montraient ce qu’ils savaient faire devant Mathieu Gallet, le PDG de Radio France, et Jean-Pierre Rousseau, son Directeur de la Musique depuis le mois de juin. La présence des officiels dans la salle Pleyel était un geste symbolique et nécessaire après la tentative – pour l’heure infructueuse – de ces derniers de priver le Philhar’ de direction artistique propre (voir notre dernier Flash info à ce sujet). Le chef russe qui excelle dans Chostakovitch et son art du faux-semblant, où l’artiste fait mine de rire pour mieux donner le change face aux diktats des politiques, n’a pas dû être insensible à l’ironie de la situation. Il a en tout cas donné une leçon de direction, bénéficiant de musiciens galvanisés.

La nomination  du prochain directeur artistique de l’orchestre philharmonique permettra de savoir si les musiciens auront vraiment réussi à préserver leur intégrité en matière de programmation à haute-valeur ajoutée. Souhaitons que le prochain directeur saura continuer à attirer des talents comme et pour que l’orchestre reste au niveau d’excellence dont il a fait preuve ce soir.

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