Vladimir Ashkenazy dirige Beethoven et Mendelssohn sans passion

Concerts, La Scène, Musique symphonique

Paris. Théâtre des Champs-Élysées. 18-X-2014. Felix Mendelssohn (1809-1847) : Concerto pour violon et orchestre en mi mineur, op.64. Ludwig van Beethoven (1770-1827) : Léonore III, ouverture en ut mineur, op.72a. Symphonie n°5 en ut mineur op.67. Frank Peter Zimmermann, violon. Philharmonia Orchestra, direction : Vladimir Ashkenazy.

Vladimir_Ashkenazy©Sasha_Gusov_ DeccaEn remplaçant Christoph von Dohnányi, souffrant, à la tête du , a conservé le programme initialement prévu, classique et peu risqué dans sa composition avec trois populaires et incontestables chefs-d’œuvre signés Beethoven et Mendelssohn.

Débuter un concert par l’Ouverture Léonore III n’est pas jouer la facilité tant l’œuvre est exigeante techniquement et musicalement. Condensé de l’intrigue de l’opéra Fidelio elle constitue un avant goût des poèmes symphoniques dont Liszt et Strauss se feront une spécialité. Formidablement expressive et narrative, cette ouverture évoque drame, amour, fidélité, et se conclut par la victoire de la liberté sur la tyrannie. Si les premiers accords sonnèrent superbement, bien ancrés sur les violoncelles et contrebasses, la suite fila droit et bien sagement vers la conclusion sans réellement nous faire percevoir les enjeux sous-jacents, l’absence de réelle tension ne nous tint pas en haleine, jusqu’à la glorieuse jubilation libératoire finale qui ne nous souleva pas de notre siège.

Cette direction sage, certes respectueuse du texte, mais sans prise de risque, allait être la marque de cette soirée, puisqu’aussi bien le concerto que la symphonie qui allaient suivre furent honnêtes mais sans le plus qu’on attend d’un grand concert. On retrouva avec plaisir le violon chaleureux, élégant et lumineux de dont le style habituel va comme un gant au célèbre concerto de Mendelssohn. On eut d’ailleurs parfois la sensation, a entendre certains coups d’archets plus appuyés que nécessaires, comme s’il voulait entrainer l’orchestre avec lui, que le violoniste aurait aimé plus d’élan dans l’accompagnement orchestral. Si l’Allegro molto appassionato ne sonna finalement qu’Allegro, les deux mouvements suivants furent moins pénalisés, avec un équilibre expressif violon orchestre nettement meilleur.

La Cinquième aux tempi classiques et fort bien trouvés dans le deuxième mouvement Andante con moto, fut agréable à écouter. Quiconque l’aurait entendu ce soir pour la première fois aurait bien compris qu’il s’agit d’un chef-d’œuvre, mais n’en aurait perçu qu’une partie de la puissance expressive. L’Ouverture des Créatures de Prométhée offerte en bis conclut plaisamment une soirée qui manquait d’élan et de grandeur pour être complètement à la hauteur des œuvres jouées.

Crédit photographique : ©Sasha Gusov / Decca

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