L’art de Figaro à Montréal

La Scène, Opéra, Opéras

Montréal. Salle Wilfrid-Pelletier de la Place-des-Arts. 8-XI-2014. Gioachino Rossini (1792-1868) : Le Barbier de Séville, opéra-bouffe en deux actes sur un livret de Cesare Sterbini. Mise en scène: Oriol Tomas. Décors : Robert Prévost/Guy Neveu. Costumes : Robert Prévost/Joyce Gauthier. Éclairages : Anne-Catherine Simard-Deraspe. Avec : Étienne Dupuis, Figaro ; Carol Garcia, Rosina ; Bogdan Mihai, Almaviva ; Carlo Lepore, Bartolo ; Paolo Pecchioli, Basilio ; Josh Whelan, Fiorello ; Benoît Le Blanc, Ambrogio ; Dylan Wright, Officier ; Alexandra Beley, Berta. Chef de chœur : Claude Webster. Pianiste/répétiteur : Jérémie Pelletier. Chœur de l’Opéra de Montréal. Orchestre Métropolitain. Direction : Christoph Campestrini.

photo 1 BarbierUn excellent Barbier de Séville à l’Opéra de Montréal.

L’évidente complicité du baryton québécois avec son illustre personnage Figaro est manifeste dès son entrée sur scène. Il a déjà été barbier à Séville dans une autre vie ! Aussi à l’aise à manier le blaireau, le ciseau, aucun poil ne lui résiste. Au service du comte Almaviva,  il devient le factotum indispensable de la soirée. Entouré par quatre jolies minois, il marque par des pirouettes multiples, un rôle fait à sa pointure. Précisons toutefois que la réussite d’un spectacle d’opéra repose sur l’ensemble des artistes et les qualités vocales et scéniques de chacun. Ce que nous voyons, c’est une troupe de théâtre aguerrie, tous excellents dans leur rôle.

La mise en scène d’ est habile, tous les protagonistes y trouvent leur compte. Les décors du tandem /Guy Neveu, sans grande originalité, ont le mérite de camper la demeure extérieure de Bartolo – là où est enfermée sa pupille Rosina, – changement à vue pour en découvrir l’intérieur.

Mais ce qui retient surtout l’attention, c’est la qualité des voix. La Rosina de la mezzo-soprano , scéniquement crédible est sans doute la révélation de la soirée. Voix rossinienne par excellence, éblouissante avec ses graves bien appuyés, elle incarne avec justesse, le caractère rebelle et l’amoureuse éplorée de Lindoro/Almaviva. Le ténor , – belle prestance sur scène – manque quelque peu de puissance dans le vaste amphithéâtre de Wilfrid-Pelletier, contrairement à  la basse – on y gagne en décibels – et qui excelle dans le rôle du vieux barbon Bartolo. Les seconds rôles sont tous bien tenus.

L’, dirigé par une main de maître par rend tous ses lustres à un opéra haut en couleurs.

Une excellente soirée, où les multiples coups de théâtre provoquent fous-rires, ce qui n’empêche nullement la qualité du spectacle.

Crédit photo : Yves Renaud

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