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Back to Bach, un regard différent

Concerts, La Scène

Paris. Auditorium du Musée d’Orsay. 27-XI-2014. Johann Sebastian Bach (1685-1750), Cantate Ich habe genug BWV 82 ; Cantate Liebster Jesu, mein Verlangen BWV 32 ; Cantate Jauchzet Gott in allen Landen BWV 51 ; Sonate pour violon et basse continue en sol majeur BWV 1021. Solistes : Sophie Karthäuser, soprano ; Christian Immler, basse. Ensemble Café Zimmermann.

presssirLet’s get back to Bach ! L’invitation est lancée par l’Auditorium du Musée d’Orsay pour (ré)entendre l’oeuvre du Cantor telle qu’elle a été promue, mais aussi paraphrasée et transcrite par les compositeurs du XIXe siècle.

Une vision de l’œuvre à confronter avec celle des interprètes et musiciens comme l’Ensemble , et qui nous délivrent un chant brillant et profond autour des cantates d’église de Bach, dans la plus pure interprétation baroque.

L’Auditorium du Musée d’Orsay propose cette année un cycle dédié aux hommages, pastiches et réinventions, et plus spécialement à l’œuvre de Jean-Sébastien Bach, revisitée par les jeux, paraphrases et transcriptions des compositeurs du XIXe siècle. Un regard différent de celui des musiciens baroques recherchant avant tout la vérité sonore de la musique de Bach. Cette dernière approche a été brillamment défendue lors de ce concert par l’ensemble et les solistes et , dans un programme centré sur les cantates d’église du Cantor, période Leipzig.

Avec la richesse et souplesse vocale qu’on lui connaît déjà, -notamment à travers un très beau disque Grétry (Ricercar, 2003)-, Sophie Karthäuser aborde avec brio la très virtuose cantate Jauchzet Gott in allen Landen BWV 51. Emmenée par un Café Zimmermann bondissant et dynamique, ils nous délivrent une louange à Dieu généreuse, solaire, confiante, jusqu’au Choral solennel, et un Alleluja puissant et enlevé.

La cantate Ich habe genug BWV 82 fut un moment hautement spirituel. Christian Immler a profondément incarné le Siméon qui peut mourir en paix et dans la plus sereine joie à la découverte d’un Messie qu’il avait attendu sa vie durant. Avec la délicatesse et la douceur du hautbois d’Emmanuel Laporte, telle une présence angélique au côté du prophète, le cantilène de l’un vient prolonger les méditations de l’autre. Nous étions alors bien loin d’une appréciation de performances vocales, mais dans la compréhension du Mystère de la Purification tel que Bach l’avait décrit.

Enfin, la cantate Liebster Jesu, mein Verlangen BWV 32 a mis en valeur toute la complémentarité de ces deux grands interprètes : la candeur, la simplicité, les aigus ronds et généreux de Sophie Karthäuser, avec la profondeur de jeu, le timbre riche de Christian Immler. En somme, un très beau duo pour chanter le dialogue entre l’Âme qui cherche Dieu. Le tout avec la complicité d’un ensemble feutré et concertant. Definitely baroque.

Crédit photo : Sophie Karthäuser © A. Yanez

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