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Les Indes Galantes de Vienne à La Chabotterie

À emporter, CD, Opéra

Jean-Philippe Rameau (1683-1764). Livret : Louis Fuzelier : Les Indes Galantes. Valérie Gabail, soprano ; Stéphanie Révidat, soprano ; Reinoud Van Mechelen, haute-contre ; François-Nicolas Geslot, haute-contre ; Aimery Lefèvre, baryton-basse ; Sydney Fierro, baryton-basse. Le Chœur et La Simphonie du Marais, direction : Hugo Reyne. 3 CD Musiques à la Chabotterie. Enregistré en janvier 2013. Notice bilingue. Durée : 202’

 

IndesGalantes_ReyneEn cette année Rameau, les nouveautés discographiques autour de son œuvre sont plutôt rares. a pris le risque de proposer une nouvelle version des Indes Galantes, plus de 20 ans après celle des Arts Florissants.

Il s’agit du quatrième volet de la collection Rameau, après La naissance d’Osiris, Concerts mis en simphonie et Naïs.

Comme souvent en musique ancienne, s’est posé le problème de la partition. Quelle version choisir ? a tranché : avec Nicolas Sceaux, ils sont remontés au plus près des partitions d’origine, conservées à la Bibliothèque de l’Opéra de Paris, pour écrire leur propre version ! Beau travail de recherche, de compilation, de comparaison et de choix. Geste généreux, cette partition est désormais disponible en ligne et libre d’accès !

L’enregistrement a été réalisé au Konzerhaus de Vienne lors du Festival Rexonzanzen. Heureux spectateurs qui ont entendu et… vu. Ce qui nous vaudra, au disque, un bis enthousiasmant. Et c’est vrai que près de trois heures et demie d’écoute à l’aveugle, c’est frustrant !

Cet opéra-ballet, chef d’œuvre de Rameau, est composé d’un prologue et de quatre entrées (ou tableaux) qui nous emmènent très loin du Paris de Louis XV, de la Turquie en Louisiane en passant par le Pérou et la Perse. Jeunesse, amours, querelles, exotisme… des sujets que Rameau va illustrer judicieusement. Avec quelques morceaux de bravoure dont le Tremblement de Terre, l’Air des Sauvages, la Danse du Grand Calumet

Hugo Reyne et nous offrent une version agréable avec quelques jolies délicatesses (l’Adoration du Soleil) et de très intéressants passages « swing » ! Les notes inégales font merveille ! L’orchestre suit fidèlement les options de son chef et brille quand il le faut. On apprécie la musette de Pierre Bats et, bien sûr, la flûte à bec d’Hugo Reyne. Les solistes sont homogènes mais ils ne jouent pas assez avec le texte. On retiendra la bonne prestation du ténor .

Dernier aspect de ce beau projet : son très intéressant livret : sa lecture est indispensable pour apprécier à leur juste valeur l’œuvre et son interprétation. Hugo Reyne raconte cette aventure : réflexion, recherches, rencontres et choix. Passionnant ! S’ajoute un texte fort instructif de Loïc Chahine sur le librettiste, Louis Fuzelier.

L’enthousiasme des spectateurs viennois se manifeste lors du bis du concert. On se croirait aux Prom’s de Londres ! Décidément, il faut aller écouter et, surtout, voir Les Indes Galantes d’Hugo Reyne… pardon, de Rameau… !

Pour aller plus loin, lire « Jean-Philippe Rameau, une carrière unique » et « Jean-Philippe Rameau, à la croisée de la musique et des sciences« .

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