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L’opéra européen au temps de Christine de Suède

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Christine de Suède et la musique. Philippe Beaussant. Fayard, Paris. 217 pages. 19 euros. Novembre 2014.

 

91kQD7ARhjL, 360 ans après la disparition de la reine Christine retrace ses rapports à la musique de son temps.

Reine suédoise protestante de 1632 à 1654, fille du célèbre Gustave II Adolphe, Christine, après avoir fait de son royaume un centre intellectuel renommé (elle invita entre autres notre Descartes qui mourut sur ses terres) abdique en faveur de son cousin Charles X Gustave en 1654, se convertit au catholicisme et visite plusieurs pays d’Europe dont le Paris de Louis XIV et la Rome du Pape Alexandre VII où elle s’installe durablement.

narre cette existence hors du commun avec beaucoup d’humour et de clarté privilégiant ostensiblement la narration et négligeant volontairement les références historiques précises conférant de la sorte une fluidité bienvenue à son texte. Il nous décrit la reine Christine comme passionnée de musique mais les sources manquent cruellement de sorte que, les 90 premières pages demeurent pratiquement, par la force des choses, hors-sujet. La première rencontre concrète et documentée avec la musique se situe à Bruxelles avec l’apparition d’un compositeur nommé Zampani, responsable de la musique d’Ulysse dans l’Île de Circé. L’auteur décrit abondamment, avec précision et passion, le livret, comme il le fera pour tous les autres opéras cités, conférant à son ouvrage ses plus belles pages. Puis Christine se rend en Italie via Innsbruck où, comme à Bruxelles, elle s’avoue fascinée par L’Argia, opéra mis en musique par qu’elle appellera plus tard à ses côtés à Rome. Là, en entrant dans la basilique Saint-Pierre le 25 décembre 1655, elle est fortement impressionnée par le Te Deum à six chœurs composé pour l’occasion par . Résultat d’une commande du Pape à , musicien de la Chapelle Sixtine, on donna l’opéra La Vita Humana. La reine et sa suite se rendent en France où l’on donne en son honneur des concerts mémorables à Aix, Avignon et Lyon. Le duc de Guise n’hésitera pas à affirmer : « C’est une personne tout à fait extraordinaire ». Et puis, à Paris, « la reine ambulante » fréquente la Cour du Roi soleil où elle assiste au premier grand ballet de Lully, Alcidiane, le roi s’étant transformé pour l’occasion en danseur étoile !

Nous laisserons au lecteur le plaisir de découvrir sous la plume plaisante et aérée de Philippe Beaussant d’autres œuvres, d’autres compositeurs et d’autres chapitres de la vie singulière de cette personnalité exceptionnelle et de sa rencontre inaboutie avec la vie.

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Christine de Suède et la musique. Philippe Beaussant. Fayard, Paris. 217 pages. 19 euros. Novembre 2014.

 
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