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Catalogue des oeuvres de Joseph Martin Kraus

Aller + loin, Compositeurs, Dossiers, Histoire de la Musique

Compositeur-penseur, personnage aux multiples facettes, talent musical et littéraire exceptionnel, Joseph Martin Kraus (1756-1792), en dépit de sa très courte existence, aura profondément marqué son époque et jeté les bases d’une musique nationale à la cour de Suède. La redécouverte récente de cet artiste n’a rien d’un effet de mode. Pour accéder au dossier complet : Joseph Martin Kraus, le Mozart suédois

 

Joseph_Martin_Kraus

Catalogue des œuvres de  et quelques commentaires

De nombreux manuscrits de Kraus se trouvent à la Bibliothèque d’Uppsala (Suède). Kraus a abordé tous les genres avec un égal bonheur. On compte environ 223 pièces et cycles. Beaucoup de partitions ont été perdues. De son vivant très peu d’œuvres ont été publiées (probablement moins d’une dizaine). Kraus essaya pourtant de faire éditer sa musique dès le début de son parcours. Il en résulta logiquement un manque de circulation de sa musique. La plupart de ses partitions ne sont pas datées. Et les dates de compositions retenues restent trop souvent incertaines. De plus l’on sait que dans ses nombreuses lettres personnelles Kraus n’évoque que très rarement ses activités de compositeur. Ce qui n’était pas du tout le cas de Mozart par exemple.

VB placé devant des numéros d’œuvres signifie Bertil Van Boer (cf. à Personnalités). Nous suivons la classification de ce musicologue remarquable pour la présentation qui suit.

1.Musique vocale et de scène

Musique sacrée. Kraus écrit la plus grande partie de sa musique religieuse dans sa jeunesse, soit avant 1778.En Suède, pays protestant, la musique religieuse catholique demeurait rarement proposée.

Citons en résumé : 2 oratorios dont 1 perdu ; 1 Messe VB 2 (perdue) ; 1 Te Deum VB 6 ; 2 mouvements de Te Deum VB 11 et 13 ; 3 cantates VB 15, 42, 122 (dont 1 perdue) ; 2 Requiem VB 1 et 3 (dont 1 perdu), 3 Miserere VB 4, 12, 13 (dont 1 perdu) ; des airs ; des motets. Et encore, 17 chants sacrés (dont les 2 oratorios) ; 19 œuvres dramatiques dont 4 opéras et 3 Singspiels.

Van Boer distingue deux périodes dans cette rubrique. La première s’étend de 1768 à 1777 durant laquelle Kraus écrit une musique destinée au service catholique romain ; une seconde allant de 1778 à 1790 durant laquelle il ajouta des musiques pour le culte luthérien. On y trouve de courts hymnes et chorals. Il n’y avait pas beaucoup de musique sacrée en Suède à cette époque. On se demandait alors si elle devait être jouée dans les églises. Kraus écrivit autour de ce débat trois articles qui furent publiés dans Stockholms Posten.

VB 1. Requiem en ré mineur, pour soprano, alto, ténor, basse, chœur, 2 cors, cordes et basse continue (b.c.), en latin, composé peu après son arrivée à Buchen, en novembre 1775. Messe en onze parties pour une durée totale de 26’ environ. Une de ses premières œuvres importantes écrite à l’âge de 19 ans pendant ses années d’études à Erfurt. On ne sait pas si une raison particulière motiva ce travail mais l’attraction du mouvement Sturm und Drang fut sans doute non négligeable. On y perçoit déjà une attirance pour la musique dramatique bien qu’une certaine inexpérience accompagnée de quelques maladresses soient bien perceptibles.

Comprend les 11 sections suivantes : Requiem aeternam ; Te decet hymnus ; Kyrie ; Dies irae ; Lacrymosa ; Huic ergo ; Domine Jesu Christe ; Quam olim Abrahae ; Sanctus ; Benedictus ; Agnus Dei.

VB 2. Messe de jubilé pour le père Alexander Keck. 1776. Perdu.

VB 3. Requiem pour Joseph II. Perdu. Composé à la mort du monarque Joseph II de Habsbourg.

VB 4. Miserere en ut mineur, pour soprano, alto, ténor, basse, chœur, 2 cors, 2 hautbois, basson, cordes et basse continue, texte de pénitence en latin « Miserere mei Deus », composé en 1773 à Erfurt. Durée totale d’environ 28’ pour 13 mouvements précédés d’une introduction orchestrale recueillie.

VB 5. Parvum Quando en ré majeur.

VB 6. Te deum en ré majeur, destiné à l’église de la ville St. Oswald, composé en 1776. Réécriture du finale : 1783.

VB 7. Fracto demun Sacramento en ré majeur, motet destiné à l’église de la ville St. Oswald, date : 1776.

VB 8. Proh Parvule en ut majeur. Perdu.

VB 9. Mot en alsvoedig magt en mi bémol majeur.

VB 10. Stella coeli en ut majeur, pour soprano, alto, ténor, basse, chœur, 2 cors, 2 flûtes, cordes, orgue et b.c., durée : 8’, se compose d’un Allegro moderato et d’un Andante, 1783. Antienne composée à l’instigation de Roman Hoffstetter.

VB 11. In te Domine speravi en mi bémol majeur (extrait d’un Te Deum), 1785, 5’, grand chœur, texte de Kraus (écrit à Paris ou Londres). Kraus admirait le Te Deum de Dettigen d’Haendel qu’il entendit en Angleterre.

VB 12. Miserere (avec Roman Hoffstetter).

VB 13. Miserere nostri domine en ut mineur (extrait d’un Te Deum), 1788, 3’, musique sombre.

VB 14. Motet en ré majeur, 1776.

VB 15. Cantate pour l’installation de Magnus Lehnberg en ré majeur. Autre référence : Komi din herdestaf att bära (Viens porter ton bâton de berger), 1790, cantate d’église pour solistes SB et orchestre, 11’, en 3 mouvements, écrite à l’occasion de l’ordination de Magnus Lehnberg (pasteur de l’église de Kungsholm rattachée au palais royal de Stockholm). Lehnberg était un des principaux réformateurs de l’Eglise luthérienne et membre du cercle littéraire de Palmstedt.

VB 16. Der geburt Jesu, oratorio, 1776, perdu.

VB 17. Der Tod Jesu, oratorio pour solistes SAB, chœur et orchestre, en 14 mouvements, 1776, 40’, texte du compositeur, autour de la contemplation du Christ en Croix. Modèle: Le Messie de Friedrich Gottlob Klopstock (publié entre 1752 et 1770) et Die Pilger auf Golgotha de Just Friedrich Wilhelm Zachariä de 1756. Musique assez proche du style de Gluck.

Carl Heinrich Graun avait composé (1755) un oratorio célèbre sur un texte de Ramler intitulé aussi Der Tod Jesu.

Opéras. Au moins 5 opéras sur des textes suédois : Azize VB 18 (perdu, il reste quelques fragments) ; Proserpine VB 19, créé au château d’Ulriksdal en juin 1781 ; Œdipe VB 21 (détruit) ; Soliman II et les trois sultanes VB 22, opéra-comique, Stockholm, 22 septembre 1789 ; Aenaes i Carthago (Dido och Aeneas) VB 23 créé posthumément à Stockholm le 18 novembre 1799.

VB 18. Azize, 1779, perdu (sauf des fragments du ballet). Œuvre rejetée par l’Académie royale de musique qui cependant lui offrit une seconde chance avec Proserpine. Conçu en trois actes, d’après un texte de son ami Carl Stridsberg, avec lequel il avait étudié la théologie.

La première n’eut finalement pas lieu et une bonne partie de la partition est perdue. Il reste en fait six mouvements du ballet-divertissement final. On dispose des n° 22, 23, 24, 25 pour une durée de 7’30 environ qui ont été enregistrés. Kraus confia que la musique était très estimée mais que le poète avait des opposants.

VB 19. Proserpine, opéra en un acte. Livret de Johan Henrik Kellgren sur un canevas de Gustave III, 1781. Création au Palais Ulriksdal (au Théâtre du Palais nommé Confidencen), situé à quelques kilomètres au nord de Stockholm, le 6 juin 1871, devant le roi et son entourage. Cette franche réussite, on l’a dit, eut pour conséquence quasi-immédiate la nomination de Kraus comme vice-kappelmeister de l’Opéra royal suédois et directeur de l’Académie royale de musique.

L’œuvre comprend une dizaine d’arias, 14 chœurs, une vingtaine de récitatifs, le tout soutenu par une musique remarquable aux nombreuses couleurs, atmosphères et dynamiques.

Richard Engländer y verra : « un notturno lugubre d’une force fascinante, dans le clair-obscur, à la lueur des torches. »

Ce qu’entendit Gustave III était plutôt une sorte de répétition générale dans le cadre Confidencen.

VB 20. Zélia, ou l’origine de la félicité, perdu.

VB 21. Œdipe, perdu (détruit). 9 chœurs pour Oedipe, tragédie en 3 actes, de G.G. Alderbeth, Stockholm, 10 mars 1792.

VB 22. Soliman II et les trois sultanes (Soliman II eller De tre Sultaninnorna), opéra-comique (Singspiel) de 1789 en 3 actes et 26 numéros sur un livret de Johan Gabriel Oxenstierna (1750-1818), d’après l’opéra-comique de Charles Simon Favart. Donné à Stockholm, Opéra royal, le 22 septembre 1789. Durée : 64’

Kraus fut inspiré par la mode des opéras turcs ou opéras de janissaires. La base : une simple histoire d’amour se situant dans un cadre de style arabe ou turc fantaisiste avec costumes exotiques, harems, mosquées et caractères européanisés. D’autres créateurs s’étaient manifestés dans ce style comme Mozart (Die Entführung aus dem Serail/L’Enlèvement au Sérail), Gluck (Le Cadi dupé), Haydn (L’incontro improvviso/La rencontre imprévue) dont les œuvres n’ont pas totalement disparu du répertoire.

La partition de Kraus fut donnée à Drottningholm dans la résidence d’été de Gustav III. De son côté, l’opéra de Favart jouissait d’une belle réputation car les troupes françaises en résidence le jouaient non sans succès à Stockholm depuis 1865.

L’histoire s’inscrit autour du personnage principal de Roxelane, une femme éprise de liberté.

Une représentation unique sur scène fut délivrée lors de l’inauguration du nouveau Théâtre dramatique royal le 22 septembre 1789 au Théâtre Bollhus loué par le roi pour la circonstance.

On discuta sur l’utilisation de la langue française que refusa d’utiliser la cantatrice qui jouait le rôle principal. La musique n’étant probablement pas totalement parachevée, on ne sait pas exactement quelle musique fut choisie. On ne le redonna que le 15 mai 1788 à l’occasion de la célébration de la fête de la reine Sofia Magdalena avec des étudiants de l’Académie royale de musique.

Dans l’Ouverture de forme sonate-ritournelle, en ré majeur, le thème principal entendu dès les première mesures s’oppose au thème turc.

Soliman II fut l’opus de Kraus qui enregistra la plus grande popularité au cours du 18ème siècle.

VB 23. Aeneas i carthago(Dido och Aeneas/Aeneas en Carthage), opéra en 5 actes et un prologue. Composé entre 1781 et 1789. Livret de Kellgren (sur des esquisses de Gustave III) d’après Didon (1734) de Jean-Jacques Le Franc Marquis de Pompignan. Chorégraphie de F.N. Terrade. Grand opéra sur lequel Kraus travailla pendant une dizaine d’années, qu’il n’entendra jamais puisque sa création se situe le 18 novembre 1799 soit sept ans après son décès. Il commença à le composer avant son départ en Europe

Il y travaille avec intensité pour l’inauguration programmée du nouvel Opéra de Stockholm. Signalons que la chanteuse principale (rôle de Didon), Caroline Müller, disparut soudainement avec son mari afin de se soustraire à leurs créanciers. « Tout mon espoir est réduit à néant par sa fuite », regretta amèrement le compositeur. Pour l’ouverture du nouvel opéra (architecte : K.F. Adelcranz) le 30 septembre 1782, on programma en remplacement l’opéra Cora et Alonzo de J.G. Naumann. Pendant ses dernières années Kraus apporta à sa musique de permanentes améliorations aboutissant à une immense partition en 5 actes d’une durée de près de 6 heures.

Aeneas i Carthago connaîtra sa création en 1799 sous l’autorité de J.C.F. Haeffner mais dans une réalisation jugée fort médiocre ; ensuite elle fut donnée seulement en concert et sous forme abrégée.

VB 24. Musik spiel (incomplet), perdu.

VB 25. Le Bon seigneur, pièce comique avec musique proposant 2 arias, 2 trios, 1 quatuor.

VB 26. Hoer Mina Oemna Suckar en la majeur.

VB 27. 4 intermezzos pour l’Amphitryon,tragédie de Molière. A la demande du roi Gustave III, alors qu’il résidait encore à Paris, Kraus composa la musique de scène (entr’actes et ballet) à Paris en 1784.

VB 28. Couplets pour Fintbergs Broellop (Le Mariage de Fintberg), pièce comique avec musique, en 2 actes, sur un livret de C.G. Holthusen. Donné à Stockholm à Bollhuset, en janvier 1788.

VB 29. Couplets pour fri-corpsen, eller dalkarkarne, perdu.

VB 30. Du i hvars oskuldfulla en sol majeur.

VB 31. Couplets pour Foedelsedagen, perdu.

VB 32. Oefventyraren, Eller Resan Till Moenens Oe (L’Aventurier), eller Resan till Månans ö, pièce comique avec musique, 2 actes, texte : J.M. Lannerstjerna. Donné à Stockholm au Munkbroteatern, le 30 janvier 1791. Comprend : une ouverture, 2 scènes et un chœur final de la main de Kraus.

VB 33. Olympie est une musique de scène destinée à la pièce inspirée par Voltaire dans une traduction de Johan Henrik Kellgren. Orchestre : 2 hautbois, 2 clarinettes, 2 bassons, 2 cors, 2 violons, alto, violoncelle et basse, 1791. La pièce fut représentée en janvier 1792 au Théâtre royal. La partition comprenait une ouverture, une marche, plusieurs interludes (4) et un postlude. Durée : 21 minutes.

L’ouverture à la française avec un adagio introductif solennel est suivie d’un vif et tonique Allegro ma non troppo et un épilogue marqué Adagio. Durée : 7’.

VB 34. Moe Sveafolk Din Tacksamhet en ut majeur.

VB 35. Chœur pour Œdipe.

VB 36. Marknaden, perdu.

Ballets. Le premier opéra suédois, Thetis och Pelée d’Uttini, incorporait un vaste corps de ballet conduit par le chorégraphe français Louis Gallodier. A ses débuts Kraus engagea un des principaux danseurs de l’époque, Jean Marcadet, un élève du fameux Noverre, tout en mettant en place l’école de ballet de l’Académie royale de musique. En 1782 on bénéficia de l’arrivée d’Antoine et Julie Bournonville. Tous allaient œuvrer en faveur du ballet d’action. Le ballet fut davantage encore intégré dans les grands opéras, mais on l’utilisa aussi avec plus ou moins de régularité dans des œuvres indépendantes. Par exemple, en 1776 Gallodier produisit Les Quatre éléments avec une bonne réception publique. C’est surtout à son retour d’Europe que Kraus mit en pratique les dernières tendances qu’il avait observé dans les grands centres artistiques.

VB 37. Pantomime en ré majeur. Orchestre : 2 flûtes, 2 hautbois, 2 cors, 2 violons, alto, violoncelle et basse. Trois parties : Allegro, Adagio, Presto. Durée : 8’. Mannheim, 1769-1772.

VB 38. Pantomime en sol majeur. Orchestre : 2 hautbois, 2 cors, 2 violons, alto, violoncelle et basse. Mannheim 1769-1772. Tempos : Allegro, Tempi di marcia, Adagio, Allegro. Durée : 8’. Le premier mouvement est redevable du style de Mannheim.

VB 39. Mouvements de ballet pour l’Armide de Gluck. Orchestre : 2 piccolos, 2 flûtes, 2 hautbois, 2 clarinettes, 2 bassons, 4 cors, 2 trompettes, timbales, 2 violons, alto, violoncelle et basse. Production réalisée à l’Opéra de Stockholm, 24 janvier 1787. Kraus en réalisa la préparation des parties musicales (révisions et adaptations) de manière à les rendre acceptables pour les goûts suédois de l’époque. Première incursion du compositeur dans ce registre.

N° 1 : Acte I, scène 3 : Fieramente, en fa majeur, 2’, en forme de menuet, avec des influences françaises.

N° 2 : Acte IV, scène 1 : Allegro moderato, en sol mineur, 1’40. Plus personnel.

VB 40. Fiskarena(Les Pêcheurs), ballet-pantomime, ouverture (Larghetto pero con motto) et 20 numéros, pour l’œuvre chorégraphique de Antoine Bournonville, acte I. Orchestre : 2 flûtes, 2 hautbois, 2 bassons, 4 cors, 2 violons, alto, violoncelle et basse. Durée : 50’. Composée en 1789. Donnée à l’Opéra royal de Stockholm le 9 mars 1789.

Musique pour un ballet indépendant, dramatique, la chorégraphie connaît un grand succès public immédiat. Elle reste au répertoire pendant quatre décennies, on y revient au 20ème siècle. Toutefois l’intrigue et la danse n’ont pas survécu.
Semble provenir d’un opéra-comique en un acte de d’Adrien-Nicolas La Sallesous le titre de Skärgårds Flickan (La Fille de l’archipel).

Musique de scène

La musique de scène intéressa beaucoup Kraus tout au long de sa carrière. Dès le début de sa carrière il tint le rôle principal dans le petit opéra d’Alexander Keck, Das triumphierende Christentum (Chrétienté triomphante). En se rendant en Suède en 1778 le jeune Kraus trouva un ballet complétement intégré dans le théâtre.

Cantates (7 cantates séculaires).

VB 41. Zum Geburtstage Des Koenigs

VB 42. Cantate funèbre pour Gustave III, 1792. Titre original: Begravningskantat for Gustavus III. Œuvre allant bien au-delà de la simple déploration de la Symphonie funèbre. Ecrite pour 4 solistes, chœur et orchestre (4 cors, 2 trompettes, 3 trombones) requérant en tout 104 instrumentistes, sur un livret du poète suédois Carl Gustav Leopold (1756-1829). Propose des arias, duos, récitatifs et des chœurs, un peu à la manière d’un opéra miniature, rendant hommage à Gustave III. En deux grandes parties, durée totale : 45’

Chef-d’œuvre dramatique composé dans un véritable état de choc avec pour conséquence une esthétique davantage opératique qu’ecclésiastique.

VB 43. La scusa

VB 44. La pesca

VB 45. Den frid ett menlöst hjeter njuter, cantate (soprano, 2 flûtes, 2 hautbois, 2 cors, 2 violons, alto, violoncelle et basse. Version 1, Stockholm 1780.

VB 46. La gelosia

VB 47. La primavera

VB 48. Non più fra sassi algosi en mi majeur

VB 49. In te spero o sposa amata en si bémol majeur

VB 50. T’intendo, si moi cor en mi bémol majeur

VB 51. Conservati fedele en sol majeur

VB 52. Duo en sol majeur

VB 53. Aria en la bémol majeur. Perdu.

VB 54. Misero pargoletto en fa mineur

VB 55. Sentimi non partir… al mio béne en si bémol majeur

VB 56. Innocente donzelletta en si bémol majeur

VB 57. Aure belle che spirate en ut majeur

VB 58. Du temps qui détruit tout en sol majeur

VB 59. Ch’io mai vi possa vi lagnate en fa majeur

VB 60. Del destin non vi lagnate en la majeur

VB 61. Ch’io parta ? m’accheto en fa majeur

VB 62. Se non ti moro al lato en mi bémol majeur

VB 63. Ma tu tremi en mi bémol majeur

VB 64. Non temer non son più amante en si bémol majeur

VB 65. Fermati !… se tutti i mali miel en mi bémol majeur

VB 66. Son pietosa e sono amante en fa majeur

VB 67. Fra l’ombre un lampo solo en fa majeur

VB 68. Carmen biblicum

VB 69. Meine Mutter Hat Goense en fa majeur

VB 70. Chœur & Canon

VB 71. Aandes sagte, vestenvinde en fa majeur.

Chansons. Les chansons sur des textes allemands ont toutes été composées entre 1783 et 1788. Kraus les compila dans le Liederbuch (Livre de chansons) destiné à l’interprétation se trouvant chez l’architecte Gustav Erik Palmstedt que le compositeur fréquentait par le biais de son cercle littéraire dédié à la poésie et à la musique.Il laisse de nombreuses chansons, mélodies en six langues différentes…

Mélodies allemandes

VB 72. Schweizer Rundgesang(A propos d’une chanson suisse) en fa majeur (Johann G. von Salis-Sewis).

VB 73. Rheinweinlied (Chanson au vin du Rhin) en sol majeur (Matthias Claudius)

VB 74. An-als ihm die – starb (Pour… lorsque qu’il apprit la mort de…) en mi bémol majeur (Matthias Claudius)

VB 75. An eine Quelle (Au Printemps) en mi bémol majeur (Matthias Claudius)

VB 76. Die Welt nach Rousseau (Le Monde selon Rousseau) en sol majeur (Carl F. Hensler)

VB 77. Die Henne (La Poule) en sol mineur (Matthias Claudius)

VB 78. Hans und Hanne (Hans et Hanne) en ut majeur (Gottlob W. Burmann)

VB 79. An den Wind I (Au vent) en si bémol majeur (Alois Blumauer)

VB 80. An den Wind II (A. Blumauer)

VB 81. Ich bin ein deutscher Jüngling (Je suis un gars allemand) en ut majeur (Matthias Claudius)

VB 82.Ich bin Vergnügt (Je suis satisfait) en ut majeur (Matthias Claudius)

VB 83. Daphne am nach (Daphné au ruisseau) en sol majeur (Friedrich Leopold Graf zu Stolberg)

VB 84. Phidile en ut majeur (Matthias Claudius)

VB 85. Das rosenband (Guirlande de rose) en la majeur (Friedrich G. Klopstock)

VB 86. Anselmuccio en la majeur (Matthias Claudius)

VB 87. An mein Mädchen (Pour mon amie) en si bémol majeur (J.M. Kraus ?)

VB 88. Das schwarze Lieschen aus Kastillien (La Noire Liza de Castille) en sol majeur (August G. Meißner)

VB 89. Der nordische Witmer (Le Veuf nordique) en majeur (Alois Blumauer ?)

VB 90. Ein Lied um Regen (Chanson sur la pluie) en majeur ((Matthias Claudius)

VB 91. Der Mann im Lehnstuhl en sol majeur (Matthias Claudius)

VB 92. Die Mutter bei der Wiege (La Mère au berceau) en si bémol majeur (Matthias Claudius)

VB 93. Ein Wiegenlied : Sehr doch das kalte Nachtgesight (Une berceuse : Regarde le froid visage de la nuit) en mi mineur (Matthias Claudius)

VB 94. An das klavier (Au Klavier) en mi majeur (Johann Timotheus Hermes)

VB 95. Der Abschied (Départ) en fa majeur (J.M. Kraus)

VB 96. Ein Wiegenlied : So schlafe nun, du Kleine (Une Berceuse : Dors à présent, petit) en sol majeur (Matthias Claudius)

VB 97. Gesundheit (Santé) en fa majeur (Johann H. Voss d’après Martin Luther)

Mélodies françaises

VB 98. Depuis longtemps en sol majeur

VB 99. Dors mon enfant en mi bémol majeur

VB 100. Est-on sage en la majeur

VB 101. Point de tristesse en la majeur

VB 102. Sans venus en fa majeur

VB 103. Aan de lente en sol majeur

VB 104. Conservati fedele en fa majeur

VB 105. Notturno en sol majeur.

VB 106. Si moi ben en mi bémol majeur

VB 107. L’istessa canzonetta alla calabrese en ut majeur

VB 108. Ti sento sospiri en sol majeur

VB 109. Broeder se Boelen en sol majeur

VB 110. Charon Poe En Doktor Soeg. Perdu

VB 111. Elégie en fa majeur

VB 112. Hvart hastar du en ut majeur

VB 113. Stancer till elias martin en sol majeur

VB 114. Mina herrar en la majeur. Janvier 1792.

VB 115. Oefver Mozarts Doed en mi bémol majeur (texte de Carl Michael Bellman). Mélodie pour la mort de Mozart en janvier 1792.

VB 116. Posten Riktigt Oeppnad Blef en fa majeur

VB 117. Se Koellans, se Lunden en majeur

VB 118. Ynglingarne en mineur

VB 119. Atis och Camilla en sol majeur

VB 120. Den 9 januarii 1793. Perdu.

VB 121. Gracernas Besoek Vid Professoren Herr Tobias Sergel. Perdu.

VB 122. Cantate till en Voerdig Voen. Perdu.

VB 123. Fiskarstugan

VB 124. Moeltiden I Fiskarstugan

VB 125. Oeterfarten Ifroen Fiskarstugan

VB 126. Den 24 januarii 1792

VB 127. Mjoelkkammern Poe Haga

 

2. Musique instrumentale

Symphonies. Entre 1780 et 1813 les concerts publics à Stockholm proposant des symphonies furent au nombre de 280 dont 29 seulement revenaient à des compositeurs natifs de Suède ou résidents dans la ville.

En ce qui concerne notre compositeur, on retrouve la trace de 14 symphonies numérotées VB 128 à 131 et VB 138 à 148. On évoquera aussi 4 cycles de symphonies toutes perdues : un composé à Buchen VB 204, un composé à Mannheim VB 203, un autre à Göttingen (cycle de 6 symphonies) VB 132 à 137, un dernier cycle à Paris VB 207. Presque toutes sont dépourvues de Menuet : Kraus pensait-il que son caractère dansant ne convenait pas à son écriture et à sa pensée musicale ? Les symphonies adoptent dans la majorité des cas un plan en trois mouvements.

VB 128. Symphonie en la majeur (1. Allegro assai, 2. Allegretto, 3. Minuetto, 4. Presto). Orchestre : 2 hautbois, 2 cors, 2 violons, alto, violoncelle et basse. Durée : 19’. Composée à Mannheim en 1768/72.

Une des premières symphonies conservées du compositeur, œuvre de jeunesse bien sûr, qui se ressent de l’influence de l’école de Mannheim (entre 1768-1772). C’est une des seules symphonies à utiliser le Menuet. Le final apparaît très habilement construit avec un thème de chasse auquel se mêle des appels de cor. Le premier mouvement, au climat plus dramatique, débute par des figures expansives à l’unisson avec des thèmes contrastés. Le second mouvement s’avère lyrique et inspiré.

VB 129. Sinfonia buffa en fa majeur (1. Allegro, 2. Andantino, 3. Presto assai). Durée : 17’. Mannheim 1769/71.

Elle date du début du séjour à Mannheim, en trois mouvements, soit « à l’italienne », de tempérament bouffe. Le premier mouvement repose sur deux sections opposées où l’on perçoit une émotion dramatique et des mélodies doucereuses. Le second mouvement, un chant monophonique va de majeur à mineur et réciproquement, de caractère dramatique. Le final avec son mouvement perpétuel se veut plus virtuose (flûtes) puis violons théâtraux (anticipant peut-être Verdi) et dernières mesures évoquant le chant grégorien.

VB 130. Symphonie en fa majeur (1. allegro, 2. Andante, 3. Presto). Durée : 14’. Orchestre : pour cor et petit orchestre de cordes (2 cors, 2 violons, alto, violoncelle et basse). Buchen, 1772.

Œuvre redevable de traits stylistiques marqués par la Chapelle de Buchen. Le premier mouvement de conception robuste opte pour son second thème pour une marche (proche lui de l’école de Mannheim). Le second mouvement, plus lyrique, aux riches et multiples mélodies inspirant des dynamiques contrastées. Le final affiche des traits dansants proches de la Symphonie en la majeur.

VB 131. Symphonie. Perdue.

VB 132-137. 6 Symphonies de Göttingen. Perdues.

VB 138. Symphonie en ut majeur « Violon obligato ». Orchestre : violon principal, 2 flûtes, 2 cors, 2 violons, alto, violoncelle et basse. Durée : 22’, écrite à Stockholm, 1778/79. Trois mouvements : 1. Adagio-Allegro, 2. Andante, 3. Allegro.

Cette symphonie oscille entre le concerto et l’écriture obligato pratiquée habituellement. Inventive au plan harmonique avec une partie soliste virtuose et une partie obligato aussi confiée à la flûte et au violoncelle. Le premier mouvement, après une introduction en mi mineur entrecoupée de solos du violon, s’achève en sol mineur. Partition plus proche en fait du concerto grosso.

VB 139. Symphonie en ut majeur. Orchestre : 2 flûtes, 2 cors, 2 violons, violoncelle et basse. Stockholm, 1780/81. Comprend : 1. Andante di molto-Allegro, 2. Un poco andante, 3. Allegro. Durée : 13’.

VB 140. Symphonie en ut dièse mineur (1. Andante di molto, 2. Andantino, 3. Minuett I et II, 4. Allegro). Orchestre : 2 flûtes, 2 cors, 2 violons, alto, violoncelle et basse. Durée : 20’. 1782. Ecrite dans une tonalité peu usitée à l’époque de sa conception. Il s’agit d’une sinfonia da camera, de chambre donc, chaque instrument étant joué par un soliste soutenu par une basse chiffrée.

Premier mouvement : Introduction lente, manifestement inspirée par Gluck notamment par son opéra Iphigénie en Aulide. D’une grande virtuosité orchestrale. Deuxième mouvement : très travaillé au niveau des rythmes, revient aux seules cordes, plus lyrique et proche de Haydn. Le troisième, al roverso, se compose d’un menuet dont la seconde partie correspond à la première jouée à l’envers. Le trio apporte le contraste attendu, il est construit sur un thème principal oscillant entre expression d’une basse dansante et un menuet. La symphonie prend fin avec un allegro énergique, développé sur un seul motif exprimé successivement par les instruments et avec de brusques modulations évoquant Beethoven. Impression de mouvement perpétuel aux cordes.

VB 141. Symphonie en mi mineur (1. Allegro spiritoso, 2. Adagio non tanto ma con espressione, 3. Presto). Orchestre : flûte, 2 hautbois, basson, 2 cors, 2 violons, alto et violoncelle et basse. Durée : 15’. Commencée à Amorbach en 1782. Publiée chez Boyer, Paris, en 1787 sous le nom de Cambini, musicien alors fort réputé, état qui devait de ce fait en favoriser les ventes.

VB 142. Symphonie en ut mineur (Larghetto, Andante, Allegro assai). Composée pendant le Grand Tour. Orchestre : Vienne 1783, refonte de VB 140. Durée : 22’- 24’ Sans doute la plus jouée, elle provient d’une version première en ut dièse mineur qui reçoit un embellissement indéniable et se rapproche des traits du Sturm und Drang. Il a été avancé que cette symphonie avait été jouée en 1783 lors de la visite de Kraus au palais d’Esterháza en présence de Haydn. Les spécialistes pensent que son élaboration fut plus tardive. Haydn entendit probablement à cette occasion une Symphonie en ré majeur.

Son climat sombre et passionné est une réminiscence de la période Sturm und Drang de Haydn autour de 1770 dans ses Symphonies n° 44, 45 et 49 par exemple.

VB 143. Symphonie en ré majeur (1. Allegro, 2. Andante un poco largo, 3. Allegro). Orchestre : flûte, 2 hautbois, 2 bassons, 2 cors, 2 violons, alto, violoncelle et basse. 1783/86. Durée : 18’. Publiée à Paris 1787 sous le nom nettement plus vendeur de Haydn et donc longtemps attribuée à lui. Son orchestre peu fourni recrute 1 flûte, des cordes et un basson.

Elle débute par plusieurs variations sur un thème lyrique. Le deuxième mouvement expose des passages exotiques en mode mineur du type alla Turca. Le dernier mouvement est une marche rapide s’appuyant sur le thème du premier mouvement.

VB 144. Symphonie en mi bémol majeur (1. Allegro, 2. Larghetto, 3. Allegro (+ Largo alternatif). Orchestre : flûte, 2 hautbois, basson, 2 cors, 2 violons, alto, violoncelle et basse. Durée : 20’. Rome, Décembre 1783, donc écrite pendant son voyage européen.

VB 145. Symphonie en fa majeur. En 3 mouvements : 1. Largo maestoso-Allegro vivace, 2. Larghetto amoroso e semplice, 3. Presto, nécessitant l’orchestre suivant : 2 hautbois, 2 bassons, 2 cors, 2 violons, alto, violoncelle et basse. Durée : 21’. 1784/86.

Il existe une autre version du Larghetto (5’) élaborée dans la maison d’un copiste viennois nommé Johann Traeg.

Son attribution posa longtemps des interrogations. Son style français laisse supposer qu’elle fut écrite dans la capitale française en 1787. L’éditeur parisien Boyer retira le nom de Kraus en faveur de Giuseppe Cambini après le départ du Suédois en 1787. L’opération, peu honnête, était manifestement à visée commerciale pour générer davantage d’argent.

Le premier mouvement propose une lente introduction, puis une section Allegro, avec des harmonies inhabituelles et des tremolos façonnant un climat dramatique. Le second mouvement, se situe entre une gavotte et un rondeau. Son thème principal est joué trois fois avec des contre-mélodies aux flûtes et hautbois et des alternances de passages variés aux plans dynamique et mélodique. Le final, un mouvement rapide perpétuel alterne avec des parties confiées aux cordes.

VB 146. Symphonie en ré majeur « da chiesa » Riksdagssymfoni(1. Andante maestoso, 2. Allegro maestoso). Orchestre : 2 flûtes, 2 hautbois, 2 bassons, 2 cors, 2 trompettes, timbales, 2 violons, alto, violoncelle et basse. Durée : 7’30. Composée à Stockholm en 1789 pour l’inauguration du Parlement (avec VB154) dans la Domkirke de Stockholm. Inspiration venue de la « kirchensymphonie » de Vienne de Johann Joseph Fux (1660-1741) ensuite développée par Albrechtsberger.

L’événement était la réunion du Parlement suédois le 9 mars 1789. Le roi souhaitait lever des fonds pour poursuivre sa guerre contre le Danemark et souhaitait une extension de ses pouvoirs.

VB 147. Sinfonia (Ouverture) en ré mineur. Orchestre : hautbois, 2 violons, alto, violoncelle et basse. 10’. Composée au cours des années 1790. Elle semble avoir été très renommée pendant une dizaine d’années lors des services religieux du Vendredi Saint à Stockholm.

L’œuvre, solennelle, présente deux mouvements : un Largo suivi d’une fugue alla capella, comme dans les symphonies d’église (Sinfonia da chiesa). Kraus utilise le thème d’ouverture de sa Cantate funèbre écrite deux ans auparavant ; la fugue est une révision de la seconde partie de l’ouverture de l’oratorio de Johann Georg Albrechtsberger de 1782.

VB 148. Symphonie en ut mineur « Symphonie funèbre », musique mortuaire en quatre mouvements lents : 1. Andante mesto, 2. Larghetto, 3. Chorale, 4. Adagio. Orchestre : 2 hautbois, 2 clarinettes, 2 bassons, 4 cors, 2 trompettes, timbales, 2 violons, alto, violoncelle et basse. Stockholm, 1792 (exécutée lors des funérailles royales le 14 mai). Symphonie classique d’une vingtaine de minutes.

1er mouvement : débute sur un puissant battement de timbales conduisant à une douloureuse marche orchestrale funéraire. Second mouvement : également triste et affligé. Puis dans le mouvement suivant on rencontre une harmonisation simple de l’hymne suédois intitulé Lätt oss then kropp begrafven (Enterrons ce corps). Nouvelle utilisation de l’hymne dans le finale, cette fois traité dans une série de variations et une double fugue avant le retour des timbales qui amènent vers la conclusion de la symphonie.

Dans le dernier mouvement, un cantus firmus, à partir d’un chant d’église suédois, se rapproche d’un style religieux traditionnel auquel Kraus ajoute des pages lyriques et certains effets théâtraux.

La Symphonie funèbre représente l’apogée de sa création instrumentale et de sa singularité bien qu’elle ait été écrite très rapidement pour les cérémonies d’enterrement de Gustave III, assassiné le 16 mars 1792. Sonorité assourdie avec la présence de quatre cors et absence de flûte. Cette symphonie est sans doute une sorte de synthèse personnelle des différentes expressions existantes ou utilisées par le compositeur.

Les 4 mouvements affichent une tristesse communicative en accord avec la situation et l’atmosphère lugubre comme le laissent supposer les tempos lents de chaque mouvement.

Concertos

VB 149. Concerto pour 2 violons et orchestre, perdu.

VB 150. Concerto pour flûte et orchestre, perdu.

VB 151. Concerto pour violon et orchestre en ré majeur

En fait tonalité en do majeur, 2ème version de 1783. Trois mouvements : 1. Allegro moderato, 2. Adagio, 3. Rondo. Allegretto. Durée : 27’.

Il s’agit présentement d’un remaniement en vue de sa publication ; il retravaille surtout le mouvement final en s’inspirant d’une œuvre de jeunesse. Ce finale apaisé et moins normalisé préfigure sans doute des traits du prochain romantisme. Il donne une œuvre assez monumentale en trois mouvements, avec violon virtuose (Kraus était un fameux violoniste) pouvant s’apparenter à Cramer et Viotti, mais aussi plus simple que l’art des concertos de Mozart, Carl Stamitz, Haydn et de l’école de Vienne par exemple.

VB 152. Concerto pour violon, alto et orchestre. Perdu.

VB 153. Symphonie concertante pour flûte, violon, alto, violoncelle et orchestre. Perdue.

VB 153a. Concerto en sol majeur pour alto, violoncelle et orchestre. Trois mouvements : 1. Allegro moderato e cantabile, 2. Adagio, 3. Rondo : Allegro moderato. Durée : 23’ environ.

VB 153b. Concerto en do majeur pour alto et orchestre. Trois mouvements : 1. Allegro maestoso, 2. Larghetto cantabile, 3. Rondo : Allegro. Durée : 17’.

VB 153c. Concerto en mi bémol majeur pour alto et orchestre. Trois mouvements : 1. Risoluto, 2. Adagio e cantabile, 3. Rondo : Moderato. Durée : 20’.

Ces trois partitions ont été considérées comme perdues pendant un quart de siècle. Elles furent proposées à l’éditeur allemand Breitkopf en 1787 sous un autre nom, celui de Pater Romanus Hoffstetter, ami intime de Joseph Martin que nous avons déjà rencontré dans ce texte. Sans doute composées à l’intention de Hoffstetter lui-même, ces partitions révèlent que l’homme devait être également un excellent altiste. L’exigence et la qualité de l’écriture confirment une fois encore la haute qualité de l’invention de Kraus avec une texture magnifique, des phrases de grande beauté, des passages lyriques annonciateurs des temps à venir, une écriture virtuose jamais gratuite ni vaine.

Les trois grands concertos pour alto ont probablement été écrits au début de la carrière du compositeur. En fonction de leur style, van Boer en situe l’élaboration entre décembre 1777 et 1781. Une grande redécouverte.

VB 154. Riksdagsmarsch en ré majeur. Orchestre : 2 flûtes, 2 hautbois, 2 bassons, 4 cors, 2 petites trompettes, timbales, 2 violons, alto, violoncelle et basse. Durée : 6’30.

Il s’agit de la révision d’une marche composée par Mozart en 1781 pour son opéra Idomeneo. Il utilise un orchestre plus étoffé (il ajoute entre autres deux cors).

VB 155. Contredanses. Perdues.

 

La musique de chambre. On dénombre des réalisations suivantes : 1 Sonate pour clavecin et violon VB 157 ; 1 duo pour violon et alto VB 156 –perdu) ; 1 duo pour flûte et alto VB 158 ; 4 Sonates pour clavier et violon VB 159 à 162 ; 1 Trio à cordes VB 164 (perdu) ; 7 Trios avec piano VB 165 à 171 (dont 6 perdus) ; 16 Quatuors à cordes VB 172 à 187 (dont 6 perdus) ; 1 Quintette avec flûte VB 188.

Les quatuors à cordes de Kraus ont été très tôt comparés au Six Quatuors à cordes op. 33 de Joseph Haydn parus en 1782 et reconnus comme d’authentiques chefs-d’œuvre profondément novateurs. L’éditeur Hummel rencontra Kraus à Berlin (le 1er décembre 1782) et se proposa d’éditer ses cinq quatuors achevés. Il en écrivit un sixième pour cette publication (Six Quatuors Concertants, op. 1). Projet réalisé en 1784 en deux éditions (l’une avec le titre en français comme cela se pratiquait ; l’autre en suédois à destination du roi de Suède). Les quatuors de cette série se distinguent par la beauté de leurs mélodies, par la maîtrise de l’harmonie, par l’utilisation de modulations pas toujours attendues et par la mise en place de nouveautés typiques du suédois d’adoption. L’écoute de ces six pièces se positionnent relativement distinctement de ceux de Joseph Haydn et n’évoquent en rien un quelconque rapprochement non fortuit. Chez Kraus, la plupart sont construits en trois mouvements (au lieu de quatre chez Haydn) et l’on ne retrouve pas cette ébauche cyclique présente chez son aîné autrichien, au contraire chaque numéro s’avère indépendant et singulier. Précisons toutefois que Joseph Haydn tout au long de sa carrière domina largement ce genre nouveau. Les œuvres de Kraus furent écrites avant son départ pour le Nord. Ajoutons qu’elles portent la marque de son admiration pour le maître autrichien. Il ne le plagie cependant jamais, il retient la structure en trois mouvements, celui du milieu étant un mouvement lent. Son ami Hoffstetter à Amorbach écrivait ses propres quatuors en trois mouvements.

Kraus : structure musicale plutôt simple, longues sections homophoniques, simple accompagnement, rarement le travail thématique s’avère plus complexe, sections obligato moins marquées, il ne dédaigne nullement les passages où s’expriment des sentiments, solennité de certains mouvement lents.

Du temps de Kraus les normes musicales en vogue pour les œuvres classiques n’avaient pas encore cours.

Duos

VB 156. Duo pour violon et alto, perdu.

VB 157. Sonate en ré mineur pour clavecin et violon. Deux mouvements : 1. Allegro, 2. Andante-Allegro. 17’. Pièce écrite entre avril et décembre 1777, probablement à Göttingen. Titre donné par le compositeur : « Duetto à Clavicembalo e Violino ». Sonate avec continuo plus particulièrement à la mode mais encore d’usage à l’occasion. Partition publiée par l’éditeur viennois Johann Traeg en 1783 comme « Sonata à Violino solo e Basso ». Bel effet dramatique, sections virtuoses, moments lyriques, final proche de Haydn dans ses passages comiques.

VB 158. Duo pour flûte et alto.

VB 159. Sonate en ré majeur pour clavier et violon, en trois mouvements : 1. Allegro, 2. Adagio, 3. Allegro. Durée : 24’. Sans doute écrite comme VB 160 à Stockholm dans les années 1780-1782. Ce type de musique était peu utilisé en Suède et l’on peut avancer que Kraus les composa en vue de son grand voyage européen. Il la proposa à Traeg en 1784.

VB 160. Sonate en do majeur pour clavier et violon, en trois mouvements : 1. Moderato, 2. Adagio, 3. Scherzo : Un poco Allegro. 23’.

VB 161. Sonate pour clavier et violon en mi bémol majeur, Paris, 1785, trois mouvements : 1. Allegro moderato, 2. Andantino con variazioni, 3. Allegro ma non troppo presto. Durée : 32’. Dédiée comme la suivante à Maria Alosyia von Born, fille du franc-maçon Ignaz von Born, connaissance de Kraus.

Plus tard révisée comme Sonate pour pianoforte seul (VB 195).

VB 162. Sonate en do majeur pour clavier et violon, trois mouvements : 1. Largo-Allegro con spirito, 2. Adagio, 3. Allegretto. Durée : 25’. Ecrite à Paris en 1785. Elle est surnommée « la Grande do majeur ».

VB 163. Allegro pour clavier et violon en ré majeur. 5’. Date de 1788-1790, écrite à l’intention des étudiants de l’Académie royale. Mouvement perpétuel.

Trios

VB 164. Trio à cordes. Perdu.

VB165-170. 6 Trios avec piano (Hoffstetter). Perdus.

VB 171. Trio (Sonate) avec piano en ré majeur. 1787. Donc pour piano, violon et violoncelle. Trois mouvements : 1. Allegro moderato, 2. Largo ma poco con moto, 3. Ghiribizzo : Allegro. 21’. Date de la dernière période de Kraus à Stockholm. Composé pour divertir la Cour pendant un séjour à Drottningholm.

Quatuors

VB 172-177. 6 Quatuors à cordes (« Göttingen »). Perdus.

VB 178. Quatuor à cordes en fa mineur ([mouvement lent], Allegretto). Stockholm, 1777/78.

VB 179. Quatuor à cordes en ut mineur, deux mouvements : 1. Largo, 2. Andantino-Allegro-Tempo primo, 8’. Musique baroque datant sans doute des débuts du compositeur.

VB 180. Quatuor à cordes en mi majeur, en trois mouvements : 1. Allegro con brio, 2. Adagio, 3. Allegretto, 18’.

VB 181. Quatuor à cordes op. 1 n° 2 en si bémol majeur, comprend : 1. Allegro moderato, 2. Largo, 3. Allegretto, 12’.

Le mouvement lent propose une partie soliste de l’alto sans excès de virtuosité mais aussi avec des passages empreints d’expression de sentiments.

VB 182. Quatuor à cordes op. 1 n° 5 en ut majeur (1. Allegro, 2. Andante-Adagio, 3. Scherzo : Rondo-Allegro assai), 15’, 1784 (pub. Hummel).

Offre un motif typique de Kraus tandis que l’Adagio est d’une grande inspiration avec son motif principal serein.

VB 183. Quatuor à cordes op. 1 n° 3 en sol mineur, trois mouvements : 1. Andante commodo, 2. Romance, 3. Tempo di Minuetto. Durée : 10’. 1784 (pub. Hummel).

Premier mouvement mélancolique et introverti (proche de la fugue baroque) dans le « style savant ». Dans le second mouvement en sol mineur on trouve une musique baroque tardive inspirée mais aussi l’annonce du siècle suivant. Belles phrases mélodiques et sections emplies d’émotion. Le quatuor s’achève par un mouvement de type menuet vif, trépidant mais une avec conclusion lugubre.

VB 184. Quatuor à cordes op. 1 n° 4 en ré majeur (Allegro, Larghetto, Allegro molto). 19’. 1784 (pub. Hummel).

Fraîcheur et vivacité de l’Allegro agrémenté de solos brefs des quatre instruments et de délicats ornements, mélange des voix. Le second mouvement développe une musique affectueuse avec un dialogue entre les instruments particulièrement soigné au plan de l’invention mélodique. Le quatuor se termine par un début moins affirmé mais le reste se veut enlevé toutefois mais avec modération. Musique marquée par l’art de Haydn.

VB 185. Quatuor à cordes op. 1 n° 1 en la majeur (Allegro, Adagio, Scherzo-Allegro molto). 1784 (pub. Hummel).

VB 186. Quatuor à cordes en ut majeur (Allegro, Larghetto, Allegro).

VB 187. Quatuor à cordes op. 1 n° 6 en sol majeur. Comprend : 1. Allegro, 2. Scozzese-Andante maestoso, 3. Largo, 4. Allegro assai, durée : 22’. Publié chez Hummel en 1784. En quatre mouvements (le seul chez Kraus) comme ceux de Haydn ; le menuet ou le scherzo est remplacé par un scozzese (variations sur une musique populaire). Largo en sol mineur riche en modulations et effets inattendus. Sans doute le dernier composé de la série.

Notons que Johan Wikmanson, ami et élève de Kraus, reprit le thème principal du premier mouvement dans un de ses propres quatuors en guise d’hommage à son professeur.

Quintette

VB 188. Quintette avec flûteop. 7 en ré majeur. Vienne 1783 (pub. par Ignaz Pleyel, Paris, 1799). Œuvre pour flûte traversière, deux violons, alto et violoncelle écrite à Vienne durant le voyage européen du compositeur, elle constitue une entorse aux conventions habituellement adossées à de telles pièces. Durée : 22’. Trois mouvements : 1. Allegro moderato, 2. Largo, 3. Con brio. Parfois d’écriture pré-beethovénienne ; magnifique dialogue des voix ; une certaine intériorité, parfois beaucoup de vitalité. Largo : belles arabesques mélodiques. Final brillant, virtuose (flûte et premier violon).

Présent du compositeur à son proche ami le marchand et amateur de musique Johann Samuel Liedemann.

Kraus avait entendu le virtuose de la flûte Ludwig Gehring (1762-1810) en avril 1783 ; il l’avait antérieurement connu comme étudiant à Göttingen.

Flûte non traitée en soliste contrairement à ce qui se passait à l’époque, elle se trouve à égalité de traitement avec chacun des membres du quatuor à cordes.

Clavier

Sa production pour clavier est limitée comparée à d’autres compositeurs et n’appartient pas au plus passionnant de son catalogue bien que de belle tenue quand même. Sa production montre une grande connaissance technique de l’instrument et une véritable maîtrise des formes bien qu’il ne fut pas un instrumentiste professionnel. L’on sait qu’il jouait volontiers lors de certaines soirées, notamment dans le Cercle de Palmstedt mais aussi lors de réunions avec des amis. Roman Hoffstetter rapporte dans une lettre datée du 4 septembre 1800 : « Il se souvenait de presque toutes les œuvres de Gluck et me jouait souvent au piano, sans partition, des ouvertures au complet, de longs récitatifs, des chœurs, des opéras et ce, de telle manière, qu’il n’oubliait aucune des voix qui étaient parfaitement jouées. »

Lors d’une soirée tenue en 1787 l’ambassadeur d’Espagne Miranda nota dans son journal personnel que « Kraus jouait comme un ange. »

Sa Sonate pour piano en mi majeur (1787) s’avère originale et ses audaces ne sont pas sans faire pressentir l’approche de Beethoven.

En dehors des sonates, les pièces qui nous sont parvenues l’ont été grâce à des copies manuscrites de Frederik Silverstolpe, ami et premier biographe du musicien. Le titre de la copie est : « Trois variations pour piano » (en fait elle renferme 4 pièces).

VB 189. Sonate pour la contesse Ingelheim, piano, mars 1779, perdu.

VB 190. Zwei neue kuriose Minuetten für klavier (Deux nouveaux Menuets originaux ou “Deux nouveaux et curieux menuets”.), en do majeur/do mineur, 2’, Stockholm, 1780. Dédiés à Johan Nikolaus Forkel (1749-1818), premier biographe de Jean Sébastien Bach. Il s’agit d’une parodie de la musique passée et académique; on peut voir ici une pique contre le vide du style galant. Selon Silverstolpe, la musique traduirait en certains endroits les fréquentes disputes de Kraus et Forkel qui n’appréciait guère la modernité.

VB 191. Rondo en fa majeur. Stockholm, autour de 1778-80, 8’ environ.Sans doute la première composition de Kraus pour le piano parvenue jusqu’à nous. Dans un élégant style rococo, de style préclassique, non éloigné des œuvres de C.P.E. Bach. Thème principal doux et lyrique, avec des contrastes délicatement travaillés. Vendu sous forme de manuscrit par la maison viennoise de Johan Traeg au début de 1783.

VB 192. Swenska dans (Svensk Dansk/Danse suédoise) en ut majeur, Stockholm, autour de 1788, 3’30. Repose sur un motif de danse en cercle suédoise, rare exemple chez notre compositeur d’un intérêt inspiré par la musique traditionnelle populaire. Musique stylisée.

Série de trois courtes variations sur un motif perpétuel de danse. Motif : inconnu. On a évoqué une compétition avec son concurrent l’Abbé Vogler.

VB 193. Scherzo con variazioni en ut majeur (ou Thema con Variazione en do majeur), 6’ à 12’, Londres, 1785, élaboré lors des fêtes en rapport avec les commémorations du centenaire de la naissance de Haendel. Un thème d’une grande simplicité est suivi de 12 variations et une coda. Atmosphère plutôt joyeuse, burlesque, où l’on rencontre des variations riantes (10ème et 11ème) et d’autres « de doctes plaisirs intellectuels (5ème). » Musique simple, non alambiquée, qui connut le succès à Londres, même si l’on ne lui attribua pas alors la paternité de ces pièces ; afin de mieux les vendre une fois encore (on leur accola le nom d’Ignaz Pleyel, puis celui de Joseph Haydn…).

Cette musique sera publiée plus tard par Åhlström devenant une pièce connue et très appréciée des pianistes suédois de la fin du 18ème siècle.

VB 194. Larghetto (Lied ohne Worte/Romance sans paroles) en sol majeur, Stockholm, 1787-88, extrêmement brève puisque n’excédant pas une minute (six mesures seulement) ! Rythme de gavotte, on ne sait pas quel stimulus déclencha son élaboration, peut-être une section de variations pour une œuvre inaboutie.

VB 195. Sonate en mi bémol majeur, en trois mouvements (20’) : 1. Allegro moderato, 2. Andante con variazioni, 3. Allegro ma non troppo presto. Composée à Paris vers 1785 (en fait entre 1783 et 1788) (pub. Olof Ahlström, Stockholm, 1788/89). Il s’agit d’une transcription d’une Sonate pour piano et violon composée à Paris et datée de 1785. Durée : 20’-24’.

Ahlström était un ami de Kraus, pianiste, compositeur et éditeur de musique à Stockholm. Une des premières partitions éditée après réception de son privilège royal accordé en 1788.

On lui reconnaît la succession de sept tempos : 1. Allegro moderato ; 2. Andante con variazioni ; Menuett ; Larghetto ; Andante ; Adagio ; 3. Allegro ma non troppo presto.

Selon certaines sources la partition fut envoyée comme cadeau à Maria Aloysia Ignaz von Born, fille d’un franc-maçon connu de Vienne, Ignaz von Born, que Kraus avait rencontré en 1773 pendant sa visite dans la capitale autrichienne.

Pour certains chercheurs la partition pour piano précéderait celle pour violon et piano.

Une des musiques les plus classiques du compositeur, en particulier dans le premier mouvement où l’on observe un bel équilibre entre une certaine virtuosité et l’exposé d’éléments lyriques. Il est encore loisible de déceler des traits rappelant ceux du futur Beethoven (développement parlando), rythmes doubles ou triples en arpèges, abord de tonalités éloignées…)

Le second mouvement est une longue série de variations sur un simple thème ondulant. La première variation offre une sonorité folklorique autrichienne ; les troisième, quatrième et cinquième variations sont d’abord deux menuets suivis par un Larghetto en si bémol mineur et un Adagio, dont le thème est vraiment lyrique. On rencontre davantage d’expressivité et de complexité technique dans la variation 7.

Le final abandonne les aspects virtuoses par endroits au profit de ralentissements très impressionnants. Le développement pourrait très bien figurer dans une sonate de Beethoven (notamment au niveau du travail harmonique). La sonate s’achève dans une ambiance virtuose opulente.

Son univers n’est pas comparable à celui de la grande Sonate en mi majeur. Il atteint un idéal d’équilibre classique, au langage traditionnel, trouvant son modèle chez les pianistes viennois.

VB 196.Sonate en mi majeur (1. Vivace, 2. Adagio, 3. Andante con variazione). Stockholm, composée en 1787-88 et publiée par Olof Åhlström (1788/89), avec VB195. D’une écriture audacieuse, cette œuvre pour piano monumentale s’impose comme l’une des plus notables de la période classique, elle annonce Beethoven tant sur le plan de la forme que de l’expressivité. Son Vivace initial, en ¾, de forme sonate, proche du dernier Haydn avec son flux concentré et ses audaces harmoniques. L’Adagio en la majeur est plus novateur et laisse entrevoir des perspectives nouvelles avec sa mélodie initiale chantante évoluant rapidement vers une formule plus débridée. Le finale est un Andantino reposant sur un thème suivi de sept variations au sein desquelles Kraus fait montre d’une réelle indépendance créatrice.

Œuvre novatrice et complexe, à la recherche d’une expressivité et d’une architectures nouvelles. Elle se subdivise en neuf parties pour une durée totale d’environ 28 minutes environ avec les tempos suivants : 1. Vivace ; 2. Adagio-Allegretto-Adagio ; 3. Andantino con variazioni ; Larghetto ma poco con moto ; Andante ; Moderato ; Adagio sostenuto ; Allegretto ; Andantino-Largo.

Caractères de l’œuvre : couleurs sombres, tonalités mineures, effet dramatique, amplitude des phrases. Le discours musical l’emporte sur la forme.

On évoque la Sonate au Clair de lune de Beethoven à l’écoute en un endroit bien précis. Œuvre unique pour l’époque, la fin du 18ème siècle. Elle anticipe le travail à venir du jeune Beethoven une dizaine d’années plus tard.

VB 197. Cinq Préludes Chorals pour orgue. Compositions pour orgue datant de la dernière année de vie du compositeur, soit 1792, destinées au service liturgique, pas de cohérence entre les morceaux, non exceptionnels.

Il en existe un enregistrement pour le piano, 1792, cinq parties : Andante en sol majeur ; Moderato en la mineur ; Andante en fa dièse mineur ; Moderato en do majeur ; Moderato en sol majeur. Durée totale : 4’30 environ.

 

3. Œuvres vocales

VB 198. Exercices pour soprano.

VB 199. Foekunnom Hoegt Hans Lof Och Magt en ut majeur, motet.

VB 200. Motets.

VB 202. Kleine quatro. Perdu.

VB 203. 6 Symphonies de Mannheim. Orchestre. Perdues.

VB 204. 6 Symphonies de Buchen. Orchestre. Perdues.

VB 205. Arias et motets. Perdus.

VB 206. 6 pièces pour piano. Perdues ; en fait volées par un capitaine au long court hollandais en 1778. Dépité le musicien écrira à ses parents le 10 septembre 1778 : « Il y a quelques semaines, on m’a joué un bien vilain tour qui m’a fortement contrarié. Je m’étais mis d’accord sur une certaine somme avec un capitaine hollandais pour une composition. Je l’ai jouée pour lui et son passager, un Russe… Le lendemain il est venu chercher les six pièces et a accepté la somme que j’en demandais. Je suis venu et le salaud était parti depuis la nuit précédente… Je m’en suis remis maintenant et je vais en produire d’autres».

VB 207. 6 Symphonies de Paris. Orchestre. Perdues.

VB 208. Ode à Horace. Perdue.

1 aria pour Visittimman (L’invité), pièce comique, d’après le Français Antoine Alexandre Henri Poinsinet, intitulée Le Cercle(1789).

1 aria pour Mexikanska systrarna (Les Sœurs mexicaines), pièce avec chansons, Sparrschöld, Stockholm, Bollhuset, 13 octobre 1789.

 

4. Suppléments

anh 1. Messe en mi mineur.

anh 2. Entracte pour Oefventyraren en la majeur

anh 3. Poeter prisa Moenga gäng en la majeur

anh 4. Lydia och arist en mi bémol majeur

anh 5. Polonaise pour orchestre en majeur

anh 6. Symphonie en ré majeur. ?

anh 7. Symphonie n° 1 en la majeur (Sigmaringen). Perdue.

anh 8. Symphonie n° 2 en sol majeur (Sigmaringen). Perdue.

anh 9. Symphonie n° 3 en mi bémol majeur (Sigmaringen). Perdue.

anh 10. Symphonie n° 4 en ut majeur (Sigmaringen). Perdue.

anh 11. Symphonie n° 5 en ré majeur (Sigmaringen). Perdue.

anh 12. Concerto pour trompette et orchestre. Perdu.

anh 13. Variations pour trompette et orchestre. Perdues.

anh 14. Trio pour clavier, flûte et violoncelle en ut majeur

anh 15. Rondo capriccio pour clavier en sol majeur.

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