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Meg Stuart, portrait intime

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Paris. Centre Georges Pompidou. 4/II/15. Meg Stuart / Damaged Goods : Hunter. Chorégraphie et interprétation : Meg Stuart. Dramaturgie : Jeroen Peeters. Conception sonore : Vincent Malstaf. Scénographie : Barbara Ehnes. Costumes : Claudia Hill. Lumières : Jan Maertens. Vidéo : Chris Kondek.

hunter_-_iris_janke_4Pour la première fois en plus de vingt ans de carrière, la chorégraphe se livre dans un long solo, personnel et intime.

C’est par son enfance de petite fille américaine, bercée par les comics et les jeux vidéos, que commence ce portrait sensible. Elle le poursuit en montrant l’adolescente rebelle et tonique qui exprime sa rage et son impatience en gestes saccadés, brutaux. Pour , qui a quitté les Etats-Unis au début des années 90 pour créer et s’installer en Belgique, l’enfance semble être davantage une blessure qu’un épanouissement. On entend parfois dans la bande-son les mots de divorce, de mort, de pardon…

Comme d’autres chorégraphes de sa génération, Meg Stuart est marquée autant par les super héros (Superwoman) que par l’art contemporain (Andy Warhol, Cindy Sherman, Louise Bourgeois…) mais se les approprie de manière plus vivante et plus émouvante que Jeff Koons, l’artiste exposé muséalement au même moment au 6ème étage du Centre Pompidou. Parfois, elle se pare d’attributs : une robe tente en patchwork de tissu, une coiffe ethnique ornée de longs cheveux, mais sans insister ni se cacher derrière ces personnages artificiellement créés.

hunter_-_iris_janke_2_Des films familiaux, des images d’archives et des objets familiers dessinent la toile de fond de ce solo sonorisé comme un dessin animé. Le décor (parquet de bois clair, panneaux épinglés de laine feutrée ou hauban de tubes de cuivre) agit pour la chorégraphe comme une cabane protectrice. Dans le travail gestuel, très précis, qui relie le visage aux mains, puis au reste du corps, on retrouve la matière brute de ses premières pièces, Disfigure study ou No Longer Readymade, basées sur la découverte de la moindre parcelle de sa peau.

Au bout d’une heure de spectacle, Meg Stuart change de posture et prend la parole, dans une forme de confession franche et sincère. Rétrospectivement, on comprend alors les images vues précédemment : les souvenirs d’enfance, la relation à la mère, la mort du frère, l’attrait pour les deux sexes, la timidité, la mémoire physique ou la personnalité cahotique. Commencée avec Casper le fantôme, source d’inspiration à danser, le spectacle s’achève avec Yoko Ono, source d’inspiration à chanter.

Crédit photographique : © Iris Janke

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Paris. Centre Georges Pompidou. 4/II/15. Meg Stuart / Damaged Goods : Hunter. Chorégraphie et interprétation : Meg Stuart. Dramaturgie : Jeroen Peeters. Conception sonore : Vincent Malstaf. Scénographie : Barbara Ehnes. Costumes : Claudia Hill. Lumières : Jan Maertens. Vidéo : Chris Kondek.

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