Prades aux Champs-Elysées, premier épisode

Concerts, La Scène, Musique de chambre et récital

Paris, Théâtre des Champs-Elysées. 05-II-2015. Wolfgang Amadeus Mozart (1756-1791) : Quintette avec clarinette en la majeur K581 ; Johannes Brahms (1833-1897) : Quintette à cordes nº 2 en sol majeur op. 111 ; Antonín Dvořák (1841-1904) : Quintette avec piano nº 2 en la majeur op. 81. Michel Lethiec, clarinette ; Nobuko Imai, alto ; Jean-Philippe Collard, piano ; Quatuor Talich : Jan Talich, violon I ; Roman Patočka, violon II ; Vladimir Bucac, alto ; Petr Prause, violoncelle.

jean-philippe_collard@raudel_romero_11Comme chaque année, le Festival de Prades fait souffler l’esprit de la musique de chambre sur le Théâtre des Champs-Elysées. Pour ce premier concert, trois quintettes sont réunis autour du .

Pour le Quintette K581 de Mozart, le est associé au directeur du Festival de Prades, . Timbres moelleux et fusionnés, entente parfaite : on retrouve les qualités qui ont fait le renom du Quatuor, par delà les changements de titulaires. Une matière riche, mais où circule la vie. Ce Mozart chante et respire. A la clarinette, , lui aussi parfaitement maître de sa sonorité, s’attache à feutrer celle-ci, sauf dans le Larghetto, où il fait ressortir les harmoniques des notes graves, du « chalumeau ». Lorsqu’une phrase est répétée, il la redonne pianissimo : ça n’apporte pas grand chose, mais l’effet est joli.

Avec Brahms, et l’alto de , le son d’ensemble se fait encore plus nourri et plus dense, mais à aucun moment il ne semble se forcer. L’exemple le plus frappant en est la phrase initiale du violoncelle : dominant l’épaisseur de la pâte sonore, s’y montre plein d’aisance et de noblesse. L’Adagio profite lui de la chaleur de l’alto de . On pourrait sans doute souhaiter plus de véhémence à certains moments, mais il y a des passages de suspension superbement réussis (le début du développement du premier mouvement, la fin du second). Le troisième mouvement se signale par la finesse de touche, le quatrième par la vivacité.

Dans le Quintette de Dvořák, le son de quatuor est de nouveau très sensible : il faut dire que le piano superbement timbré de s’en détache avec le plus grand relief. Le faste et la noblesse de l’expression sont constants, mais l’énergie commune est aussi admirable. Cela donne une Dumka et un Furiant particulièrement bien menés, avant un finale dont l’enthousiasme n’est pas la moindre qualité. N’est-ce pas, après tout, l’essentiel de l’esprit de Prades, depuis plus de 60 ans ?

Crédit photographique : © Raudel Romero

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