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Rachmaninov à la fête avec Valery Gergiev

Concerts, La Scène, Musique symphonique

Paris. Philharmonie de Paris. 22-II-2015. Sergueï Rachmaninov (1873-1943) : Concerto pour piano et orchestre n°2 en ut mineur op.18 ; Symphonie n°1 en ré mineur op.13. Denis Matsuev, piano. London Symphony Orchestra, direction : Valery Gergiev.

LSO_Matsuev_22022015_cdherouville (29b)Coïncidence ou pas de la programmation, la Philharmonie de Paris accueillait coup sur coup trois des plus grandes formations symphoniques de la planète, Berlin, Amsterdam et ce soir le , sous la direction de leur chef titulaire qui, dans les trois cas, sont à quelques mois de la fin définitive de leur mandat.

Ayant choisi un programme entièrement Rachmaninov, dont la peu populaire Symphonie n°1 il est vrai à côté du sur-populaire Concerto n°2, les programmateurs avaient peut-être pris un risque, mais il fut payant et fit salle comble. Pour autant le concert commença mal à nos oreilles chatouilleuses car le pianiste fit ce qu’à notre avis on ne doit jamais faire, jouer deux œuvres différentes en moins de quinze secondes. En l’occurrence plaquer les accords introductifs pianissimo poco a poco crescendo froidement, sans expression, très statiques, sans aucun lien avec le con pasione qui enchaîne immédiatement. La suite fut bien sûr plus cohérente, brillante mais pas toujours idéale car plus d’une fois on surprit le pianiste à se laisser séduire par une mise en avant de la pure virtuosité digitale au détriment de la ligne musicale. Cela pénalisa sans doute plus le premier mouvement que le dernier, même si la conception resta constante, le finale Allegro scherzando se satisfaisant mieux de cette vision éclatante et extravertie, même si elle le fut un peu trop par moment, que le Moderato initiale qui ne l’était plus tant que ça expressivement. Et si nous n’avons rien dit encore sur l’orchestre, c’est que tout roulait à merveille de son côté, et qu’avec une conception un peu plus sobrement romantique du pianiste, nous aurions eu un superbe concerto.

Ce que fut à l’évidence l’interprétation de la Symphonie n°1 qui suivit, où le chef, ne se posant pas tant de question sur la qualité intrinsèque de cette partition, y mordit à pleine dents et joua le jeu à fond, avec un LSO plein de couleur, chaleureux, dynamique et précis. S’il ne parvint pas à faire disparaitre les faiblesses de cette partition, rappelons-le reniée et détruite par le compositeur après sa création, puis reconstitués bien des années plus tard à partir du matériel d’orchestre qui, lui, était resté intact, il réussit sans conteste à en mettre en lumière ses meilleurs moments et à nous rendre cette écoute plaisante et même intéressante malgré les longueurs et un niveau d’inspiration par moment assez moyen.

Crédit photographique : Concert du 22 février 2015 © Philharmonie de Paris

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