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Bach par le trio Musica Humana

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Paris. Cathédrale Notre-Dame. 24-II-2015. Samuel Scheidt (1587-1654) : Magnificat SSWV 140-148 ; Johann Sebastian Bach (1685-1750) : cantates BWV 131 et 196 ; extraits du Magnificat BWV 243 ; Fuga super il magnificat BWV 733 ; choral Jesu bleibet meine Freude extrait de la cantate BWV 147. Isabelle Savigny, soprano ; Trio Musica Humana : Yann Rolland, contreténor ; Martial Pauliat, ténor ; Igor Bouin, baryton ; Jean-Luc Ho, orgue.

jean-luc_ho_BernardDupouyDans le cadre majestueux de la cathédrale Notre-Dame de Paris, les interprètes proposent un programme autour de deux cantates de Bach. Un choix plus audacieux qu’il n’y paraît, et finalement discutable.

Le trio masculin et la soprano Isabelle Savigny, issus de la maîtrise de Notre-Dame, ainsi que le claveciniste et organiste , ont choisi comme pièces maîtresses du concert deux cantates de jeunesse de Bach. Écrites à Mühlhausen en 1707-1708, elles sont parmi les plus anciennes du maître qui nous soient parvenues. Dépourvues de récitatifs, elles ne sont pour autant ni plus simples ni moins belles que les autres, et partagent avec elles cette caractéristique fondamentale : leur instrumentation était précisément définie dès le moment de leur composition. Le dispositif de ce soir, un orgue positif accompagnant quatre chanteurs, ne rend pas complètement la beauté de ces partitions.

Plus que l’absence de chœur, suppléé à tour de rôle par les chanteurs, on regrette l’absence des instruments à cordes et, pour la cantate Aus der Tiefen rufe ich, Herr, zu dir (BWV 131), du hautbois et du basson. L’ouverture de cette dernière est méconnaissable, bien que l’organiste restitue partiellement les parties des instruments qui font défaut. Dans l’air « So du willst, Herr, Sünde zurechnen », le hautbois manque vraiment, de même que le violoncelle dans « Meine Seele wartet auf den Herrn », et c’est d’autant plus dommage que respectivement et les habitent et les interprètent de fort belle manière. Dans la cantate Der Herr denket an uns (BWV 196), le magnifique air de soprano « Er segnet, die den Herrn fürchten » souffre énormément de l’absence du violon solo, et la voix, fort agréable, agile et joliment timbrée dans tous les registres d’Isabelle Savigny, n’en est pas pour autant mise en valeur.

De manière générale, la nef de Notre-Dame semble trop grande pour cette formation. L’espace n’est pas vraiment rempli, les paroles sont parfois difficiles à distinguer, et les subtilités contrapuntiques de ces partitions nous échappent en bonne partie. Pourtant, les chanteurs font preuve d’une grande musicalité et d’un sens collectif évident.

Le concert prend plus de relief lorsque se place à la console de l’orgue de chœur. La clarté du son et les variations de registres font mieux oublier l’orchestre dans les extraits du Magnificat. Mais a une voix bien faible dans l’Esurientes ; c’est mieux dans l’Et misericordia en duo avec .

Finalement, le plus convaincant aura peut-être été la pièce d’ouverture, un magnificat pour orgue de Scheidt, à l’orgue de chœur, dont la voix de choral est chantée depuis le fond du chœur. On apprécie alors pleinement la simplicité du cantus firmus et le raffinement du contrepoint.

Crédits photographiques : Jean-Luc Ho © Bernard Dupouy

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Paris. Cathédrale Notre-Dame. 24-II-2015. Samuel Scheidt (1587-1654) : Magnificat SSWV 140-148 ; Johann Sebastian Bach (1685-1750) : cantates BWV 131 et 196 ; extraits du Magnificat BWV 243 ; Fuga super il magnificat BWV 733 ; choral Jesu bleibet meine Freude extrait de la cantate BWV 147. Isabelle Savigny, soprano ; Trio Musica Humana : Yann Rolland, contreténor ; Martial Pauliat, ténor ; Igor Bouin, baryton ; Jean-Luc Ho, orgue.

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