Schubert et Widmann à Berlin, octuors en miroir

La Scène, Musique de chambre et récital

Berlin. Philharmonie (Salle de musique de chambre). 8-III-2015. Franz Schubert (1797-1828) : Octuor D. 803 ; Jörg Widmann (né en 1973) : Octuor. Christian Tetzlaff, Christophe Horak, violon ; Amihai Grosz, alto ; Ludwig Quandt, violoncelle ; Matthew McDonald, contrebasse ; Wenzel Fuchs, clarinette ; Stefan Dohr, cor ; Daniele Damiano, basson.

Christian-Tetzlaff-©-Giorgia-BertazziFaire de la musique de chambre est une respiration presque indispensable pour les musiciens d’orchestre : ceux de l’ s’y consacrent avec enthousiasme, en compagnie de , leur invité permanent cette saison.

Avec comme chance supplémentaire de pouvoir faire venir les solistes les plus prestigieux pour dialoguer avec eux, ils proposent un programme consacré aux octuors de Schubert et Widmann, qui ont le grand mérite de faire dialoguer cordes et vents. Impossible, dans un tel programme, de jouer au prince en sa cour, si tant est que Tetzlaff en ait jamais eu la tentation : le choix des œuvres, à lui seul, dit que c’est bien une communautés d’égaux qui occupe la scène.

L’Octuor de Schubert fait partie de ces œuvres qui, produites en pleine période du classicisme viennois, n’en finissent pas de fasciner par leur irréductible originalité, tant dans la forme que dans le discours, et il n’est que logique de voir la fascination qu’il peut susciter chez , qui en a souvent joué la partie de clarinette (il est ce soir dans le public) : si, dans l’usage abondant des modes de jeu ou certains figuralismes, l’écriture de Widmann s’y reconnaît immédiatement, le parfum schubertien y est certes discret et intermittent, mais il imprègne véritablement toute l’œuvre. Widmann écrit beaucoup, peut-être trop, mais ses meilleures œuvres – dont celle-ci – font toujours un grand effet.

On a pu se convaincre en France de l’extraordinaire qualité de chambristes des musiciens berlinois, notamment à l’occasion d’un beau cycle de quintettes à la salle Pleyel. Ici, dans l’atmosphère à vrai dire guère plus intime de la Salle de musique de chambre de la Philharmonie, et dans un exercice qui n’est pas si loin de la plénitude symphonique (c’est Schubert qui le dit !), l’impression n’est pas très différente. Le premier mouvement de l’œuvre de Schubert semble prendre certains musiciens à froid, mais la suite est de la musique de chambre pure, avec une gestion de la dynamique d’un parfait naturel, des effets de timbre toujours justement calculés, et un primus inter pares qui, une fois de plus, séduit par sa hauteur de vue et son soin extrême du son.

Crédits photographiques : © Giorgia Bertazzi

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