Concerts, La Scène, Musique symphonique

La « Music Factory » de l’OPRL, didactique et ludique à la fois

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Liège. Salle philharmonique. 06-V-2015. Darius Milhaud (1892-1974), Le Bœuf sur le toit, op. 58; extraits d’œuvres de Leonard Bernstein, Léo Delibes, Gioachino Rossini, Wolfgang Amadeus Mozart, Ludwig van Beethoven, Jacques Offenbach. Orchestre Philharmonique Royal de Liège , direction et présentation : Fayçal Karoui.

karoui photo Marc RogerL’OPRL a une solide expérience des concerts commentés.  La série de concert « Music Factory » choisit de changer d’angle de vue en consacrant chaque séance à une émotion, un sentiment, que le chef d’orchestre illustre d’exemples musicaux. Thème de ce soir: la joie!

L’ouverture de Candide, célèbre opérette de Bernstein installe de manière immédiate la thématique de la séance. Elle permet également au chef d’orchestre- orateur de déjà distiller quelques notions de théorie de la musique de façon légère et amusante. Notamment en expliquant ce qu’est un canon à trois voix. D’abord en invitant le public divisé en trois groupes à entonner un air simple à son signal… Ensuite en mettant en évidence la présence de ce procédé au centre de l’ouverture de Bernstein. (directeur musical de l’Orchestre de Pau Pays de Béarn) se révèle une baguette alerte et emporte de l’orchestre liégeois une amplitude dynamique jubilatoire, renforcée par un bel équilibre entre pupitres.

Du Brésil où il séjourné deux années, a su absorber ce qui fait la substance de la culture musicale du pays, construite de rythmes complexes et enivrants. Son Boeuf sur le toit en est une belle évocation, puisque reposant entièrement sur la mélodie brésilienne O boi no telhado (« Le bœuf sur le toit ») , omniprésente dans la composition. Au travers de ces pages, l’orchestre apparait légèrement moins en verve qu’en ouverture de concert. Les multiples variations rythmiques de la partition absorbant visiblement une grande partie de l’attention des musiciens au détriment de l’énergie de l’ensemble. La palette dynamique nous a également parue moins généreuse. Fayçal Karoui a néanmoins su capter toute l’attention de l’audience, en complétant l’exécution musicale d’explications sur la polytonalité (Milhaud superposant par instant jusqu’à quatre lignes mélodiques différentes) ou encore en rappelant que ce sont les rythmes syncopés sur rythme binaire qui font le charme d’une habanera.

D’autres extraits sont venus compléter ce concert pédagogique, dont le mérite est assurément de présenter le répertoire classique de manière décontractée mais pertinente. L’Hymne à la joie (dans un arrangement excluant chœur et solistes signé Karajan) s’intégrait de manière évidente dans la suite de ce programme. Les Pizzicati issus du Ballet Silvia de Delibes, le Cancan d’Orphée aux Enfers d’Offenbach, mais surtout une très réussie ouverture de la Pie Voleuse de Rossini ont achevé de faire de cette soirée un sympathique succès.

Crédit photographique : Faycal Karoui ()

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Liège. Salle philharmonique. 06-V-2015. Darius Milhaud (1892-1974), Le Bœuf sur le toit, op. 58; extraits d’œuvres de Leonard Bernstein, Léo Delibes, Gioachino Rossini, Wolfgang Amadeus Mozart, Ludwig van Beethoven, Jacques Offenbach. Orchestre Philharmonique Royal de Liège , direction et présentation : Fayçal Karoui.

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