Coups de cœur aux Musicales de Bagatelle

Festivals, La Scène, Musique de chambre et récital

Orangerie des jardins de Bagatelle. 23-V-2015.
« Papa, Maman, Bébé » : œuvres interprétées par Romain Leleu, trompette ; Quatuor Morphing : Matthieu Delage, Christophe Grèzes, Anthony Malkoum, Eddy Lopez, saxophones ; Trio Jazz Fabien Ruiz, claquettes, Michel Van Der Esch, piano, Olivier Rivaux, contrebasse.
« Hommages et mémoires » : œuvres interprétées par Laurent Korcia, violon ; Armelle Khourdoïan, soprano ; Trio Karénine : Fanny Robilliard, violon, Louis Rodde, violoncelle, Paloma Kouider, piano ; Saténik Khourdoïan, violon ; Astrig Siranossian, violoncelle ; Pierre-Yves Hodique, piano.

Ruiz PhotoDidier Pallagès obligatoirePour sa 8e édition, les Musicales de Bagatelle restent fidèles à leur mission : des concerts de qualité avec des jeunes artistes talentueux. La soprano et la violoncelliste ont été particulièrement mises en valeur, avec un coup de cœur pour le sympathique .

Depuis la première édition de 2008, rien n’a changé aux Musicales de Bagatelle : la Fondation d’entreprise Groupe Banque Populaire confie toujours à la direction artistique du festival autour de concerts thématiques, où un ancien bénéficiaire de la fondation parraine ses jeunes cadets en jouant avec eux. Le cadre magnifique des jardins de Bagatelle ajoute sensiblement à l’agrément de la manifestation.

Pour la première journée, les deux concerts proposés ont des thèmes pour le moins contrastés. Celui de l’après-midi « Papa, Maman, Bébé » porte assez mal son nom car il ne s’agit pas d’une activité d’éveil musical, mais d’un vrai concert, d’une durée d’une heure. Trop long pour la foule de bambins dont les parents ont eu bien du mal à canaliser l’attention… et ce dès les premiers accords. qui faisait l’ouverture s’est trouvé ainsi projeté dans une atmosphère de cour de crèche. Le danseur de claquettes Fabien Ruiz avec ses compères au piano et la contrebasse et le jeune quatuor de saxophones Morphing ont eu le bénéfice d’être prévenus et le talent de savoir composer avec ce public un peu particulier. Coup de cœur pour le et son énergie positive de bande de copains qui savent allier plaisir festif et bon goût musical.

Le concert du soir était beaucoup plus dramatique dans son projet, puisqu’il entendait commémorer les 100 ans du génocide arménien avec une sélection de jeunes artistes et de compositeurs d’origine arménienne. Noble intention qui ne fut pas aboutie, car ni  ni Michel Aguilar, le Président de la Commission des Droits de l’Homme au Conseil de l’Europe n’y firent allusion dans leurs propos introductifs. En évitant toute référence aux « événements » de 1915, M. Aguilar a su éviter un triple incident diplomatique que la Turquie n’aurait pas manqué de créer auprès du Conseil de l’Europe (dont elle est un des 47 États membres), du Groupe Banque Populaire et de la Mairie de Paris.

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Restait donc pour célébrer l’Arménie les talentueuses artistes d’origine arménienne, la soprano dans d’émouvantes mélodies du prêtre arménien (né en Turquie ottomane en 1869 et mort en France 1935), la violoniste et la violoncelliste (avec Pierre-Yves Hodique au piano) dans le solide Trio en fa dièse mineur (1953) d’, compositeur arménien né en 1921 durant la brève indépendance de l’Arménie de 1919 à 1921, et mort à Moscou en 1983. Exil en France ou assimilation à Moscou, ces deux destins de créateurs arméniens témoignaient assez de la contribution artistique de l’Arménie et de ses tourments. Sur le plan strictement musical, les deux pièces d’ (1880-1959), la Prière jouée avec beaucoup d’émotion et d’intensité par Astrig Siranossian et Nigun mise en valeur avec une maîtrise souveraine par resteront dans les mémoires de ce concert mémoriel quelque peu… amnésique.

Crédits photographiques : Fabien Ruiz (c) Didier Pallagès ; Astrig Siranossian (c) Tashko Tasheff

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