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Orfeo ed Euridice de Gluck  : consécration pour Franco Fagioli

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Christoph Willibald Gluck (1714-1787): Orfeo ed Euridice, opéra en trois actes. Avec: Franco Fagioli, Orfeo; Malin Hartelius, Euridice; Emmanuelle de Negri, Amore; Choeurs Accentus. Orchestre Insula sur instruments d’époque. Direction Laurence Equilbey. 2 CD Archiv Produktion. Référence: 4795315. Enregistré en avril 2015. Durée : 2h05.

 

téléchargementSortie de l’enregistrement de la version viennoise de 1762 de l’opéra Orfeo ed Euridice  (en italien donc, créée à l’époque pour le castrat Gaetano Guadagni) de , avec , un  jalon dans la carrière d’un contre-ténor incontournable.

En effet, ce double CD, témoin de représentations en avril 2015, met en vedette le fabuleux dans un répertoire bien à l’opposé de ses rôles qui lui ont permis d’accéder à une reconnaissance internationale. Jusqu’alors, et quand bien même quelques incursions dans les cantates baroques, ce sont les rôles opératiques très brillants qui lui ont autorisé de faire valoir la brillance du timbre, une technique imparable (très proche de celle utilisée par Cecilia Bartoli) et une présence parfois excessive, à tout le moins superlative. Aborder donc un rôle plus épuré et où la ligne prévaut dans le phrasé musical l’amène donc à se recentrer sur l’apparente simplicité des lignes vocales et à faire valoir de nouveaux aspects de son talent. Ce qui frappe est avant tout le timbre, très singulier, aux inflexions de contralto, mais dont on sait que déborder sur la tessiture de soprano lui est également facile : il en résulte une façon de timbrer la voix assez éloignée des artifices habituels des contre-ténors, ce qui est assez fascinant dans la qualité des harmoniques et la tenue vocale. Il parvient également à se contenir dans la douleur et ne verse pas dans l’excès, ce qui aurait été déplorable dans ce répertoire qui touche au sublime quand il est intériorisé. Un très bel équilibre entre les différents registres vient parachever cette voix surprenante et qui trouve pour lui, dans cette période musicale, un bel épanouissement.

et , dans les rôles secondaires d’Amore et d’Euridice amènent un équilibre charmant, chacune dans leur tessiture, mais ne peuvent forcément qu’être qu’éclipsées par la suprématie du chanteur argentin.

Les chœurs sont admirablement conduits et offrent une trame au dénouement avec une tension dramatique assez juste. Pour ce qu’il en est de la direction de , on aurait pu aimer qu’elle soit un peu plus équilibrée ; il y manque un rien de rondeur ou de brillance, mais, elle n’entrave en rien les exploits du héros principal qui fait ployer devant lui l’Amour, les Enfers et nous avec.

 

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Christoph Willibald Gluck (1714-1787): Orfeo ed Euridice, opéra en trois actes. Avec: Franco Fagioli, Orfeo; Malin Hartelius, Euridice; Emmanuelle de Negri, Amore; Choeurs Accentus. Orchestre Insula sur instruments d’époque. Direction Laurence Equilbey. 2 CD Archiv Produktion. Référence: 4795315. Enregistré en avril 2015. Durée : 2h05.

 
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  • Jean-Marie Navarro

    Je n’ai pas de mot. Franco Fagioli est tout simplement renversant. Lors de la 1e écoute, heureuse et tardive rencontre accidentelle dans les mornes méandres télévisuels, j’ai pensé : il chante comme Callas. Depuis que le disque tourne en boucle, je ne renie pas cette assertion : ou à tout le moins, il me provoque les mêmes chavirements. Le reste est « très bien dans l’ensemble », mais que serait-ce sans lui ?

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