Rentrée de la Maîtrise Notre-Dame de Paris

Concerts, La Scène, Musique d'ensemble

Paris, Cathédrale Notre-Dame. 06-X-2015. Leonard Bernstein (1918–1990) : Chichester Psalms ; Morten Lauridsen (né en 1943) : O magnum Mysterium ; Joshua Shank (né en 1980) : Musica animam tangens ; David MacIntyre (né en 1952) : Ave Maria ; Samuel Barber (1910-1981) : Agnus Dei ; Eric Whitacre (né en 1970) : Lux aurumque ; Yves Castagnet (né en 1964) : Psaumes 26, 18 et 115. Anne Riquebourg, harpe ; Steve Clarenbeek-Gennevée, percussions ; Yves Castagnet, orgue ; Jeune Chœur de Paris et Maîtrise Notre-Dame de Paris, direction : Henri Chalet.

CastagnetUn programme intéressant et varié, qui réunit le et la .

« Trouver un son commun avec ces deux ensembles qui ne se connaîtront que depuis un mois » : ainsi le chef résume-t-il le défi du concert de rentrée de sa Maîtrise, qui accueille donc le . On peut dire que le pari est réussi, même si, sans faire préjudice à l’excellence des chanteurs, on ne retrouve pas le relief et la cohésion de la Maîtrise à leur niveau habituel. Le , on le sait, émane du CRR de Paris, et cela explique sans doute que certaines voix, surtout chez les sopranos, paraissent plutôt formées pour le chant lyrique et tranchent par leur puissance. Entendu de près, cela déséquilibre les tutti quand la nuance dépasse le forte.

Outre que cette imperfection n’est gênante que par moments, elle n’enlève rien à l’intérêt d’un programme qui explore le motet nord-américain. N’est-ce pas une des écoles les plus vivaces pour le genre choral, depuis plus d’une cinquantaine d’années ? Surtout, il y a, dans cette musique, que l’on peut regarder comme doucereuse et rétrograde, une qualité d’écriture dont la musique chorale ne peut se passer, et qui donne un fort beau résultat quand le talent de l’artisan supplée à l’audace du compositeur.

Et dirige bien cette musique. Il se garde de toute affectation dans Lauridsen et Whitacre, et il donne, avec un détail soigné, vie à cette éloquence mystique et néo-Renaissance. Il sculpte la parole humaine dans les nappes contemplatives. Il est vrai aussi qu’il s’adapte avec pragmatisme à des contraintes qu’on ne peut guère oublier. Dans le premier des Chichester Psalms, où il faut bien 70 voix pour contrebalancer le grand orgue, il adopte un tempo suffisamment modéré et marqué pour obtenir ordre et clarté. Cependant, la joie, composante essentielle de cette œuvre dans laquelle Bernstein danse sur les plates-bandes de Britten, est sensible, tout comme la tendresse du second mouvement (avec un excellent solo de Floriane Hasler). C’est le même souci de clarté qui explique certainement un Agnus Dei assez allant pour un « adagio » (car c’est bien cette célèbre pièce de Barber dans une adaptation pour chœur), mais bien modelé.

Riches en énergie, les psaumes d’, titulaire de l’orgue de chœur de la Cathédrale, complètent le programme : ils se placent avec humilité dans la tradition liturgique française et ne manquent pas de beauté. L’interprétation des choristes et du compositeur en restitue l’urgence et la lumière.

Crédits photographiques : © Petrus

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