Airs et musique instrumentale d’Albinoni

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Tomaso Albinoni (1671-1751) : sinfonia extraite de Zenobia ; air « Vien con nuova orribil guerra », extrait de la Statira ; air « Quel sembiante e quel bel volto », extrait de l’Incostanza schernita » ; concerto a cinque op.5 n°5 en la mineur ; airs « Ristoro degli afflitti », « Se premio alla costanza » et « Il mio crin su l’alto soglio », extraits de l’Eraclea ; airs « La mia gloria e l’amor mio », « La mia sorte vo’ conoscere » et « Vedrem se possa mio brando invitto », extraits de le Gare generose ; Sinfonia SI 7 en sol mineur ; airs « Se avessi più d’un core » et « Doppo tetra e tenebrosa », extraits d’Ardelinda. Avec : Ana Quintans, soprano. Concerto de’ Cavalieri, direction : Marcello Di Lisa. 1 CD Deutsche Harmonia Mundi. Enregistré en mars 2013 à l’auditorium Parco della Musica de Rome. Notice de présentation quadrilingue (anglais, français, allemand, italien). Durée : 55’44’’

 

AlbinoniÀ la tête de son Concerto de’ Cavalieri, poursuit son exploration d’airs baroques italiens peu connus. Célébré pour sa musique instrumentale, Albinoni se montre tout autant à l’aise dans le domaine de la musique vocale.

Quatrième volet de l’ambitieux « Baroque Project » mené par Sony et Deutsche Harmonia Mundi, le présent volume affiche une sélection d’arias de , enregistrés pour la quasi-totalité en première mondiale. Les trois précédents albums étaient successivement dédiés à Scarlatti, Pergolesi, puis Vivaldi. De la cinquantaine d’opéras dus à la plume d’Albinoni, seul Zenobia Regina dei Palmireni, dont l’ouverture figure en début de programme, nous est parvenu dans son intégralité. Pour les autres, c’est quelquefois une poignée d’airs qui ont été retrouvés ici et là, éparpillés dans diverses bibliothèques d’Italie ou d’ailleurs. On ne se fera donc pas une idée très précise de la construction dramatique des ouvrages lyriques du compositeur vénitien, essentiellement connu pour sa musique instrumentale, d’autant plus que le texte de présentation ne nous dit rien sur la contextualisation générale des opéras en question. On n’en appréciera pas moins la qualité intrinsèque de pièces souvent brillantes, parfois davantage remarquables pour leur contrepoint et leur accompagnement orchestral que pour la conduite de la ligne vocale. Que l’on écoute le solo de trompette de l’air extrait de la Statira ou encore l’envoûtante partie de flûte qui illumine un des trois airs de le Gare generose, il apparaîtra assez clairement que chacun de ces morceaux se suffit à lui-même, frappant l’oreille par sa construction interne, davantage il est vrai menée par une orchestration réellement excitante que par les dessins mélodiques confiés à la voix, plutôt convenus. Dans ce contexte, les pièces purement instrumentales sont particulièrement bienvenues.

Peut-être ce décalage entre parties vocale et orchestrale est-il dû à l’interprétation, qui de toute évidence met en avant le jeu énergique, nuancé et toujours pertinent des instrumentistes de l’ensemble Concerto de’ Cavalieri. À leur tête, le chef italien confère à la musique d’Albinoni toute la fougue et l’éclat qui la caractérisent. Sur le plan vocal, la valeureuse soprano ne démérite à aucun moment, et la jeune cantatrice portugaise se montre professionnelle dans le chant élégiaque tout comme dans la vocalise et le chant orné. La monochromie de son timbre, tout comme le manque de variété dans l’expression, ne lui permettent pas cependant de donner à ces pièces l’individualité dont elles auraient besoin pour retenir véritablement l’attention. Les récitals destinés à faire découvrir des airs oubliés du répertoire gagneraient fortement à être défendus par des personnalités vocales plus marquées.

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