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À Paris, une vraie performance du pianiste Roger Muraro

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Paris, Théâtre des Champs-Élysées, 29-XI-2015. Robert Schumann (1810-1856), Scènes de la forêt op. 82 ; Franz Liszt, Symphonie fantastique SW 470, d’après Hector Berlioz (1803-1869), Symphonie fantastique op. 14a. Roger Muraro, piano.

Roger-Muraro-Portrait-Alix-Laveau_22Le théâtre des Champs-Élysées est comble pour ce concert du dimanche matin. Autour d’un programme des plus attirants, Schumann et Berlioz/Liszt servis par . Le pianiste a donné une prestation époustouflante, mais sans parvenir toujours à créer un climat véritablement fantastique et poétique.

Le concert s’ouvre par les Scènes de la forêt de . Chaque pièce est bien caractérisée, voix chantantes et traits ciselés, rythmes bien rendus. Peut-être manque-t-il un soupçon de poésie ou même de cette atmosphère un peu fantastique, propre aux contes allemands, qui imprègne certaines des pièces de la suite de Schumann. Ainsi de l’admirable « Oiseau-prophète », dont l’interprétation par Clara Haskil est sans doute insurpassable.

Cette même réserve, on peut aussi la formuler à propos de la remarquable prestation de dans la monumentale transcription que fit de la Symphonie fantastique de Berlioz. C’est d’ailleurs grâce à cette transcription que l’œuvre de Berlioz fut connue dans toute l’Europe, bien avant les concerts avec orchestre. Roger Muraro, qui s’est souvent illustré dans les œuvres les plus difficiles techniquement, notamment dans le répertoire contemporain, semble presque se jouer de cette partition dont certains passages sont pourtant réputés « injouables ». Il domine totalement son sujet et le clavier, en un véritable feu d’artifice, très maîtrisé, joué de surcroît entièrement par cœur.
C’est à une performance, à un tour de force que l’on assiste et le pianiste sera ovationné par le public. On regrette pourtant de ne pas toujours sentir le caractère fantastique de l’œuvre : on admire, mais on ne frissonne pas, ni de peur, ni assez souvent d’émotion musicale. D’autant que la sonorité du pianiste, celle aussi sans doute du Steinway, sont un peu froides et métalliques, surtout dans tous les fortissimi imposés par cette transcription.

Il n’en reste pas moins que ce concert marque un moment important dans la carrière du pianiste ; et qu’il faut se réjouir de la mise à disposition d’une œuvre qui permet d’approfondir aussi bien la connaissance de Berlioz ou Liszt que celle d’une époque.

Crédits photographiques : Roger Muraro © Deutsche Grammophon – 2011 / Alix Laveau

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Paris, Théâtre des Champs-Élysées, 29-XI-2015. Robert Schumann (1810-1856), Scènes de la forêt op. 82 ; Franz Liszt, Symphonie fantastique SW 470, d’après Hector Berlioz (1803-1869), Symphonie fantastique op. 14a. Roger Muraro, piano.

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