Cantique par l’Orchestre Musique des Lumières

À emporter, CD, Musique symphonique

Cantique. Max Reger (1873-1916) : Quatre Poèmes symphoniques d’après Arnold Böcklin, op. 128, pour grand orchestre ; Ernest Bloch (1880-1959) : Schelomo, rhapsodie hébraïque pour violoncelle et grand orchestre ; Andreas Pflüger (né en 1941) : Pitture, pour violoncelle et grand orchestre. Estelle Revaz (violoncelle) ; Orchestre Musique des Lumières, direction Facundo Agudin. 1 CD NEOS. Enregistré à La Chaux-de-Fonds, les 2 et 3 février 2015. Notice trilingue : allemand, anglais, français. Durée : 70’55.

 

cantique_neosUn exemple de « transfert de la matière d’inspiration », ou « comment une forme d’art peut en inspirer une autre… »

On lira avec intérêt le texte de présentation du chef d’orchestre helvético-argentin reliant les trois œuvres interprétées par l’ à des références picturales suisses, sous le titre de Cantique.

Ainsi l’Allemand – dont la réputation repose maintenant sur son impressionnant corpus dédié à l’orgue  – apparaît-il avec un de ses chefs-d’œuvre orchestraux : les Quatre Poèmes symphoniques d’après Arnold Böcklin (1913) richement orchestrés sous forme d’une musique néo-baroque et néo-romantique démontrant la puissance et la coloration d’une orchestration luxuriante. La référence annoncée au peintre suisse Arnold Böcklin (1827-1901) constitue une source d’inspiration non négligeable mais toutefois non indispensable à l’appréhension de ce bijou orchestral.

Dans le cadre du titre générique choisi, ne pouvait être ignoré. Sa partition la plus célèbre – à juste titre d’ailleurs – trouve logiquement sa place. Schelomo, rhapsodie hébraïque pour violoncelle et grand orchestre (1916) ne saurait laisser indifférent tant son intériorité et sa force émotionnelle mais aussi ses élans de révolte parcourent une interprétation très réussie où la soliste suisse défend ardemment et avec grande sensibilité cette œuvre bouleversante et d’une véracité indéniable. Si ces deux musiques donnent toute leur saveur et leur grandeur avec la participation d’un orchestre symphonique étoffé et puissant, plus imposant en somme, plus luxuriant (Neeme Järvi, Chandos, 1980 ou encore Hans Schmidt-Isserstedt, Acanta, 1967), l’Orchestre du Festival Musique des Lumières (créé en 2004) en réalise, avec soixante musiciens, par le biais d’une option autre, une très belle lecture même si davantage ténue et diaphane.

Ce CD offre également l’occasion d’entrer en contact avec , compositeur suisse, né à Bâle en 1941, avec son œuvre intitulée Pitture (Image) pour violoncelle et grand orchestre de 2014, ici en premier enregistrement mondial. Nous faisons connaissance avec une robuste musique expressionniste non dépourvue de virile tendresse. Le texte de présentation indique là aussi ses liens avec la peinture et ses retentissements sur la création musicale. « Nous sommes tous en quête d’inspiration », écrit justement Agudin qui promet deux autres CD inspirés par la même démarche.

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