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La compagnie Antonio Gadès : folklorité déroutante

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Paris. Casino de Paris. 5-XII-2015. Suite Flamenca, ballet pour 16 danseurs , 3 chanteurs et 2 guitaristes. Musique : Antonio Solera, Antiono Gades, Ricardo Freire. Carmen, ballet pour 16 danseurs , 3 chanteurs et 2 guitaristes. Scénographie: Antonio Saur. Solistes: Maria José Lopez, Alvaro Madrid, Jairo Rodriguez. Chorégraphie : Antonio Gades, Compagnie Antonio Gades.

La très belle compagnie de flamenco , dirigée par Stella Arauzo, revient cette année à Paris avec un programme composé de deux pièces.

Antonio GadèsVenue il y a trois ans au Palais des Congrès, la troupe présente cette année un spectacle en deux parties dont la première est une reprise de la Suite Flamenca. C’est un véritable témoignage du style d’, fruit de l’union entre le flamenco traditionnel qui perdure en Andalousie et la patte imprimée par le chorégraphe.

Constituée de six tableaux, on assiste à une véritable master class de tous ces pas fameux du flamenco, ce qui en constitue son langage habituel, avec une touche de félinité et d’aridité assez caractéristique, où la mélancolie le dispute à une certaine notion de fierté dans le maintien, ce qui finalement résume la position de l’homme par rapport à ses congénères; on se montre puissant, autoritaire, voire macho, et jusque dans les limites imposées par les lois physiques, le rapport au sol est défié : si l’on ne s’envole pas comme dans un ballet classique, on frappe le sol et on s’intègre dans la matière elle-même, comme pour ne faire plus qu’un.

La deuxième partie, bien plus longue en durée que la première, est un ballet à part entière inspirée de la célèbre nouvelle de Prosper Mérimée. L’impression reste plus nuancée; les transpositions des espagnolades, tout comme les autres pochades dont le XIXe siècle était friand, ne sont généralement pas heureuses quand elles retrouvent la terre d’origine de leur inspiration. Carmen par des ibériques, et pis encore par des andalous, est une sorte de contresens, puisqu’on en retire la saveur pour tenter d’y instiller de l’authenticité. Dans la chorégraphie d’Antonio Gadès, cela donne un rythme d’une lenteur insoutenable qui exige trop de concentration pour une action assez réduite et les tableaux s’allongent indéfiniment, d’autant plus que les détails de la nouvelle sont entièrement retranscrits et sont peu lisibles en l’état (l’épisode de Don José en prison est par exemple totalement incompréhensible). Vouloir coller à un certain réalisme (comme affubler Carmen de sa belle robe rouge) tout en transposant l’action dans un cours de flamenco heurte l’homogénéité du groupe, et on ne saisit plus tellement les intentions des danseurs.

C’est toutefois sans compter sur la puissance de la troupe qui se démène pour donner une belle consistance, et, en dépit des choix des pièces, notre esprit saisit toute l’émotion de cette chanteuse plantureuse qui se lance dans une bulerìa enflammée, dans le souffle court de l’effort mais dans la beauté de l’engagement tout entier du corps et de l’âme.

Crédit photographique : Suite Flamenca © Javier del Real

 

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Paris. Casino de Paris. 5-XII-2015. Suite Flamenca, ballet pour 16 danseurs , 3 chanteurs et 2 guitaristes. Musique : Antonio Solera, Antiono Gades, Ricardo Freire. Carmen, ballet pour 16 danseurs , 3 chanteurs et 2 guitaristes. Scénographie: Antonio Saur. Solistes: Maria José Lopez, Alvaro Madrid, Jairo Rodriguez. Chorégraphie : Antonio Gades, Compagnie Antonio Gades.

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