Gerd Schaller : nouvelle pierre à son intégrale Bruckner

À emporter, CD, Musique symphonique

Anton Bruckner (1824-1896) : Symphonie n° « 0 ». Philharmonie Festiva, Gerd Schaller (Direction). 1 CD Profil Hänssler. Référence CD PH15035. Enregistré en mars 2015 à Bad Kissingen. Notice de présentation en: allemand, anglais. Durée : 43’29’’

 

51keJP8pIRLBientôt parvenu au terme d’une intégrale Bruckner marquée par les choix de variantes inédites dans les symphonies n° 3 et n° 8 comme par l’enregistrement d’une version complétée de la n° 9, se penche sur les premiers essais symphoniques du maître de Saint-Florian ; mais avec une « n° O » un peu trop sage. Il lui manque la fougue et la grandeur des meilleurs défenseurs de cette page difficile, que Barenboïm ou Chailly ont su autrement mettre en relief.

Animateur du festival d’Ebrach qui, chaque année, programme une ou plusieurs symphonies de Bruckner avec un orchestre réuni pour la circonstance, le chef arrive au terme d’une intégrale remarquable par ses choix éditoriaux. Des neuf grandes symphonies, il a en effet enregistré des versions réalisées par le musicologue américain William Carragan, qui nous ont révélé des variantes inédites particulièrement dans les symphonies n° 3 et n° 8.

En 2015, Schaller a exécuté en concert la « n° O » en mars, puis la symphonie d’étude en fa mineur et la Messe n° 3, deux événements dont nous attendons l’enregistrement. En 2016, il envisage de rejouer la n° 9 avec sa propre version du finale… C’est dire si ce musicien est un défenseur ardent du maître de Saint-Florian.

Mais l’érudition ne garantit pas toujours l’éloquence musicale et sa lecture de la « n° O » manque, malgré des tempos plutôt vifs, de la tension que lui ont imprimée des musiciens comme Barenboïm (DG) ou Chailly (Decca), à notre sens les meilleurs interprètes d’une partition difficile car encore un peu hybride stylistiquement ; c’est sans doute d’ailleurs la prise de conscience de ce caractère encore inabouti du langage qui a poussé Bruckner à renier l’œuvre en lui mettant ce fameux « zéro » qui est devenu son nom… Il faut un chef ardemment convaincu pour unifier et emporter la partition dans un grand geste recréateur sans occulter l’enthousiasme d’un compositeur encore jeune lorsqu’il écrivait (Bruckner avait quarante-cinq ans ce qui compte tenu de sa maturité tardive était en effet relativement jeune). Là sont sans doute les limites de l’approche trop timide de Gerd Schaller. On regrettera de plus la brièveté de ce CD que l’unique ouverture, autre partition d’apprentissage, de Bruckner aurait judicieusement complétée.

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