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Géante symphonie n° 13 de Pettersson par Lindberg

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Allan Pettersson (1911-1980) : Symphony n° 13. Orchestre symphonique de Norrköping, direction : Christian Lindberg. 1 SACD BIS-2190. Notice en anglais, allemand, français. Enregistré à Norrköping en janvier 2015. Durée: 66’46.

 

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allanpettersson13-lindberg, couronné « Artiste de l’année 2016 » des International Classical Music Awards (ICMA), poursuit son ascension héroïque des massifs symphoniques d’ avec la Symphonie n°13, qui en constitue un des sommets. Fidèle à sa manière, le chef galvanise les musiciens suédois pour faire ressortir les aspects lumineux et lyriques d’une œuvre qui est un avant tout un cri de rage, Mais d’une rage purifiante et, in fine, triomphante.

Cinquième livraison du «  Project » de Christian Lindberg avec l’, qui vise à achever l’intégrale du label Bis des symphonies de Pettersson, voici la plus rageuse et ambitieuse de toutes, la Symphonie n° 13. Créée à Bergen en Norvège en 1978, sa création en Suède, dans la patrie du compositeur, n’interviendra qu’en septembre 2014 à Norrköpping, soit 38 ans plus tard ! Ce ne sera pas le moindre mérite de ce projet que d’avoir mis un terme à cette lacune embarrassante pour la Suède.

La discographie de l’œuvre se résumait jusqu’alors à un unique et bon enregistrement par Alan Francis et le BBC Scottish Symphony Orchestra (CPO), et à nouveau Christian Lindberg s’impose par sa capacité à éclairer la musique de Pettersson. Comme pour la Symphonie n°9, la seule autre des 15 symphonies à dépasser la durée d’une heure, la comparaison est possible avec Alun Francis et montre comment Lindberg arrive à alléger une matière orchestrale qui peut vite paraître touffue sur le plan instrumental et émotionnel. Les fameuses « îles lyriques » qui apparaissent comme autant d’oasis merveilleuses dans une traversée éprouvante arrivent ici plus tardivement dans cette symphonie que dans les autres, mais la récompense est au bout du voyage. Pettersson, c’est de la rage, mais de la rage galvanisante.

Compréhension intime du compositeur, travail acharné, énergie inépuisable et souci de mettre en avant les qualités chambristes des musiciens, telles sont les caractéristiques de la direction de Christian Lindberg. Le sombre et éternel révolté qu’était Allan Pettersson s’opposait de manière véhémente à l’idée qu’il s’apitoyait sur son propre sort. Quand on connaît sa biographie faite de combat contre la pauvreté, la maladie et pour le droit à être libre dans sa musique, c’est effectivement le cliché le plus facile et erroné sur sa musique. Lindberg, qui a en commun avec Pettersson d’être au départ un grand musicien soliste, mais dont la personnalité solaire et communicative est en totale opposition avec celle du compositeur, a des qualités parfaites pour (ré)concilier Pettersson avec les musiciens et son public.

Les Symphonies n°1, 2, 6 et 9 ayant déjà été publiées, la prochaine sera la n°14, ensuite il ne restera plus que la n°12 (avec des chœurs) et en apothéose la n°7 (la plus célèbre) à enregistrer. On voit déjà avec regret poindre la fin de ce voyage, sauf à ce que la pluie de récompenses de la presse internationale qui s’est abattue sur les enregistrements déjà parus donne aux musiciens l’énergie de poursuivre cette exceptionnelle collaboration.

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Allan Pettersson (1911-1980) : Symphony n° 13. Orchestre symphonique de Norrköping, direction : Christian Lindberg. 1 SACD BIS-2190. Notice en anglais, allemand, français. Enregistré à Norrköping en janvier 2015. Durée: 66’46.

 
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  • Martin Antoine

    A Pettersson avait une polyarthrite rhumatoide contre laquelle il a lutté toute sa vie, forme sévère avec une atteinte rénale qui devait l’emporter au bout de beaucoup d’années de douleurs .
    Musique apre mais également remplie d’énergie et le très beau texte ci dessus résume bien la problématique d’AP .

  • Michel LONCIN

    Une partition FONDAMENTALE, non seulement de Pettersson, mais de la musique du XXème siècle … l’équivalent, pour tout auditeur du XXIème siècle, de ce qu’ont signifié, pour les contemporains respectifs, la 6ème Symphonie de Mahler ou la 4ème Symphonie de Chostakovitch !!!

    Une partition singulièrement difficile à analyser !!! Il semblerait que, du thème « Signal » du début, revenant sous divers « habillage harmoniques et instrumentaux, à la structure même de la symphonie, tout soit fondé sur le nombre d’or …

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