Quatuor avec piano de Berlin : deux classiques et Schnittke

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Gabriel Fauré (1845-1924) : Quatuor avec piano n° 1 en do mineur op. 15 ; Alfred Schnittke (1934-1998) : Quatuor avec piano en la mineur ; Johannes Brahms (1833-1897) : Quatuor avec piano n° 1 en sol mineur op. 25. Berlin Piano Quartet. 1 CD RCA Red Seal 88875175552. Enregistré au Kleiner Sendesaal des RBB Berlin en mai 2015. Notice bilingue : anglais-allemand. Durée : 78’22.

 

berlin_PQLe Quatuor avec piano de Berlin compte quatre musiciens du plus haut standing puisque solistes, chambristes et membres de l’. Avec de telles références, la garantie d’une exécution remarquable semble presque acquise.

Et à l’écoute pas l’ombre d’un doute. Le confirme régulièrement ses belles qualités depuis sa première apparition à la Philharmonie de la capitale allemande en décembre 2014. Son répertoire retient les œuvres de Mozart, Brahms et Schumann mais s’étend jusqu’à Martinů et Bridge. Pour ce CD RCA, ils ont choisi deux partitions justement célèbres ; le Quatuor avec piano n° 1 en sol mineur de présenté au public de Hambourg en novembre 1861 avec au clavier et le Quatuor avec piano n° 1 en do mineur que Gabriel Fauré composa entre 1876 et 1879 et créa lui-même à la Société Nationale de Paris en février 1880 avant d’entreprendre une révision trois ans plus tard. Les musiciens  soulignent le lyrisme et la volupté des mouvements lents, sans s’abandonner au larmoiement, et confirment leur virtuosité, leur noble respiration, leur qualité narrative et leur éloquence dans les mouvements rapides. Face à une concurrence aussi abondante que sévère, ils se placent parmi les meilleures versions disponibles sur le marché.

Un grand moment dénué de concession

La dernière œuvre chronologiquement revient au compositeur russe d’origine allemande qui élabora son Quatuor avec piano en la mineur (noté Allegro) en 1988. On y trouve, confrontée à un langage âpre et austère, rugueux et décharné, la traduction d’une sorte de déracinement spirituel de la modernité. La situation humaine et politique de son pays natal, chaotique et cruelle, trouve là une introduction à la fois douloureuse et transcendée. Un grand moment dénué de concession, cadeau de celui « qui [de tous] est promis à la plus longue survie, comme le plus grand classique de la fin du XXe siècle », ainsi que l’affirme le musicologue André Lischke, spécialiste de la musique russe.

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