bandeau RES MUSICA

Le nouvel orgue de Radio France : visite guidée

orgue_rf_façade

Le nouvel auditorium de Radio France inauguré en 2014 se dote d’un grand orgue de prestige qui sera lui inauguré officiellement trois semaines. Grâce à l’accueil et l’enthousiasme de Jean-Michel Mainguy, Directeur de production et des antennes à Radio France, une visite guidée nous a permis de découvrir cet orgue futuriste et hors du commun.

Il était prévu dans le projet initial de conserver dans l’auditorium l’un des deux orgues existant dans les studios 103 et 104. Toutefois, le ministère de la culture et de la communication a demandé finalement que cet orgue soit retiré du projet en 2006, les deux orgues ont alors été cédées pour 1 € symbolique en 2007, l’un à l’église Sainte Jeanne d’Arc de Versailles, l’autre à la cathédrale de Lille. En 2008, le ministère de la culture (avec entre temps un nouveau ministre) est revenu sur cet arbitrage en demandant que l’auditorium de Radio France soit doté d’un orgue. C’est chose faite pour un coût d’achat de 1,59 M€ HT mais un total avoisinant les 5 M€ en raison des « tergiversations de l’État » et « des incidences de son installation sur l’aménagement de la salle, des études complémentaires de la maîtrise d’œuvre et des travaux supplémentaires », selon un rapport de la Cour des comptes d’avril 2015.

La France avait depuis longtemps pris du retard en matière de salles de concerts dotées d’un grand orgue, capable de proposer des récitals ou de se mêler aux orchestres et aux chœurs. Seul l’auditorium Maurice Ravel à Lyon renferme l’orgue qui fut jadis celui du Trocadéro, puis du palais de Chaillot à Paris. Ce retard est désormais comblé, puisque coup sur coup, la capitale voit arriver deux orgues : l’un à la Philharmonie, l’autre dans l’auditorium de Radio France.

Ce lieu est déjà en activité depuis de longs mois, mais on avait différé l’arrivée du nouvel orgue pour des raisons techniques, car il était difficile au facteur d’orgue de travailler simultanément avec le chantier de la salle elle-même.
Dès 2007, un appel d’offre reposant sur un cahier des charges bien précis avait été lancé et c’est le facteur allemand Gerhard Grenzig installé en Catalogne qui fut finalement choisi. Un comité d’organistes parmi les plus compétents avait préalablement été formé pour discuter du projet. Placé dans une niche en tribune face au chef, le nouvel orgue s’étale sur 12 mètres de long et 12 mètres de large, pour un poids de 30 tonnes. Il comprend 87 jeux correspondant à 5320 tuyaux, répartis sur 4 claviers et pédalier.

L’orgue comprend deux consoles, point de départ de toutes les commandes (claviers et tirage de jeux), l’une à traction mécanique en fenêtre proche de l’orgue, l’autre à commande électrique proportionnelle (Toucher sensitif) et mobile, sur la scène, à l’usage des concerts avec orchestre ou chœurs. Les consoles peuvent être utilisées simultanément afin de permettre à deux organistes de jouer en même temps.

L’esthétique de l’instrument est fondée sur une base de type classique avec un enrichissement de jeux de type symphonique permettant d’aborder le répertoire le plus large. L’orgue est doté de trois boîtes expressives, correspondant à trois des plans sonores (Solo, Récit et Positif), capables de moduler séparément l’intensité sonore par l’ouverture et la fermeture de volets. Les plans de Grand Orgue et de Pédale sont traités de manière habituelle, le clavier de Solo présente des jeux à haute pression, les tubas, typiques de la facture anglaise. Les mixtures, ensembles de petits tuyaux capables de reproduire des harmoniques supérieures sont classées par octaves ou quintes séparément, ce qui est nouveau en matière de facture d’orgue. Cette disposition favorise l’accord de l’orgue et de l’orchestre. L’une de ces mixtures, la cymbale, est transposable. L’ensemble de l’orgue comprend donc 7 plans sonores distincts : Grand-orgue, Récit expressif, Positif expressif, Solo expressif, Solo haute pression expressif, Chamade et Pédalier.

L’orgue a été imaginé en tenant compte des volumes de l’auditorium. Dans cette salle, l’acoustique a été pensée pour que le son circule et se réfléchisse grâce à des parements de bois sur les balcons et à des poly-cylindres situés à l’arrière des gradins. Le plafond, quant à lui, a été équipé d’une lentille réfléchissante appelée canopy, afin d’optimiser la propagation et la réflexion acoustiques.

On attend avec grande impatience l’inauguration officielle durant le week-end de l’orgue en France, du 7 au 9 mai 2016.

Crédit photographique : (c)  Christophe Abramovitch

Banniere-ClefsResmu-ok

Mots-clefs de cet article
Reproduire cet article : Vous avez aimé cet article ? N’hésitez pas à le faire savoir sur votre site, votre blog, etc. ! Le site de ResMusica est protégé par la propriété intellectuelle, mais vous pouvez reproduire de courtes citations de cet article, à condition de faire un lien vers cette page. Pour toute demande de reproduction du texte, écrivez-nous en citant la source que vous voulez reproduire ainsi que le site sur lequel il sera éventuellement autorisé à être reproduit.