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Tingaud dirige d’Indy : un Français chez les Allemands ?

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Vincent d’Indy (1851-1931) : Symphonie n°2 en si bémol majeur op. 57 ; Souvenirs op. 62 ; Istar op. 42 ; Fervaal : prélude Acte I. Royal Scottish National Orchestra, , direction : Jean-Luc Tingaud. 1 CD Naxos. Enregistré au Henry Wood Hall, Glasgow, Ecosse du 28 au 30 juillet 2015. Notice bilingue : français-anglais. Durée : 80’03

 

tingaudMême si n’a que peu enregistré, un bref parcours de sa discographie nous montre un attachement évident à la musique française teinté de non-conformisme quant au choix des programmes : compositions de Rosenthal – dont il a été l’élève – un Dukas et un Bizet remarquables, des œuvres symphoniques de William Sheller, La Périchole d’Offenbach, Sapho de Massenet…

Dernière aventure musicale sur support dur : la seconde symphonie de Vincent d’Indy agrémentée de poèmes symphoniques : Souvenirs, Istar ; l’ouverture de l’opéra Fervaal complète le tout. Cette fois aux commandes de l’inépuisable , il confirme de nouveau s’il en était besoin qu’il faut désormais suivre de près ce chef confirmé né en 1969. Il a su éviter le piège interprétatif tendu par d’Indy : admirateur de la musique germanique (il a été à la première du Ring à Bayreuth) « adaptée » au goût français, son écriture abondante deviendra vite sur-abondante et épaisse sous une baguette trop généraliste attachée aux effets. Tringaud éclaircit au contraire le texte, met en lumière les structures, les thèmes, équilibre le rapport vents-cordes. Cela deviendra vite passionnant dans la grande fresque de la Symphonie n° 2, de moins grande renommée que la Cévenole. Les couleurs chatoyantes de certains passages, la brillance d’autres sont toutes maîtrisées pour nous raconter quelque chose. Les parties les plus neutres, notamment et curieusement le II de la symphonie, ont toutefois le mérite d’attiser un intérêt par le travail sur la pâte sonore. Le grand poème symphonique Souvenirs, émouvant exutoire artistique écrit après le décès brutal de son épouse est presque la pièce majeure du disque. Quasi vingt minutes durant lesquelles Tingaud ne fléchit jamais et conduit les sentiments dramatiques dans un grand souffle lyrique. Les variations symphoniques Istar ont ceci de particulier qu’elles sont des variations à l’envers : le thème ne se découvre dans toute sa simplicité qu’à la fin. Là encore, le chef garde à l’esprit un fil d’Ariane thématique d’une clarté exemplaire. La courte ouverture de Fervaal clôt avec simplicité l’ensemble.

Ajoutons à cela un livret en français très détaillé dans l’analyse des œuvres qui met à la portée de tous le style d’écriture de celui que l’ont considère souvent à tort comme un professeur argenté qui se passait le temps en écrivant de la musique.

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Vincent d’Indy (1851-1931) : Symphonie n°2 en si bémol majeur op. 57 ; Souvenirs op. 62 ; Istar op. 42 ; Fervaal : prélude Acte I. Royal Scottish National Orchestra, , direction : Jean-Luc Tingaud. 1 CD Naxos. Enregistré au Henry Wood Hall, Glasgow, Ecosse du 28 au 30 juillet 2015. Notice bilingue : français-anglais. Durée : 80’03

 
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