L’ensemble Nevermind brille avec Bach et Telemann

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Paris. Auditorium du musée du Louvre. 6-X-2016. Georg Philipp Telemann (1681-1767) : Concerto en sol majeur TWV 43:G1 extrait des Quatuors parisiens ; Quatuor en mi mineur TWV 43:e4 extrait des Nouveaux Quatuors parisiens ; Johann Sebastian Bach (1685-1750) : Amen amen ! Komm du schöne Freudenkrone, extrait de la cantate « Nun komm, der Heiden Heiland » BWV 61 ; Sonate pour flûte et violon en sol majeur BWV 1039. Ensemble Nevermind : Anna Besson, traverso ; Louis Creac’h, violon ; Robin Pharo, viole de Gambe ; Jean Rondeau, clavecin.

quatuor_nevermindL’amateur de musique baroque ne peut qu’être comblé par la programmation de l’Auditorium du Louvre en cette rentrée. Ce midi, il accueille le jeune .

Ce quatuor traverso, violon, viole de gambe et clavecin inscrit son programme dans la saison Telemann qui s’ouvre en ce moment, puisqu’on fêtera en 2017 les 250 ans de sa mort. et ses acolytes ont choisi d’ouvrir par un Quatuor parisien de la première série, publiée à Hambourg en 1730, et de fermer par un de la seconde série, publiée lors du séjour de Telemann à Paris en 1737-1738. Le premier est très italien par sa structure et son esprit, et on jurerait, dans les motifs arpégés au premier mouvement, entendre du Corelli. De la première à la dernière note, on admire la précision, le phrasé intelligent et soigné et le son bien travaillé d’ au traverso, de Louis Creac’h au violon et de à la viole de gambe. L’ensemble a beaucoup de relief, et au clavecin, qui, dans une telle partition, semble incapable d’un continuo au rabais, n’y est pas étranger.

Le second quatuor est dans l’esprit français, avec ses six mouvements notés PréludeGai, Vite etc. Là encore les musiciens sont impressionnants de naturel et de justesse. Dans le Prélude, ils osent l’emphase appuyée de l’ouverture à la française. Dans le Gai, les trois instruments de dessus s’approprient à merveille le curieux procédé consistant à finir les phrases commencées par les autres, selon toutes sortes de combinaisons. Le Modéré final, vraie petite pièce à soi toute seule, est bien rendu dans sa densité et son foisonnement. En définitive, le côté inventif, facétieux, ludique de la partition convient parfaitement à ce jeune ensemble.

Entre les deux quatuors de Telemann, est mis à l’honneur , son contemporain et ami, souscripteur des Nouveaux quatuors parisiens. Une transcription du choral final de la cantate BWV 61 est suivie de la sonate en trio BWV 1039. Hasard du calendrier, nous avons pu entendre celle-ci pas plus tard que la semaine précédente à la Cité de la Musique. Cette fois-ci, la salle est plus adaptée à la musique de chambre, et la présence de la flûte et de la viole favorisent un résultat plus en souplesse et en sérénité. On apprécie particulièrement les mouvements de tension et de détente dans l’Allegro ma non presto, pris en effet pas trop vite, l’animation qui gagne peu à peu les quatre instrumentistes dans l’Adagio e piano, dans les motifs ascendants de quatre doubles croches, et l’énergie toute en finesse du Presto final. Il s’agit là d’une prestation très convaincante, de celles où l’on pardonne de bon gré au violoniste ses cordes sensiblement détendues au dernier mouvement.

Avec cette heure de musique de très bonne qualité, la salle, comble, a de quoi applaudir chaleureusement ce jeune ensemble, déjà auteur cette année d’un premier disque remarqué de quatuors français de la première moitié du XVIIIe siècle (Conversations chez Alpha).

Crédits photographiques : © France 3 culturebox

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