Danse , La Scène, Spectacles Danse

À Lyon, Première mondiale de la Grande Fugue de Lucinda Childs

Plus de détails

Lyon. Opéra. 17-XI-2016. Trois Grandes Fugues. Musique : Ludwig van Beethoven. Die grosse Fuge, op. 133.
Grande Fugue. Chorégraphe : Lucinda Childs. Pièce pour 12 danseurs. Le 17 : Jacqueline Bâby. Kristina Bentz. Edi Blashmi. Noëllie Conjeaud. Tyler Galster. Sarkis Grigoriane. Ludovick le Floc’h. Graziella Lorriaux. Chiara Paperini. Leonis Puppo Guillem. Raul Serrano Nùnes.
Die grosse Fuge. Chorégraphie : Anne Teresa De Keersmaeker. Pièce pour 8 danseurs. Kristina Bentz. Noëllie Conjeaud. Tyler Galster. Samuel Colbey. Albert Nikolli. Paul Vezin. Leonis Puppo Guillen. Raul Serrano Nùnes.
Grosse Fugue. Chorégraphe : Maguy Marin. Pièce pour 4 danseuses. Julia Carnicer. Coralie Levieux. Graziella Lorriaux. Amandine Roque de la Cruz.

lucinda-childs-grande-fugueÀ l’Opéra de Lyon, trois chorégraphes pour des méditations physiques sur la Grande Fugue de Beethoven : danser en majesté (), investir le cœur de la musique (), s’ouvrir au monde ().

Beethoven qualifiait ainsi la Grande Fugue : « tantôt libre, tantôt recherchée ». Un profond cheminement dans l’écriture musicale que trois reines de la danse contemporaines ont tenté d’explorer au plus près des corps méditatifs : les corps dansants, dansés, transfigurés par la danse, ici en l’occurrence ceux des danseurs hors pair du .

Danser en bleu grisé ou gris bleuté, six hommes et six femmes en équilibre sur la ligne d’horizon.

a dansé pour Merce Cunningham et reprend de lui des phrasés reconnaissables ; cependant elle module la vrille de sa voix propre en lissant, polissant, et féminisant, à temps une danse qui se figerait par ailleurs, si un peu de vie ne lui était pas insufflée. Rien n’est laissé au hasard ici, tout est rigueur et rêve bleuté, il en résulte un beau tableau classique au cœur du contemporain, qui s’efface vite comme les rêves trop polis.

die-grosse-fuge-anne-teresa-de-keersmaekerS’élancer, Respirer, Chuter, Relancer dans le sens inversé du naturel au galop, Méditer, Se hisser.

Quand la fugue démarre et que les huit danseurs s’élancent, deux femmes, c’est presque nouveau, au tout début elles étaient absentes de cette interprétation qu’ voulait exclusivement masculine. Il en reste les costumes noirs d’homme que chaque danseur revêt puis tombe, la veste, la retourne au sens figuré quand la danse dans ses mouvements naturels s’inverse. Et que les virtuoses du caméléonage se coulent dans le phrasé propre à d’une invasion de la musique par la danse ou de la danse par la musique. C’est selon mais c’est indiscernable tant la signature d’ATDK est novatrice, pure, sublime toujours : ça vrille, ça fuit, ça revient, ça vit, ça s’arrête un peu quand la musique devient silence, se délasse, pense, et repart avec une grâce, qui transporte loin quelque part dans l’achevé et l’éternité du parler voyant de Beethoven.

Noir sur blanc, c’est la couleur que propose la grande fugue méditée par . Jour, nuit, lune solaire. Une pure merveille dans la nuit, pas une étoile filante cette fois. Plutôt celle du berger.

 

maguy-marin

même combat : danser pour exister et faire vivre sur la fugue ici grosse, s’il en est, fine en fait.

Quatre femmes en jupe-t-shirt ou robe rouge ou/et orangé s’emparent délicatement de la fugue, tout en pied qui hésite et part vers la gauche imperceptiblement, tout en force, tout en finesse, c’est une percée magistrale dans l’inconscient du compositeur écrivant la grande fugue. Un triomphe silencieux, un hymne à la féminité et à  la joie.

Crédit photographique : Grande Fugue – Lucinda Childs © Opéra de Lyon ; Die Grosse Fuge – Anne Teresa de Keersmaeker © Opéra de Lyon ; Grosse Fugue de Maguy Marin © Stofleth (2016)

NDRL : En raison de grèves techniques ce soir-là à l’Opéra, seuls les décors de Dominique Drillot – dirigeant également lumière et costumes – pour Grande Fugue de Lucinda Childs, étaient  déjà en place et donc visibles. Ceux des pièces suivantes, d’ATDK et de Maguy Marin, étaient absents, ce qui n’a guère perturbé leur pur rendu, une reprise pour ces dernières, entrées au Répertoire de l’Opéra de Lyon en 2006, et créées respectivement en 1992 et 2001.

 

 

Plus de détails

Lyon. Opéra. 17-XI-2016. Trois Grandes Fugues. Musique : Ludwig van Beethoven. Die grosse Fuge, op. 133.
Grande Fugue. Chorégraphe : Lucinda Childs. Pièce pour 12 danseurs. Le 17 : Jacqueline Bâby. Kristina Bentz. Edi Blashmi. Noëllie Conjeaud. Tyler Galster. Sarkis Grigoriane. Ludovick le Floc’h. Graziella Lorriaux. Chiara Paperini. Leonis Puppo Guillem. Raul Serrano Nùnes.
Die grosse Fuge. Chorégraphie : Anne Teresa De Keersmaeker. Pièce pour 8 danseurs. Kristina Bentz. Noëllie Conjeaud. Tyler Galster. Samuel Colbey. Albert Nikolli. Paul Vezin. Leonis Puppo Guillen. Raul Serrano Nùnes.
Grosse Fugue. Chorégraphe : Maguy Marin. Pièce pour 4 danseuses. Julia Carnicer. Coralie Levieux. Graziella Lorriaux. Amandine Roque de la Cruz.

Mots-clefs de cet article
Reproduire cet article : Vous avez aimé cet article ? N’hésitez pas à le faire savoir sur votre site, votre blog, etc. ! Le site de ResMusica est protégé par la propriété intellectuelle, mais vous pouvez reproduire de courtes citations de cet article, à condition de faire un lien vers cette page. Pour toute demande de reproduction du texte, écrivez-nous en citant la source que vous voulez reproduire ainsi que le site sur lequel il sera éventuellement autorisé à être reproduit.