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Découvertes et redécouvertes avec Thierry Maeder aux Invalides

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Paris. Invalides, salle Turenne. 12-XII-2016. Johann Jakob Froberger (1616-1667) : motets Alleluia absorpta est et Apparuerunt apostolis ; Antonio Bertali (1605-1669) : oratorio La Strage degli Innocenti. Élèves des départements de musique ancienne et des disciplines vocales du Conservatoire national supérieur de Musique et de Danse de Paris, direction : Thierry Maeder

garciaLes élèves du département de musique ancienne du CNSMD de Paris, sous la direction de leur professeur , sont les invités du Musée de l’Armée pour un programme rare, en lien avec l’exposition en cours sur les guerres secrètes.

La salle Turenne des Invalides, ancien réfectoire aux murs de pierre et au haut plafond de bois, récemment ouvert à la musique, se révèle un cadre idéal pour la musique religieuse de deux figures du milieu du XVIIe siècle : Froberger, envoyé par l’empereur Ferdinand III en mission à travers l’Europe, et son « collègue » Bertali, maître de chapelle du même monarque. , qu’on a vu récemment dans du Froberger instrumental, a choisi les deux seuls motets qui nous soient restés de ce compositeur, de courtes pièces pour soprano, ténor et basse accompagnés, peut-être composés à Rome. De fait, le premier, Alleluia absorpta, fait penser à Frescobaldi. Mais au-delà, c’est une musique d’une puissance et d’une richesse remarquables que nous donnent à entendre les jeunes musiciens. Ceux-ci font corps avec beaucoup d’assurance et de musicalité, et offrent une très bonne introduction au plat de résistance du concert.

L’oratorio d’, La Strage degli Innocenti, dont il s’agirait ce soir d’une première française selon Thierry Maeder, raconte de manière très romancée l’épisode biblique du massacre des Innocents. Dans la première partie de cette œuvre très opératique, Hérode converse avec ses conseillers, tandis que la seconde donne la parole aux mères éplorées ou révoltées. Assez verbeux, le texte développe des thèmes tragiques, sanglants et macabres, parfois en décalage avec une musique qui, pour faire preuve d’une certaine retenue, n’en est pas moins par moment légère.

Doté d’une voix de basse puissante et bien timbrée, campe un Hérode bien en place, solide dans la déclamation comme dans les mélismes dont ses quelques airs sont parsemés. Un timbre plus uni dans les passages aigus et une expressivité plus assurée semblent être ses principaux points de progression. Le ténor étonne par la clarté de son timbre dans les aigus et semble promis à un bel avenir. Tout comme le contreténor , en registre d’alto, qui, de sa voix chaleureuse et d’une bonne puissance pour ce registre, chante successivement et avec réussite un conseiller et une mère. Les deux sopranos ont de belles voix claires et expressives. se laisse plus volontiers aller à un léger vibrato, tandis que se distingue plus par la précision de ses intentions et une certaine puissance dans l’émission. Mais au-delà des qualités individuelles, les meilleurs moments sont quand ces voix s’expriment ensemble, notamment dans le poignant « Piangete occhi, piangete » des trois mères, et dans le chœur final réunissant les cinq chanteurs. De manière générale, la grande qualité dans le rendu des textes est également à souligner.

Au premier plan, les musiciens font eux aussi déjà preuve d’une grande maturité, que ce soit le claviériste , qui passe du clavecin à l’orgue positif avec aisance, à la basse de violon et au basson, agiles et attentifs, ou les deux violonistes, et , précis et décontractés.

Crédits photographiques : © Jeunes Talents ; Une, Thierry Maeder © Musée de l’Armée – Invalides

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Paris. Invalides, salle Turenne. 12-XII-2016. Johann Jakob Froberger (1616-1667) : motets Alleluia absorpta est et Apparuerunt apostolis ; Antonio Bertali (1605-1669) : oratorio La Strage degli Innocenti. Élèves des départements de musique ancienne et des disciplines vocales du Conservatoire national supérieur de Musique et de Danse de Paris, direction : Thierry Maeder

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