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Résurrection d’un Requiem à la mémoire de Louis XVI

À emporter, CD, Musique d'ensemble

Sigismund Neukomm (1778-1858) : Marche funèbre et Miserere ; Requiem à la mémoire de Louis XVI. Clémence Tilquin, soprano ; Yasmina Favre, mezzo-soprano ; Robert Getchell, ténor ; Alain Buet, baryton ; Chœur de Chambre de Namur, La Grande Ecurie et la Chambre du Roy, direction : Jean-Claude Malgoire. 1 CD Alpha. Enregistré en janvier 2016. Durée : 61’43.

 

neukomm_requiemEnième première mondiale qui peut éventuellement se justifier historiquement parlant mais ne bouleverse en rien l’histoire de la musique : un requiem de circonstance donné en grande pompe lors du Congrès de Vienne, le 21 janvier 1815, en hommage au roi Louis XVI, guillotiné à Paris vingt-deux ans auparavant.

C’est néanmoins ce que propose Alpha avec cette parution, reflet d’un concert donné à la Chapelle Royale du Château de Versailles en 2016 et capté par Radio France, qui s’inscrit dans le cadre d’une nouvelle collection lancée entre l’institution versaillaise et le label discographique.

n’est pas à proprement parler un inconnu mais son œuvre pléthorique (un catalogue de près de deux mille manuscrits, dont pas moins de cinquante messes) reste en grande partie à découvrir (ou pas…). Élève de Michael, puis de Joseph Haydn, il voyagea beaucoup au cours de sa carrière (notamment en Russie et au Brésil) et fut pendant une vingtaine d’années au service de Talleyrand.

Grand défenseur du compositeur autrichien (il a déjà publié en 2006 sa version complétée du Requiem de Mozart, celle du manuscrit de Rio de 1821, un requiem en 2008 et une messe solennelle en 2009, chez K617) , qui a fêté en 2016 le cinquantenaire de La Grande Écurie et la Chambre du Roy, propose donc ce Requiem à la mémoire de Louis XVI. Une reconstitution que l’on doit au copiste et arrangeur Vincent Boyer, d’après des fac-similés conservés à la Bibliothèque nationale de France.

Précédée d’une Marche funèbre et d’un Miserere, l’œuvre est à la fois empreinte de noblesse, de théâtralité propre à la circonstance, mais aussi d’un certain recueillement. L’effectif relativement fourni du plateau artistique, le , le deuxième chœur constitué des quatre solistes, l’orchestre, rend bien l’esprit de la partition qui pèche néanmoins de notre point de vue par son manque criant d’inventivité, sans l’once du génie d’un Haydn, Mozart ou Schubert.

Une parution bien réalisée mais un Requiem plutôt anecdotique qui fait pâle figure à côté de celui en ut mineur de Cherubini (1816), resté célèbre à juste titre.

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