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Jean Rondeau chez les Bach, le clavecin bien entouré

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Paris. Théâtre des Champs-Élysées. 26-III-2017. Carl Philipp Emanuel Bach (1714-1788) : Symphonie en do majeur H. 659 ; attribué à Johann Christoph Bach (1735-1782) : Concerto pour clavecin en fa mineur W. C73 ; Wilhelm Friedemann Bach (1710-1784) : Allegro e forte en ré mineur F. 65 ; Johann Sebastian Bach (1685-1750) : Concerto pour clavecin en ré mineur BWV 1052. Sophie Gent et Louis Creac’h, violon ; Fanny Paccoud, alto ; Antoine Touche, violoncelle ; Evolène Kiener, basson ; Thomas de Pierrefeu, contrebasse ; Jean Rondeau, clavecin et direction.

rondeau_bressyOn savait brillant sur scène en solo ou en quatuor, le voici très à l’aise également en chef de bande, dans un programme consacré à la musique concertante de et de ses fils pour le Café Zimmermann.

Le concert de ce dimanche matin reprend les instrumentistes et (presque) le programme du récent disque Dynastie : Bach concertos paru chez Erato. Du côté des premiers, ce sont d’excellentes recrues, une par voix, telles que la violoniste Sophie Gent, le violoniste compère chez Nevermind Louis Creac’h, l’altiste Fanny Paccoud (membre du Concert Spirituel, d’Orfeo 55, d’Amarillis…), ou encore, très bonne idée, une bassoniste en la personne d’Evolène Kiener. Du côté du second, quelques différences, notamment au début du concert : un choral arrangé pour instruments (non crédité), et une symphonie de Carl Philipp Emanuel au lieu de son concerto en ré mineur pourtant annoncé. À défaut de faire briller le clavecin, cette œuvre met en avant les deux violons et l’alto, tour à tour solistes et tuttistes, comme en une sorte de concerto grosso où la basse, fournie, apporte une bonne profondeur. Le son est beau et vivant, et les plans sonores d’une grande clarté, autant dans l’Allegro assai très rapide que dans l’Adagio recueilli, et que dans l’Allegretto en forme de rondo, très frais, qui ferme la pièce.

La cohésion de l’ensemble est également remarquable dans un Allegro e forte de Wilhelm Friedemann, pièce orchestrale en forme de fugue très plaisante et d’une écriture fort riche, loin de représenter un simple exercice. Et le jeu bien ciselé des musiciens continue de faire merveille dans le concerto en fa mineur attribué à Johann Christian, autrefois attribué à Wilhelm Friedemann. La qualité d’articulation est à signaler, notamment dans un premier mouvement là aussi pris très vite, mais ménageant tant au tutti qu’au clavecin solo de beaux moments de tension et de détente, ou dans un Andante pris avec toute la largeur qui s’impose. On peut regretter chez une propension à commencer un peu trop souvent ses solos dans un tempo exagérément ralenti, mais ce « tic de langage » n’est rien en regard du bonheur qu’il y a à entendre ce virtuose à la grande musicalité, toujours au service de la musique et de ses partenaires, qu’il dirige. Et son attitude, mélange de décontraction et de concentration intense, fait plaisir à voir.

Le célèbre Concerto BWV 1052 clôt le concert, avec le Largo du BWV 1056 donné en bis. Le premier Allegro est très réussi, quoique pris très vite. Hormis l’un ou l’autre passage où le soliste est peu audible, tout est parfait et les solos du clavecin nous amènent sur les cimes de la jubilation musicale. Après un Adagio plus apaisé que puissant ou menaçant, l’Allegro final est enlevé, avec juste ce qu’il faut de souplesse et de tonicité pour donner tout l’élan qui s’impose à cette musique géniale. En définitive, cette version d’une œuvre maintes fois jouée, servie aujourd’hui par une acoustique probablement plus favorable que celle de Saintes, est pleinement enthousiasmante.

Crédit photographique : Jean Rondeau © Édouard Bressy

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Paris. Théâtre des Champs-Élysées. 26-III-2017. Carl Philipp Emanuel Bach (1714-1788) : Symphonie en do majeur H. 659 ; attribué à Johann Christoph Bach (1735-1782) : Concerto pour clavecin en fa mineur W. C73 ; Wilhelm Friedemann Bach (1710-1784) : Allegro e forte en ré mineur F. 65 ; Johann Sebastian Bach (1685-1750) : Concerto pour clavecin en ré mineur BWV 1052. Sophie Gent et Louis Creac’h, violon ; Fanny Paccoud, alto ; Antoine Touche, violoncelle ; Evolène Kiener, basson ; Thomas de Pierrefeu, contrebasse ; Jean Rondeau, clavecin et direction.

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