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Troisième tome de Musiques savantes par Guillaume Kosmicki

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Musiques savantes. De John Zorn à la fin du monde et après… 1990-2015. Guillaume Kosmicki. Edition Le mot et le reste. 336 p. 23€. Juin 2017.

 

kosmicki3Suite et fin d’un projet d’envergure en trois volumes mené avec autorité par Guillaume Kosmicki (Tome 1 et Tome 2),  qui aura couvert quelques 130 années de « Musiques savantes », en allant de Claude Debussy à John Zorn. Fidèle à sa méthode d’approche, l’auteur aborde dans ce tome ultime la frange des vingt-cinq dernières années qui butent sur 2015.

« Des cendres, des illusions, des espoirs » : voilà le titre donné à la première partie de cet ouvrage. En une cinquantaine de pages plutôt denses, l’auteur tente de brosser avec un bel esprit de synthèse, un « état des lieux » à l’échelle mondiale, de la chute de la mur de Berlin à nos jours, tant géopolitique qu’esthétique. Dans cet itinéraire croisé, l’événementiel est mis en résonance avec le monde des idées, « l’esprit du temps » appelant ses « réponses artistiques » dans l’univers des musiques savantes auxquelles, rappelons-le, l’auteur inclut le jazz. Comme dans les précédents volumes, Guillaume Kosmicki sélectionne une œuvre pour 43 compositeurs différents, disponible à l’écoute et ancrée dans la période considérée. La présentation est strictement chronologique, de John Zorn (Naked City, 1990) à Enno Poppe (Filz, 2014), chaque personnalité donnant lieu à une biographie, un aperçu esthétique de son travail et une lecture attentive de la partition, accessible au plus grand nombre. Un glossaire pour le vocabulaire spécialisé est proposé en fin de volume pour compléter la lecture. Intéressante également, au terme de chaque présentation, une rubrique « A écouter aussi » propose d’élargir l’univers du compositeur par d’autres écoutes liant l’héritage au répertoire d’aujourd’hui : les Dichterliebe de Robert Schumann avec La morte meditata de Bruno Mantovani, Avoaha de Maurice Ohana avec Zajal de Zad Moultaka ou encore TV Cello de Nam June Paik et Charlotte Moorman avec Three Tales de Steve Reich et Beryl Korot. Le panorama est riche, éclectique et forcément subjectif, mais toujours percutant.

La nouveauté de ce troisième volume réside dans une postface passionnante présentée sous forme d’entretiens avec sept personnalités du monde de la musique, interprètes, penseurs, compositeurs et directeurs d’institution. L’expression – en l’occurrence pleinement assumée par l’auteur – de « musiques savantes » est mise en question. Politique, nouvelles technologies, mondialisation, pessimisme et optimisme… autant de « tendances » du XXIe siècle y sont également débattues au fil d’un propos argumenté et pimenté par le verbe haut de Joëlle Léandre. « On résiste » dit-elle in fine, s’accordant avec le plaidoyer éclairé de l’auteur qui, dans une conclusion régénérante, invite à « balayer le consensuel au profit d’un esprit d’aventure et de découverte » !

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Musiques savantes. De John Zorn à la fin du monde et après… 1990-2015. Guillaume Kosmicki. Edition Le mot et le reste. 336 p. 23€. Juin 2017.

 
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