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Gardiner conclut son intégrale Mendelssohn

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Felix Mendelssohn Bartholdy (1809-1847) : Symphonie n° 2 en si bémol majeur op. 52, « Lobgesang ». Lucy Crowe, soprano ; Jurgita Adamonytė, mezzo-soprano ; Michael Spyres, ténor ; Monteverdi Choir ; London Symphony Orchestra. Direction : Sir John Eliot Gardiner. 1 SACD Hybride + 1 Pure audio Blue-ray. Enregistré en octobre 2016 au Barbican Centre à Londres. Notice trilingue anglais-français-allemand. Durée totale : 64:03

 

lobgesangAvec cette symphonie-cantate étonnante et monumentale, Sir achève son cycle remarquable des œuvres symphoniques de Mendelssohn en quatre volumes, plus un éblouissant Songe d’une nuit d’été.

Pour ce cycle Mendelssohn, le chef britannique a délaissé son Orchestre Révolutionnaire et Romantique et ses instruments anciens pour le rutilant Orchestre Symphonique de Londres, qu’il connaît parfaitement et fait sonner avec clarté, finesse et subtilité.

Œuvre étrange que cette symphonie hybride formée de trois mouvements symphoniques suivie d’un finale choral de grande ampleur, qui domine par ses dimensions les trois premiers mouvements réunis. Cette partie cantate est elle-même divisée en neuf sections composées d’airs, duos, récitatifs et chœurs. Il y eut certes le précédent de la Neuvième symphonie de Beethoven, et surtout une version radicale de cette forme avec Roméo et Juliette de Berlioz en 1839. Après quelques hésitations, Mendelssohn opta pour l’appellation symphonie-cantate. Le Lobgesang a été composé en 1840 pour la célébration du quatre-centième anniversaire de l’invention de l’imprimerie à Leipzig, où Mendelssohn venait de passer les cinq années précédentes à la tête de l’orchestre du Gewandhaus, qu’il hissa à un niveau inégalé. La critique n’a pas toujours été favorable à cette œuvre complexe, mais celle-ci obtint toutefois un vif succès tout au long du XIXe siècle, en Allemagne et surtout en Angleterre où, avec les deux oratorios Elias et Paulus, elle fut considérée comme les jeunes frères des très populaires Messie et Judas Maccabée de Hændel.

Selon des tempos assez vifs, la direction précise et dynamique de Sir John Eliot emmène de façon vigoureuse les trois premiers mouvements de la partie orchestrale où les musiciens anglais font preuve de clarté avec des couleurs originales, en soulignant les contrastes. On apprécie la fine articulation des jeux de réponse entre les cordes et les vents dans le Maestoso con moto initial, ainsi que la profondeur de l’Adagio religioso. Car il s’agit bien de musique sacrée, et la cantate, composée sur des extraits de psaumes, qui constitue le cœur de l’œuvre, le démontre avec éclat.

Très sollicité dans cette œuvre, le légendaire fait merveille par sa puissance, sa souplesse et sa ductilité. Il souligne la théâtralité des passages héroïques tout comme il rend la délicatesse des mouvements intimistes. Les solistes ne sont pas en reste, avec le timbre clair et la diction parfaite du ténor , le caractère de la soprano et la luminosité de la mezzo Jugita Adamonytė.

Débarrassant l’œuvre de toute lourdeur, Gardiner lui rend toute sa poésie en maintenant une belle homogénéité entre orchestre, chœur et solistes, par une direction faite de conviction et d’élégance aristocratique. Nous tenons là une noble version de cette œuvre curieuse.

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