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Intuition, le récital brillant mais hétérogène de Gautier Capuçon

À emporter, CD, Musique de chambre et récital

Œuvres de Massenet, Ducros, Saint-Saens, Sollima, Dvorak, Elgar, Popper, Casals, Paganini, Tchaikovski, Rachmaninov, Joplin, Fauré et Piazzolla. Gautier Capuçon, violoncelle. Jérôme Ducros, piano. Orchestre de Chambre de Paris, direction : Douglas Boyd. 1 CD Warner Erato. Enregistré à la Philharmonie de Paris en octobre 2016. Notice trilingue (français, anglais, allemand). Durée : 81:44 + un DVD-Bonus de 21:00

 

 

Cover_IntuitionPassage obligé de tout virtuose qui se respecte, le récital de pièces de genre est un exercice délicat, ce qu’illustre ce nouvel album de censé refléter l’« intuition » qui le guide… mais souffre d’un programme inégalement convaincant.

Si l’on en croit la campagne publicitaire qui accompagne ce disque, nous livre un peu de son jardin secret avec ce récital. Sans mettre en doute sa sincérité, on reste plus réservé quant au résultat, et à la composition du programme. Si l’on salue les pages de Dvořák (le charmant silence des bois et une transcription d’une mélodie citée dans le concerto pour violoncelle), ainsi que la virtuose Danse des elfes de Popper, on n’est guère convaincu par l’emprunt aux violonistes de la Méditation de Thaïs, qui perd de son éclat au violoncelle, voire du sentimental Salut d’amour d’Elgar, qui passe cependant mieux à la voix grave. Le reste est bien hétérogène ; pourquoi une transcription sirupeuse du célèbre Cygne de Saint-Saëns, qu’on eût aimé retrouver tel qu’il est écrit ? Et si le « encore » virtuose et savoureux de , accompagné par son auteur, fait sourire par son brio, le Violoncelles, vibrez ! (1993) de Giovanni Sollima traîne en longueur… De même les Variations de Paganini ou l’andante du premier Quatuor de Tchaïkovski, un morceau favori de Rostropovitch, sont des transcriptions qui rappellent juste le charme des originaux, tandis que le fameux Chant des oiseaux arrangé par Casals ou Après un rêve de Fauré dans la transcription de Henri Busser mettent en valeur de façon flatteuse la sonorité épanouie de Gautier Capuçon.

L’ dirigé par entoure avec attention son soliste, mais, malgré un minutage particulièrement généreux, l’ensemble laisse une impression curieuse d’un assemblage de morceaux très divers et hétérogènes sans véritable ligne directrice. En bonus, un DVD nous vaut Gautier Capuçon jouant à 3 000 mètres d’altitude, les pieds dans la neige, sur une plage, les pieds dans le sable… Amusant certes, mais honnêtement, pas vraiment indispensable ! Un bel album pour qui veut découvrir Gautier Capuçon, mais qui n’égale pas ses réussites discographiques que sont les concertos de Haydn ou les sonates de Beethoven.

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