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Année Beethoven pour le pianiste Pavel Kolesnikov

6Pavel_Kolesnikov_Copyright_EVA_VERMANDELDepuis qu’il a été lauréat du Prix Honens en 2012, le pianiste se produit dans le monde entier. Il entreprend ce mois-ci une tournée au Royaume-Uni et en Europe avec le et les Flanders Symphony Orchestra.

« Dans mon travail, cependant, j’aime assez pouvoir m’affranchir de toutes mes certitudes. »

ResMusica : Vous entamez une tournée au Royaume-Uni. Votre répertoire se tourne essentiellement vers les concertos n° 4 et 5 de Beethoven. Pouvez-vous nous en dire davantage sur ce qui vous touche dans l’œuvre de ce compositeur ?

Pour moi, cette saison est l’année de Beethoven. Je vais jouer tous les concertos excepté le n° 2. J’ai aussi enregistré un CD pour le label Hyperion, qui est une exploration du caractère tempétueux et des colères de Beethoven dans ses premières compositions. Je pense que Beethoven est progressivement devenu une sorte de « vache sacrée » pour les musiciens. Chaque petit détail dans ses partitions dénote une autorité écrasante. Dans mon travail, cependant, j’aime assez pouvoir m’affranchir de toutes mes certitudes et je tente de voir et d’entendre les choses sous un angle nouveau, plus actuel, un peu comme si j’utilisais le système Stanislavski.

Les partitions de Beethoven offrent le plus grand défi pour un tel travail, pas seulement à cause de l’immense et puissante personnalité qui est derrière, mais pour de nombreuses autres raisons. J’éprouve cependant la plus grande des joies à ne finalement pas être guidé (pour résumer : « c’est ce que Beethoven voulait dire »), afin de découvrir ce que Beethoven veut me dire, à moi personnellement, mais aussi à mon public. C’est la manière de procéder la plus difficile, mais à mon sens, la plus complète et la plus passionnante.

RM : Vous avez sorti récemment un CD sur les Mazurkas de Chopin. Votre orientation est résolument tournée vers des compositeurs de la période romantique. Avez-vous pensé à rendre hommage à d’autres compositeurs emblématiques de cette période ?

PK : J’aime entrer en immersion dans le monde d’un compositeur, mais d’un autre côté je n’aime pas être isolé du reste. Cela ne me convient pas et je trouve plus gratifiant de travailler en liant une chose à une autre. De mon point de vue, c’est comme cela que l’on obtient une véritable vision pour une grande représentation. Donc, je peux ainsi travailler sur une œuvre et voir peu à peu où le fil me porte. En ce moment, chaque racine que je prends me porte littéralement vers Brahms. Je suis surpris car Brahms n’est pas vraiment un compositeur avec lequel je suis à l’aise mais c’est pourtant ce qui se passe. Je jouerai ses œuvres l’année prochaine. Parallèlement, je travaille sur un autre enregistrement de Chopin. Donc oui, en termes musicologiques, je joue actuellement beaucoup d’œuvres romantiques, mais je n’aime pas penser de cette manière. A mon sens, c’est une terrible simplification.

RM : Vous allez vous produire au Royaume-Uni. Quel lien entretenez-vous avec ce public ?

PK : Je me suis beaucoup produit au Royaume-Uni depuis que je suis venu étudier là-bas en 2011. J’ai également été l’un des New Generation Artists 2014-2016 de la BBC, ce qui m’a donné de merveilleuses chances de jouer devant le public britannique. Je suis déjà familier avec certaines des villes où je vais me produire. En 2016, j’ai fait une tournée avec l’Orchestre symphonique Tchaïkovski de la Radio de Moscou, sous la direction de Vladimir Fedoseiev.

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RM : Vous avez été lauréat du Prix Honens en 2012, ce qui a propulsé votre carrière. Pouvez-vous nous parler de ce concours ?

PK : Ma carrière a commencé lorsque j’ai gagné le Prix Honens au Canada. Je pense qu’à ce moment-là, en 2012, Honens était résolument le concours le plus avant-gardiste du monde. Depuis, le modèle de Honens qui ne ressemblait à aucun autre, a inspiré un changement remarquable dans la manière dont les concours sont menés dans le monde. Stephen McHolm, qui était le directeur du concours à ce moment-là, est un visionnaire bouillonnant. Il a créé à Calgary quelque chose de très spécial et puissant. Ce concours est vraiment un modèle. Il met le musicien, le participant au centre de la structure. Et c’est de cette seule façon qu’un concours de musique peut passer du simple divertissement à des objectifs plus nobles et sérieux.

RM : Durant votre enfance, vous avez appris le violon pendant une dizaine d’années. Qu’est-ce que cette expérience vous a apporté par rapport à votre carrière actuelle ?

PK : J’ai en effet joué du violon pendant 10 ans. C’est difficile pour moi de dire si cela m’a aidé ou non, mais je pense probablement que oui. J’adore jouer avec des cordes, et j’ai d’ailleurs récemment formé un trio avec mes amis de longue date, la violoniste Elina Buksha et le violoncelliste français Aurélien Pascal. Cependant, j’ai toujours pris davantage de plaisir à travers le piano que le violon. Cela m’a donné l’opportunité de créer mon propre univers.

Crédits photographiques : © Eva Vermandel

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