Banniere-clefsResMu728-90

Ophélie Gaillard toute en musicalité dans Richard Strauss

À emporter, CD, Musique de chambre et récital, Musique symphonique

Richard Strauss (1864-1949) : Sonate pour violoncelle et piano en fa majeur, op. 6 ; Romance pour violoncelle et orchestre en fa majeur, op. 13 ; Don Quichotte, op. 35 ; Morgen, tiré des Vier Letzte Lieder, op. 27. Ophélie Gaillard, violoncelle ; Alexandra Conunova, violon ; Dov Scheindlin, alto ; Vassilis Varvaresos, piano ; Béatrice Uria-Monzon, mezzo-soprano. Orchestre Symphonique National Tchèque, direction musicale : Julien Masmondet. 1 CD Aparté. Enregistré au studio de l’OSNT à Prague, entre le 12 et le 15 janvier 2017, et à Paris, le 22, 23 et 31 janvier 2018. Notice en français, anglais et allemand. Durée : 79:24

 

Ophélie Gaillard.01N’a-t-on pas déjà tout dit sur le métier irréprochable de la violoncelliste française ? Et pourtant, avec cet enregistrement consacré à , fait une fois de plus la magnifique démonstration de sa musicalité.

Là où, dans la Sonate pour violoncelle et piano en fa majeur op. 6 de , ses collègues violoncellistes martèlent les cordes réussissant à « économiser » près de deux minutes sur cette œuvre ou d’autres s’épanchent pendant presque dix minutes de plus, la violoncelliste française adopte des tempos qui s’attachent à favoriser la ligne mélodique, le chant de la partition. Cela ne l’empêche nullement d’attaquer cette sonate avec force, une force qui densifie la note, qui joue la note. À l’instar d’un Arturo Toscanini (un ex-violoncelliste lui aussi !) qui, dans nombre de ses tonitruantes répétitions, hurlait : « Tutte le note ! Tutte le note ! » Jouer toutes les notes parce que, si elles existent sur une partition, c’est qu’elle doivent être jouées. Et non pas simplement suggérées !

Dans la Romance pour violoncelle et orchestre en fa majeur, op. 13, la violoncelliste française s’offre un beau moment de lyrisme alla Beethoven dans cette œuvre de jeunesse de Richard Strauss. Dans Don Quichotte, op. 35, pièce maîtresse de ce disque, le compositeur affirme son écriture musicale. On entend déjà des accents de Rosenkavalier, d’Elektra, de Salomé. Dans ce jaillissement harmonique, la direction d’orchestre de fait merveille. Il ne ménage pas les effets scintillants d’une musique qui déjà, contient tout le génie orchestral du compositeur allemand. Dans cette déferlante musicale, il sait néanmoins calmer les ardeurs de son orchestre pour laisser place au violoncelle d’. En apothéose, le Finale à lui seul vaut l’achat de ce disque.

Pour compléter l’œuvre pour violoncelle de Richard Strauss, la version originale de Morgen, tirée des Vier Letzte Lieder, n’apporte qu’une vision d’intérêt musicologique, avec une à la voix quelque peu fatiguée.

Mots-clefs de cet article
Reproduire cet article : Vous avez aimé cet article ? N’hésitez pas à le faire savoir sur votre site, votre blog, etc. ! Le site de ResMusica est protégé par la propriété intellectuelle, mais vous pouvez reproduire de courtes citations de cet article, à condition de faire un lien vers cette page. Pour toute demande de reproduction du texte, écrivez-nous en citant la source que vous voulez reproduire ainsi que le site sur lequel il sera éventuellement autorisé à être reproduit.