Banniere-clefsResMu728-90

Marie-Ange Nguci en ouverture du festival Chopin à Bagatelle

Festivals, La Scène, Musique de chambre et récital

Paris. Orangerie de Bagatelle. 23-VI-2018. Frédéric Chopin (1810-1849) : Introduction en do mineur et Rondo en mi bémol majeur op. 16 ; Scherzos n° 2 en si bémol mineur op. 31 et n° 3 en do dièse mineur op. 39 ; Claude Debussy (1862-1918) : Images (extrait) et Images oubliées (extrait) ; György Ligeti (1923-2006) : Études pour piano (extraits) ; César Franck (1822-1890) : Prélude, choral et fugue FWV 21. Marie-Ange Nguci, piano 

Inauguration M-A_NGUCI

Pour sa 35e édition, le festival organisé par la société Chopin de Paris s’est ouvert dans l’orangerie de Bagatelle par un récital de la jeune pianiste , révélation de l’année 2017, dans un programme exigeant, ambitieux mais passionnant et superbement défendu.

L’orangerie de Bagatelle est un lieu magique au sein d’un des plus beaux parcs de la région parisienne, havre de paix au milieu de l’agitation du bois de Boulogne, troublé seulement par les cris de paons, hôtes habituels de la roseraie. Cette année, l’ouverture du festival est confiée à une jeune révélation du piano, la musicienne franco-albanaise . Elle a préparé un programme à la fois original et très pensé, intercalant entre des partitions de Chopin (la rare Introduction et Rondo opus 16, les Scherzos n° 2 et n° 3) deux Images de Debussy, à l’honneur cette année, centenaire de sa mort oblige, et deux études de Ligeti pour s’achever avec le sublime triptyque Prélude, choral et fugue de Franck.

Incontestablement la pianiste possède une technique qui lui permet de dominer ce programme complexe et intelligent, enchaîné sans entracte, et une sonorité d’une grande beauté, sublimée par un Steinway magnifiquement réglé. Musicalement, c’est curieusement dans les deux scherzos de Chopin, joués non sans dureté et avec quelques rares accrocs qu’elle convainc le moins, la virtuosité plus légère d’Introduction et rondo lui convenant en fait mieux. Mais c’est surtout dans l’atmosphère des deux images de Debussy (Reflets dans l’eau et Quelques aspects de « nous n’irons plus au bois » parce qu’il fait un temps insupportable !) et la démoniaque virtuosité de deux études impressionnantes de Ligeti (Automne à Varsovie et l’affolant Escalier du diable) qu’elle s’impose, autant que dans la maîtrise de l’architecture de Franck, somptueuse d’un bout à l’autre.

Deux bis, la cadence du Concerto pour la main gauche de Ravel et surtout, cheval de bataille de la jeune interprète, l’ébouriffante Toccata opus 111 sur le finale du Cinquième Concerto de Saint-Saëns achèvent de soulever l’enthousiasme mérité du public. Une fois encore on salue le choix avisé des organisateurs de cette manifestation.

Crédit photographique : © Festival Chopin à Bagatelle

Mots-clefs de cet article
Reproduire cet article : Vous avez aimé cet article ? N’hésitez pas à le faire savoir sur votre site, votre blog, etc. ! Le site de ResMusica est protégé par la propriété intellectuelle, mais vous pouvez reproduire de courtes citations de cet article, à condition de faire un lien vers cette page. Pour toute demande de reproduction du texte, écrivez-nous en citant la source que vous voulez reproduire ainsi que le site sur lequel il sera éventuellement autorisé à être reproduit.