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Jonathan Gilad au Printemps Musical de Saint-Tropez

Festivals, La Scène, Musique de chambre et récital

Saint-Tropez. Cinéma-théâtre La Renaissance. 28-VI-2018. Ludwig van Beethoven (1770-1827) : Sonate n° 8 en do mineur op. 13 “Pathétique”. Sergueï Prokofiev (1891-1953) : Sonate n° 2 en ré mineur op. 14. Frédéric Chopin (1810-1849) : Ballades n° 1-4. Jonathan Gilad, piano

IMG_8169 KAPALA MYLENE a fait escale à Saint-Tropez dans le cadre du 10e Printemps Musical organisé par la STAM (Société Tropézienne des Amis de la Musique) et son président Alexandre Durand-Viel. Un récital au cours duquel il a interprété des œuvres de Beethoven, Prokofiev et Chopin.

La Sonate « Pathétique » de Beethoven est l’une des œuvres qui ont ouvert la voie au piano romantique. Le pianiste en propose une lecture vibrante. L’esprit beethovénien est là, dans toute sa force mélodique, et avec une gravité dénuée de lourdeur. La sonorité du toucher est d’une beauté immédiate. Lumineux dans son exécution, Gilad saisit par une vélocité irrésistible (premier mouvement), mais aussi par la simplicité et la douceur (l’Adagio cantabile), ainsi que la mise en lumière de différentes voix dans le finale.

Changement de climat avec la Sonate n° 2 de Prokofiev, une œuvre de jeunesse dans laquelle on retrouve tous les éléments propres à sa musique : un humour sarcastique, des plages de construction et de déconstruction, et même ce lyrisme qui n’a rien à envier à Brahms ou Chopin. Le pianiste se fond sans retenue dans ce paysage sonore si caractéristique. Sa technique digitale est, ce soir, sans faille, aussi bien dans la précision des attaques que du point de vue de la clarté, grâce à quoi la modernité du langage de Prokofiev s’exprime avec fraîcheur. Si l’expression est d’une douceur rare dans Allegro non troppo, les contrastes sont forts et énergiques dans le mouvement final.

Pour Chopin, l’interprétation des quatre Ballades est droite et riche en couleurs. En ce qui concerne la première ballade, le phrasé s’épanouit pour mieux libérer l’émotion, l’élégance se mêle parfois à l’impétuosité (main gauche dans le Presto) qui plane également sur l’exécution des parties orageuses de la deuxième Ballade. C’est ainsi que celle-ci est une combinaison de finesse et puissance dramatique. Pour la troisième ballade, on a affaire à la mise en relief des alternances entre mystère et envolées idylliques. Dans la dernière, le jeu est fluide, nuancé et très mélancolique.

offre en bis le Moment musical n° 4 de Serge Rachmaninov. Son interprétation résonne de façon sensible, avec son tempo retenu, loin de toute démonstration virtuose. Un superbe récital.

Crédit photographique : © Mylène Kapala

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