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Rencontre au sommet de Brendel, Rattle et les Viennois dans Schumann

À emporter, CD, Musique symphonique

Robert Schumann (1810-1856) : concerto pour piano et orchestre . Johannes Brahms (1833-1897) : Variations sur un thème de Haendel. Alfred Brendel (piano), orchestre philharmonique de Vienne, sir Simon Rattle (chef d’orchestre). Enregistrements réalisés à Vienne le 4 juin 1979 (Brahms) et le 11 mars 2001 (Schumann). Texte de présentation en allemand, anglais et français. Decca Classics 483 3288. Durée : 58:26

 

Brendel

a dit adieu à la scène en 2008. Depuis, la firme Decca a eu la bonne idée de publier avec l’accord du maître des bandes de ses concerts. Aujourd’hui, le concerto de Schumann.

Commençons par Brahms, dont les variations sur un thème de Haendel ne figuraient pas dans la discographie officielle du pianiste autrichien, qui de ce compositeur avait surtout défendu les concertos pour piano. Son texte de présentation rappelle d’ailleurs ses réticences devant ce cycle de variations qu’il juge très en deça des Diabelli beethovéniennes. Cependant, c’est un réel bonheur d’entendre la patte de Brendel, son goût pour un jeu toujours à la fois clair et au fond du clavier, son sens de la sonorité brahmsienne dans ce cycle imposant. Voilà qui comble un vide regrettable dans sa discographie et tant pis si le public viennois, dont on pouvait croire qu’il connaissait son Brahms sur le bout des doigts laisse échapper des applaudissements incongrus après la quizième variation… Mais si ces variations valent par leur rareté, c’est surtout le concerto de Schumann qui fait le prix de ce disque.

A l’inverse de l’œuvre de Brahms, c’est une page que Brendel a beaucoup jouée et enregistrée plusieurs fois ; mais la complicité entre le pianiste, l’ en état de grâce et la direction attentive, inventive et fouillée de Sir Simon nous vaut un véritable miracle, comparable à celui de leur cycle beethovénien à ce jour encore inégalé. Dès l’entame du premier mouvement et le sublime solo de hautbois, on sent à quelles hauteurs va se situer l’interprétation ; et force est de constater que l’auditeur n’est jamais déçu par la suite. Lyrisme éperdu, splendeur des timbres, relance permanente du discours, tout est là pour nous emporter dans un flot de passion musicale qui rend merveilleusement compte de la créativité débordante de Schumann. De ce chef-d’œuvre tellement enregistré, comme elles sont rares les versions de ce calibre ! Brendel a bien raison dans son texte de rendre hommage à ses partenaires, car leur présence confère à son jeu une liberté et comme une ivresse qui ne sont pas perceptibles à ce même degré dans les autres versions qu’il nous a laissées. Pour Schumann surtout, une pure merveille à thésauriser.

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