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Les Enfers, prétexte à un requiem imaginaire par Stéphane Degout

À emporter, CD, Musique d'ensemble

Jean-Philippe Rameau (1683-1764) : extraits de Zoroastre, Dardanus, Castor et Pollux, Hippolyte et Aricie, Les Surprises de l’amour, Les Boréades. Christoph Willibald Gluck (1714-1787) : extraits d’Iphigénie en Tauride, Armide, Orphée et Eurydice. Stéphane Degout, Thomas Dolié, basse-taille. Stanislas de Barbeyrac, Mathias Vidal, taille. Nicolas Courjal, basse. Ensemble Pygmalion, direction : Raphaël Pichon. 1 CD Harmonia Mundi. Enregistré en décembre 2016 à l’église Notre-Dame du Liban à Paris. Durée : 78 :29

 

EnfersPremier enregistrement de chez Harmonia Mundi autour de Gluck et Rameau, et heureusement, pas un énième récital enchaînant les airs comme un collier de perles sans guère de cohérence.

Cet album original est à la fois prétexte à un hommage au basse-taille (baryton) Henri Larrivée (1737-1802), grand interprète des opéras de Gluck et dans une moindre mesure de Rameau (mais ne retenant uniquement que deux rôles dont Larrivée fut le créateur, un air d’Armide et un air d’Iphigénie en Tauride) et la reconstitution d’une messe à partir d’extraits de tragédies lyriques de Rameau et Gluck renvoyant à l’univers des Enfers ainsi que d’éléments d’une Messe de Requiem anonyme sur des thèmes de Castor et Pollux, parodie découverte récemment par le musicologue Thomas Leconte à la Bibliothèque nationale de France.

Un disque concept donc, comme le fut en son temps Une symphonie imaginaire de Rameau par les Musiciens du Louvre et Marc Minkowski, naviguant ici entre sacré sur la forme et profane sur le fond, et concocté par l’inventif et dynamique à la tête des ses musiciens de Pygmalion. Surprenant, et déconcertant même à la première écoute, on se laisse néanmoins convaincre par la cohérence du projet, surtout lorsqu’il est bien interprété. Cela est dû surtout à l’énergie qu’insuffle au chœur et à l’orchestre, à une réalisation saisissante, pleine de contrastes, pour dépeindre cet univers sombre et souvent violent qui se conclut magnifiquement, de manière apaisée, dans la dernière partie du programme Communion et In Paradisum : Ballet des Ombres heureuses (Orphée et Eurydice, Gluck), « Requiem aeternam » (sur l’air « Tristes Apprêts », Castor et Pollux, Rameau) et Entrée de Polymnie (Les Boréades, Rameau).

, timbre magnifique, noirceur dans l’incarnation des rôles, ne démérite pas loin s’en faut, mais, et c’est d’ailleurs le cas pour les voix en général, les paroles ne sont pas toujours très intelligibles. Cette réserve mise à part, un parcours musical original et habilement construit qui mérite qu’on s’y attarde au-delà des postures et préjugés sur le bien fondé de l’entreprise.

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