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Jommelli à Stuttgart : Naxos publie Il Vologeso

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Niccolò Jommelli (1714-1774) : Il Vologeso, dramma per musica en trois actes sur un livret d’après Apostolo Zeno. Mise en scène : Jossi Wieler, Sergio Morabito. Décors et costumes : Anna Viebrock. Avec : Sebastian Kohlhepp, Lucio Vero ; Sophie Marilley, Vologeso ; Ana Durlovski, Berenice ; Helene Schneidermann, Lucilla ; Catriona Smith, Flavio ; Igor Durlovski, Aniceto ; Staatsorchester Stuttgart ; direction : Gabriele Ferro. 2 DVD Naxos. Enregistré à Stuttgart en mai 2015. Notice en anglais et allemand. Sous-titres en anglais, français, allemand, japonais et coréen. Durée : 183:00

 

naxos Il VologesoPendant quinze ans, de 1753 à 1768, Niccolò Jomelli officia à Stuttgart comme Oberkapellmeister du duc de Wurtemberg. Pour commémorer le 300e anniversaire du compositeur aujourd’hui peu connu, l’Opéra de Stuttgart proposa en 2015 son opéra Il Vologeso. La production, très remarquée à l’époque, est maintenant disponible en DVD.

Un homme entre deux femmes, une femme entre deux hommes – voilà, en bref, l’intrigue du Vologeso de Jommelli. L’homme en question est Lucio Vero, général romain. Épris de la princesse parthe Berenice, il est prêt à renoncer à la main de Lucilla, pourtant princesse impériale. Berenice, elle, croyant son fiancé Vologeso mort, n’est pas insensible aux avances du conquérant. Jusqu’ à ce que Vologeso réapparaisse bien vivant.

La production de Stuttgart, signée , et , situe l’action dans un no man’s land temporel. Baskets et culottes, t-shirts et rubans : le mélange des styles est hardi. Ce n’est pas beau ni pertinent, mais la direction d’acteurs est tellement intense que l’on finit par s’y habituer.

L’opéra est donné dans son intégralité ce qui, malgré la direction énergique de , n’évite pas certaines longueurs. Heureuse idée, en revanche, de partager les cordes en trois groupes ce qui fait ressortir à merveille les richesses de l’orchestration de la partition.

La distribution est dominée par le Vologeso de . Dotée d’une voix à la fois charnue et souple, à l’aise sur deux octaves, la mezzo française fait preuve d’un engagement dramatique hors-normes. A ses côtés, campe une Berenice tout aussi intense. Si ses vocalises sont faciles, c’est son dernier air, exempt de toute virtuosité, qui bouleverse le plus. Lucio Vero est chanté par Sebastian Kohlepp, rising star parmi les ténors allemands, à l’époque troupier à Stuttgart. Sa voix ductile et riche en couleurs accuse cependant des limites dans le registre aigu.

Le reste de la distribution ne mérite pas tant d’éloges. En troupe à Stuttgart depuis plus de trente ans, Helene Schneiderman, mezzo pourtant méritoire, manque de crédibilité en Lucilla, la jeune fiancée du général. Pire encore, son timbre ne se distingue guère du soprano raide de Catriona Smith dans le rôle travesti de Flavio. Assez bizarre enfin la prestation de Igor Durlovski en Aniceto. Ancienne basse reconvertie en contre-ténor, son fausset manque de consistance, de sorte qu’il retombe par moments en voix de poitrine.

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