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Premier album solo du luthiste Jadran Duncumb

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Johann Adolf Hasse (1699-1783) : Sonata IVta “fatta per la Real Delfina di Francia” accomodata per il liuto, in A Major ; Sonata in E flat Major. Silvius Leopold Weiss (1687-1750) : Sontata in D Minor, Weiss SW 35 ; Prelude in C Minor, Weiss SW 27/1 ; Passacaglia in D Major Weiss SW 18/6. Jadran Duncumb, luth. 1 CD Audax Records. Enregistré en janvier 2017 au Gustav-Mahler-Saal, Toblach. Notice en anglais, français, allemand et japonais. Durée : 57:19

 

Lute-SonatasPremier prix de luth en 2015 au Concours international de musique ancienne « Maurizio Pratola », révèle dans ce premier opus discographique en solo un jeu assuré et une interprétation inspirée, avec deux enregistrements en première mondiale de .

Son prix 2008 au concours BBC Young Musician of the Year dans la catégorie « cordes », fait passer le jeune guitariste classique  définitivement dans le monde professionnel. Malgré  ce succès et un bachelor en guitare obtenu au Royal College of Music de Londres, l’instrumentiste se consacre désormais entièrement au répertoire soliste pour luth et guitare baroque ainsi qu’à la musique de chambre comme nous l’avions constaté au Louvre l’année dernière avec son duo Repicco.

Au-delà de la découverte d’un jeune interprète soliste de musique baroque, ce disque propose un premier enregistrement mondial de la Sonate en la majeur « fatta per la Real Delfina di Francia » avec luth, et de la Sonate en mi b majeur de (1699-1783), toutes deux composées à l’origine pour le clavecin. Le choix de la transcription est expliqué dans la notice rédigée par le musicien lui-même : il s’agit de tablatures pour luth dues à un transcripteur anonyme tout droit sorties de deux manuscrits du milieu du XVIIIe siècle incluant les partitions originales pour référence.

Parce qu’entre jeunesse et audace il n’y a qu’un pas, aussi parce que Jadran Duncumb s’est approprié pleinement l’ensemble des caractéristiques de son instrument et de ces partitions, le luthiste n’a pas hésité à réintroduire certaines parties de la version pour clavier de l’Allegro de la Sonate en la majeur, convaincu de la simplicité non justifiée de la transcription utilisée. Ce deuxième mouvement est ici une merveille de précision, de virtuosité empreinte de nuances et de variations de notes, le luthiste attestant lui-même de son attention minutieuse dans la manière d’articuler ou de pincer chaque corde. Ce constat se réitère particulièrement dans le Presto de la Sonate en mi b majeur même si les intentions et l’écriture musicale semblent plus convenues.

Grâce à la Sonate en ré mineur de (1687-1750), monument du répertoire baroque, le musicien déploie un art de l’ornementation bien intégré à la ligne de chant par le biais d’une technique solide qui lui assure une variété d’expression dans la succession des rythmes dansés de l’Allemande, la Courante, la Paysanne, la Sarabande ou encore le Menuet de cette partition. Plus posé, l’enchaînement avec le Prélude en do mineur du même compositeur est bienheureux pour marquer la singularité de cette musique so frenchy. Les respirations audibles de l’interprète affectent quelque peu l’écoute alors que la prise de son respecte l’équilibre polyphonique du jeu d’ensemble, mais on conçoit que la joyeuse Passacaille en ré majeur qui clôture cette heure de musique en cordes pincées est un véritable marathon.

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